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Desporto

 

La triste nouvelle est tombée lors des Championnats du Portugal qui se sont déroulés à Fridão, dans le Nord du pays: Antoine Launay, kayakiste franco-portugais de 28 ans, a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale. Fin de parcours pour lui qui a représenté le Portugal aux Jeux Olympiques de Tokyo, au Japon.

Mais avant cela, retour sur son parcours.

 

La passion du Canoë-Kayak

Né à Angoulême, d’un père Normand et d’une mère portugaise originaire de l’Île de Madeira, Antoine Launay s’est passionné pour le Canoë-kayak dès l’âge de 7 ans. Pratiquant la discipline et étudiant en même temps, le franco-portugais est passé par Angoulême, Rennes, Toulouse, l’Espagne, le Portugal et aujourd’hui Limoges, car même s’il est passionné par son sport, il n’en vit pas.

Durant l’été 2021, Antoine Launay a participé aux Jeux Olympiques à Tokyo au Japon. Son objectif était d’atteindre les médailles, toutefois après avoir passé les demi-finales, Antoine Launay n’a pas réussi à faire mieux qu’une onzième place, une ‘déception’ selon l’intéressé.

 

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Durant le week-end, le franco-portugais s’est rendu au Portugal pour les Championnats nationaux de slalom. Les résultats ont été au rendez-vous.

Collectivement, avec le club de Darque Kayak Clube de Viana do Castelo, Antoine Launay, avec son frère Damien Launay et Lucas Jacob, a remporté le titre en C1 et a été sacré Vice-Champion en K1.

Individuellement, Antoine Launay a terminé 6ème en K1 avec une pénalité, et s’est classé 8ème en C1 avec une pénalité. L’athlète franco-portugais a également remporté la Médaille d’argent, 2ème place, lors de l’épreuve bi-place avec Valéria Araújo.

Ces championnats du Portugal ne seront peut-être pas les derniers pour Antoine Launay qui continuera à être la figure de proue de cette discipline dans la Région de Viana do Castelo jusqu’en 2023. Rappelons que la discipline du slalom est mise un peu de côté au Portugal au profit du sprint, connu grâce aux Médailles obtenues par Fernando Pimenta, João Ribeiro ou encore Emanuel Silva.

 

Pour le LusoJornal, Antoine Launay s’est exprimé sur cette fin de carrière et sur son futur.

 

Qu’avez-vous à nous annoncer? Je vous laisse le dire à la première personne…

J’annonce ma fin de carrière internationale à la suite de ces Championnats du Portugal 2021. C’est ma décision.

 

Avant de parler de l’arrêt de votre carrière, vous étiez ce week-end au Championnat du Portugal, comment cela s’est il passé en termes de résultats?

Ce n’est pas un Championnat du Portugal comme les autres, c’est la première fois que je me présente sans entraînement depuis les Jeux Olympiques. J’étais heureux d’être là, de partager ce moment avec mon club «DKC – Darque Kayak Clube», d’échanger sur les Jeux Olympiques et d’annoncer ma fin de carrière. Les résultats étaient secondaires pour moi ce week-end, mais je reviens avec une Médaille d’or et deux Médailles d’argent, je suis content.

 

Et au niveau de l’émotion, on réalise ou pas?

C’est le plus dur… J’ai 28 ans et peu de monde comprend vraiment mon choix. Beaucoup, voir tout le monde, est surpris et je dois vraiment expliquer pendant de longues minutes ma décision. On me dit toujours: «Mais Paris c’est dans 3 ans… et puis c’est ton pays aussi». C’est une décision difficile à prendre, car c’est le choix d’arrêter de faire ce que je sais faire le mieux, ce que j’ai fait le plus de ma vie. Ça fait 21 ans que je fais du kayak.

 

Vous étiez avec votre frère sur ces épreuves, on peut dire que c’était ‘encore’ plus spécial?

Oui, c’est encore un autre plaisir de partager ces épreuves avec lui. Nous avons vécu de belles années de compétition, de challenge, d’entraînement ensemble. Il est de retour cette année après deux années d’absence. Il en fait pour son plaisir et surtout parce que le Portugal, c’est toujours une bonne idée. Nous avons fait deux épreuves ensemble par équipe avec Lucas Jacob et nous avons remporté, sur les deux épreuves, des Médailles. Je suis super heureux de ça, c’est le fruit de beaucoup de communication et une belle synergie entre nous trois. Dans un sport individualiste, c’est plaisant d’arriver à nous coordonner.

 

Revenons à cet arrêt de carrière, qu’est ce qui a motivé cet arrêt?

Beaucoup de choses. Par où commencer? Je vais les lister ce sera plus simple: Le manque de moyens, la Covid-19 qui persiste et signe, le manque de soutien, la planète qui va mal et une envie d’agir. C’est un ensemble de choses qui m’ont fait dire que c’était le moment d’arrêter. J’ai vécu ce rêve de faire les Jeux Olympiques. Le vrai rêve était un podium olympique… On connaît l’issue. Je suis heureux de mon parcours, frustré du résultat final. Cependant j’ai aussi trop peur de continuer et d’être aigri de la vie. J’ai fini 11ème et j’ai tout donné: personnellement, financièrement, mon temps… Est-ce que je pourrais donner autant pour 2024? Pas sûr. Et aller aux JO pour faire une nouvelle fois après le top 10 ou même 7ème… Je serai déçu.

 

On peut dire que c’est définitif et que Paris 2024 ne vous inspire pas plus que cela?

Clairement, j’y ai beaucoup réfléchi et ma compagne m’a super bien conseillée. Après en avoir beaucoup parlé avec elle, durant mes 3 semaines de coupure, en août après les JO. Elle a fini par me dire: «ne t’entraîne pas pendant ces prochains mois, ne touche pas à un kayak et tu verras si tu peux t’en passer, faire autre chose». Car le risque est, en effet, de prendre cette décision sur un coup de tête. Mais du coup après 5 mois sans kayak, je peux dire que ça ne me manque pas. Surtout à cette période de l’année où en Europe il fait froid, et que les vagues en eaux vives te réveillent avec des claques d’eau froide et avoir également les mains glacées.

 

Tokyo et les JO, c’était le plus grand rêve que vous ayez atteint ou pas?

Oui, c’est sûr. J’ai été Champion de France, Champion du Portugal, j’ai eu de nombreuses médailles à l’international et oui… les JO était mon plus grand rêve. Un peu bizarre ce rêve sous Covid-19, mais j’ai vécu mon rêve.

 

En regardant un peu en arrière, vous changeriez quelque chose à votre carrière?

Je serai peut être venu plus vite représenter le Portugal et cela même si j’ai bénéficié de super infrastructures en France et la connaissance d’un système. Par contre, j’aurai changé une chose: je changerais plus vite de coach s’il n’est pas transparent. C’est fondamental pour la confiance entre un coach et un athlète.

 

Quel est votre plus beau souvenir?

Le plus beau souvenir fut la demi-finale des Jeux Olympiques. Je me revois et je me sens encore volé sur l’eau, j’ai adoré les sensations.

 

Et le pire?

Le pire, quand j’ai appris que Nicolas Quéhon (kiné) et Françoise Couic Marinier (docteur) ne pouvaient pas venir aux JO. Ce fut la plus grande tristesse. J’ai senti le sol s’effondrer sous mes pieds. Avoir la meilleure équipe au monde et ne pas pouvoir l’emmener sur la plus grande échéance de ta vie, ça fait mal. Surtout après tant d’années de travail ensemble.

 

Quel message pourriez-vous laisser aux jeunes générations qui aimeraient parier sur le canoë kayak?

Posez-vous les bonnes questions! Quel est mon objectif? Dans combien de temps? Qu’est-ce que je suis prêt à faire pour cela? Quels moyens je suis prêt à mettre pour y arriver? Une bonne définition d’objectifs me semble super important. Voici sans doute mon plus grand conseil.

 

Et maintenant? De quoi sera fait le futur d’Antoine?

Je veux retourner à la terre. La planète m’a tellement donné durant toutes ces années, avec mes voyages, kayaks, consommation de diverses choses. Je veux prendre soin de la planète, j’aimerais faire de l’agriculture biologique. J’apprends et c’est aussi compliqué que le kayak, voire plus, car le sol n’est pas en mouvement comme l’eau, mais en même temps c’est vivant, une autre complexité. J’espère y arriver, et comme dans la première étape de ma vie, je vais tout faire pour y arriver.

 

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