
Le titre «Mémoire» s’inspire du portail culturel du Ministère français des Armées «Mémoire des hommes», portail que je connais et utilise depuis 22 ans, après y avoir découvert mon arrière-grand-père et 3 de ses cousins, «Morts pour la France» et avoir participé à des indexations collaboratives pendant le Centenaire de la I Guerre mondiale. Ce mémorial virtuel honore les combattants, hommes et femmes, militaires et civils.
Pourquoi le cas d’Emílio Pereira? Parce qu’il devrait figurer sur «Mémoire des hommes» – au moins dans la base «Victimes de la répression allemande», victimes civiles morts en déportation en Allemagne – et qu’il n’y figure pas. Une façon de lui rendre hommage, puisque le décès est maintenant connu et officialisé.
Est-il possible d’écrire qu’il y a plus de 1.500 parcours recensés, concernant les Portugais en France en 1939-1945?
Les Portugais sont recensés dans plusieurs fonds français connus et faisant référence, le site «Mémoire des hommes», le «Maitron» du CNRS – Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés, entre autres nombreux dictionnaires – la base des Forces françaises libres.
«Plus de 1.500» est le résultat de l’addition des chiffres de ces 3 bases documentaires, auquel est ajouté les 2 de la Nueve.
Le portail «Mémoire des hommes»
Le recensement des natifs du Portugal se fait dans diverses bases:
– La base «Titres, homologations et services pour faits de résistance» recense 349 Portugais.
Cette base de données recense des dossiers individuels établis par différentes administrations chargées d’identifier, d’homologuer ou de reconnaître les services rendus pour faits de résistance.
– La base des «Médaillés de la Résistance française» recense 9 Portugais.
La médaille de la Résistance française est instituée par ordonnance du 9 février 1943 du Général de Gaulle pour «reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui auront contribué à la résistance du peuple français».
Beaucoup de Portugais Résistants étaient naturalisés Français.
– La base des Déportés-Résistants recense 17 Portugais.
Le Service historique de la Défense (SHD) conserve, à Caen, à la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), un fond de dossiers individuels concernant les victimes de la répression nazie, notamment ceux concernant les déportés de la résistance.
– La base «Engagés volontaires étrangers en 1939-1940» recense 905 Portugais.
C’est la base de données des volontaires étrangers engagés à servir la France entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940. Elle a été constituée à partir de la numérisation et de l’indexation des listes des engagés volontaires étrangers établies par chaque région militaire au lendemain de la guerre.
L’indexation présente de nombreux doublons, des difficultés de retranscription des noms de famille portugais et lieux de naissance.
Un récent travail de recherches a montré que ces engagés volontaires portugais étaient au moins 745 et non 905, le texte a été publié le 17 septembre 2025 (lire ICI).
– La base «Militaires décédés au cours de la II Guerre mondiale» recense 88 Portugais.
Ces militaires décédés au cours de la Seconde Guerre mondiale sont des conscrits et militaires d’active, des soldats réguliers et des résistants.
– La base «Victimes de la répression allemande» recense 46 Portugais.
Cette base reprend les morts en déportation, fusillés, travailleurs décédés en Allemagne.
– La base des «Victimes civiles» recense 68 Portugais
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Le total des Portugais recensés sur «Mémoire des hommes», c’est-à-dire 1.482 individus, ne peut être retenu comme chiffre des Portugais dans la II Guerre mondiale.
Un chiffre de 745 engagés volontaires a été établi récemment, même si ce chiffre doit probablement être encore rectifié à la baisse (peut-être présence de Français nés au Portugal…). Cela amène à un total de 1.322 âmes portugaises pour le site «Mémoire des hommes», auquel il faut encore soustraire des nombres…
Pour exemple, José dos Santos, natif de Vale de Torno le 24 avril 1906, figure à la fois dans la base des services pour fait de Résistance (Forces françaises de l’intérieur) et la base des militaires décédés.
Il n’est pas le seul Résistant à figurer dans plusieurs bases de «Mémoire des hommes».
De la même manière, 16 Portugais (lire ICI) se trouvent à la fois dans la base des engagés volontaires étrangers et la base des militaires décédés, le total précédent de 1.322 tombe à 1.306 sujets portugais.
Autres fonds: Maitron, Forces françaises libres, la Nueve
La base FFL, sous le Commandement du Général de Gaulle, recense des Portugais, le dictionnaire biographique du Maitron également. Il faut prendre garde: le nombre de ces autres recensés ne peut être ajouté entièrement à celui de «Mémoire des hommes».
Pour exemple Américo Neves d’Azevedo se retrouve dans la base des Médaillés de la Résistance de «Mémoire des hommes» et dans la biographie du «Maitron».


De même Hortense Antunes et Rogério Flores se retrouvent dans la base des Forces françaises libres et dans «Mémoire des hommes», base de «Titres pour faits de résistance».


Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres.
Pour la Nueve, «Carmen Gongora» a communiqué le nom de 2 Portugais engagés dans la 9ème Compagnie du III RMT (Régiment de marche du Tchad), 2ème Division Blindée du Général Leclerc (lire ICI).
Pour toutes ces explications données précédemment, la présence de doublons, voir de triplons, dans les bases étudiées, ce chiffre de «plus de 1.500» ne peut être retenu pour évoquer le nombre de Portugais dans la II Guerre mondiale et ne peut être que revu à la baisse. Le chiffre à retenir, dans la connaissance des bases aujourd’hui proposées, est plus proche de 1.400.
1.400 sujets Portugais à honorer, un chiffre suffisant pour ne pas les oublier!
Le cas d’Emílio Pereira

Emílio Pereira apparaît dans les fichiers allemands Arolsen comme déporté à Buchenwald en janvier 1944. Il est né sous João Emílio à Vila do Prado, Vila Verde, Braga, le 2 février 1910, fils de Manuel da Cunha Pereira Junior.
Il n’apparaît pas dans les bases françaises de Mémoire des hommes, même s’il semblerait qu’il soit mort en déportation.
Son nom apparaît dans un «index des certificats de décès d’individus morts au combat dans les forces armées françaises et de civils tués en France».
Il aurait été enlevé le 11 décembre 1943, ouvrier, déporté depuis Compiègne, disparu en déportation.
Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Bonnet-le-Troncy, département du Rhône.
De nouvelles informations viennent d’être échangées et confirment officiellement son décès en Allemagne. Elles viennent de Carlos Guerreiro et de son travail aux Archives du Ministère portugais des affaires étrangères à Lisboa.


En effet un document indique qu’une dépêche du Consulat du Portugal à Lyon communique le décès du ressortissant portugais João Emílio Pereira, fusillé par les Allemands le 14 avril 1944 au Camp de Weimar-Buchenwald. Le document précise également que le Consul détient le certificat d’exemption militaire de la victime. En date du 27 juillet 1946.
Un décès confirmé, qui n’entre dans aucune des bases précédemment étudiées.
Cela mérite bien que le visage d’Emílio Pereira figure au Mur des souvenirs!
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Sources:
Archives allemandes Arolsen, Archives françaises Mémoire des hommes, Archives portugaises.






