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Antoine Launay: un lusodescendant qui rêve de médaille aux JO de Tokyo

Billet validé pour les Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo au Japon pour le kayakiste franco-portugais Antoine Launay, qui va représenter le Portugal.

Tout s’est déroulé à la fin du mois de septembre en Espagne. Lors des Mondiaux de Canoë-kayak K1 slalom, le lusodescendant Antoine Launay garantit une place dans la discipline pour le Portugal aux JO en obtenant une septième place. Le franco-portugais, qui a réussi le meilleur résultat de tous les temps aux Mondiaux, a été devancé par deux espagnols, deux tchèques, et deux anglais.

Le Portugal a donc une place pour les Jeux Olympiques et ce quota sera occupé par Antoine Launay. La raison: le Directeur technique et la Fédération avaient décidé de donner la place aux JO à celui qui ferait la meilleure saison, en prenant les deux meilleurs résultats en Coupe du Monde, ainsi que le résultat aux Mondiaux, et c’est Antoine Launay qui a été le meilleur – finale et 8ème place de la Coupe du Monde en Slovénie, puis 12ème à Londres, 12ème à Bratislava et 14ème à Prague.

Des résultats satisfaisants pour le franco-portugais et qui lui permettent d’aller aux JO. «Je fais une très, très belle saison. Je finis 10ème sur l’ensemble de la Coupe du Monde. Ce n’est pas vraiment une surprise cette qualification car j’ai réalisé une bonne saison. Il n’y a qu’un représentant par nation aux JO, et si on se base sur le Mondial, concrètement je suis 4ème. En 10 mois, j’espère progresser et me rapprocher de la médaille», assure-t-il.

D’ailleurs, il ne s’en cache pas, s’il va à Tokyo, c’est pour rapporter une médaille au Portugal. «La médaille, c’est mon objectif aux JO. En fait, quand j’ai commencé à représenter le Portugal, j’ai eu une réunion avec la Fédération et je leur ai dit que je voulais aller aux JO et que je ne voulais pas ‘seulement’ participer. J’ai demandé à la Fédération de croire en moi car je veux aller au Japon et remporter une médaille».

Pourtant, le chemin a été semé d’embûches. Antoine Launay a commencé par représenter la France, toutefois la Fédération ne lui a pas laissé toutes les chances de réussir. «En 2014 j’ai décidé de quitter la France, car la Fédération Française ne me laissait pas participer aux compétitions internationales pour des raisons budgétaires. Les compétitions sont coûteuses et les compétitions étaient loin, donc la Fédération ne m’a pas permis de participer à ces compétitions. Cela m’a bloqué car sans compétition je ne peux pas gagner et par conséquent essayer d’avoir des sponsors pour me financer. Du coup j’ai décidé de quitter la Sélection française».

Un premier pas a été franchi, mais la Fédération française n’en est pas resté là. Elle ne voulait pas perdre Antoine Launay et surtout ne voulait pas voir une autre nation pouvoir lui passer devant, donc la seule solution a été de bloquer deux ans de plus le franco-portugais: «La Fédération portugaise était heureuse de m’accueillir et moi j’étais ravi de rejoindre le Portugal, car ils me laissaient participer aux compétitions, et pourtant la Fédération portugaise n’a pas plus de moyens que la française. Mais eux, en y allant de ma poche, ils me laissaient y aller. Le problème, c’est que la Fédération française m’a bloqué pendant deux ans. Quand on change de nationalité, la première Fédération doit envoyer une lettre à la Fédération internationale pour dire qu’ils veuillent m’accueillir et l’autre Fédération doit accepter ce changement. Mais la France n’a pas accepté. J’ai donc dû attendre deux ans, pour que la Fédération française n’ait plus son mot à dire. Les Français avaient peur que je prenne la place de la France pour les JO 2016 à Rio de Janeiro».

En plus, le lusodescendant n’est pas parti seul, car il a emmené avec lui son frère, Damien Launay.

 

Le Canoë-kayak, une passion pour ce ‘Madeirense’

Né à Angoulême, d’un père Normand et d’une mère portugaise originaire de l’Île de Madère, Antoine Launay s’est passionné pour le Canoë-kayak dès l’âge de 7 ans. Pratiquant la discipline et étudiant en même temps, le franco-portugais est passé par Angoulême, Rennes, Toulouse, l’Espagne, le Portugal et aujourd’hui Limoges, car même s’il est passionné par son sport, il n’en vit pas encore comme il le souhaiterait. «J’ai de très bonnes conditions, même si j’aimerais gagner autant que les footballeurs (rires). Aujourd’hui pour un kayakiste, je ne suis pas à plaindre. J’en profite, mais à côté de ça, j’ai une micro-entreprise à Limoges en France dans la communication. J’aide des entreprises dans la communication extérieure, les réseaux sociaux par exemple. Je fais également du consulting».

Gérer une entreprise et être sportif de haut niveau ne laisse guère du temps à Antoine Launay qui va d’ailleurs s’envoler très bientôt pour Tokyo pour le test event, une compétition pour anticiper les conditions et les installations des JO.

Puis, après ce premier test au Japon, il continuera son entraînement essentiellement hors du Portugal, car il y a peu d’infrastructures pour les kayakistes au Portugal, même s’il est licencié du Darque Kayak Clube, près de Viana do Castelo. Il espère toutefois que les conditions pourront changer et pourquoi pas avec son aide. «Au Portugal il n’y a pas vraiment de culture du slalom, on regarde plus le Canoë-kayak pratiqué par Fernando Pimenta. Mais après c’est anecdotique. Pour le sprint il y a des plans d’eau, mais pour le slalom, c’est plus compliqué d’en avoir. À Viana do Castelo, le Maire a un projet autour de cela, ça serait vraiment génial. Je suis d’ailleurs prêt à aider notre pays dans l’évolution de cette discipline. J’en serai vraiment très heureux de pouvoir aider».

Le Canoë-kayak sprint, le Canoë-kayak slalom, quelles sont les différences? Voici les explication du spécialiste: «Nous sommes dans le spectacle, dans le mouvement d’eau, dans l’adaptabilité, contrairement au Canoë pratiqué par exemple par Fernando Pimenta qui est un athlète exceptionnel, ce sont deux disciplines assez différentes. Fernando Pimenta, c’est un ‘vrai athlète’, il doit aller le plus vite possible. En sprint le Portugal est l’une des meilleures nations et le Portugal est reconnu. Nous, en slalom, c’est un peu différent. Nous n’avons pas le droit au repérage dans le kayak sur le bassin avant l’épreuve. Nous pouvons voir le parcours, la veille, uniquement au bord de l’eau et nous devons l’analyser sans être sur l’eau. C’est particulier (rires)».

 

Le Portugal, un doux rêve

Enfant d’une mère portugaise, le lien n’a pourtant pas toujours été facile à établir car issu d’une fratrie de cinq enfants, et étant originaire de l’île de Madère, les vacances au Portugal n’était pas si fréquentes que ça. «J’y suis allé rarement au Portugal car on est cinq frères et soeurs, et c’était très coûteux d’aller à Madère avec toute la famille. Je suis allé deux fois pendant mon enfance et deux fois depuis que je suis majeur. Donc c’était souvent ma famille portugaise qui venait en France».

Représentant aujourd’hui le Portugal, il a le soutien de sa famille. «Concernant mon père, d’origine française, cela ne l’a pas plus dérangé que cela, car il veut que ses enfants soient heureux. Je suis très fier de pouvoir représenter le Portugal, même si je ne parle pas couramment la langue. On va dire que je le comprends beaucoup plus que je ne le parle (rires)».

Antoine Launay sera aux Jeux Olympiques de Tokyo de 2020 et il compte bien ramener une médaille. Pour 2024 à Paris… «ce sera une autre histoire à écrire. Avant il y a Tokyo et je suis très content d’y être», conclut l’athlète franco-portugais.

 

Linda de Suza 19/20
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