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José Pereira est né à Melgaço, il a vécu à Vila Nova de Cerveira jusqu’à l’âge de 9 ans, avant son départ pour la France en 1970.

Artisan électricien depuis 1985, il a racheté l’entreprise Mortreux en 1991, qui est devenue Sarl Mortreux et Pereira.

Marié à une française, il est resté, toutefois, très attaché à ses origines. Il a deux enfants, dont Elodie Pereira, enseignante d’anglais et chanteuse dont LusoJornal a déjà fait reportage.

Le père et la fille ont chanté Grândola Vila Morena d’une façon remarquable lors de la projection du film «Les Capitaines d’Avril» de Maria Medeiros, le 25 avril 2019, à Sciences Po de Lille.

LusoJornal a voulu savoir comment l’homme et l’artisan José Pereira, vit la situation actuelle.

 

Que faites-vous actuellement?

Actuellement nous sommes en famille, confinés. Depuis le lundi 16 mars au soir, en raison de la difficulté d’assurer correctement la sécurité de mes électriciens et soutenu par le souhait de nos clients, j’ai décidé d’arrêter nos interventions sur chantier. Nous reprendrons progressivement, avec toute la précaution nécessaire et en fonction du matériel de protection mis à notre disposition.

 

La situation actuelle vous préoccupe-t-elle?

Il faut déjà passer le choc terrible de cette réalité: vivre dans une des plus grandes puissances économiques, mise à genoux en quelques semaines par un virus! Certes, les répercussions économiques seront, à mon avis, considérables, mais l’histoire nous l’a démontré, l’économie repartira. Cependant, tristement, toutes les vies disparues, tel le naufrage du Titanic, ne seront jamais remplacées.

 

Quand la pandémie sera passée, qu’attendez-vous du «nouveau monde»?

Ironie du sort, dans 2 mois, je fête les 50 ans de mon arrivée en France. Lors du premier petit matin, enfant, je me suis émerveillé devant le passage de la benne de ramassage des poubelles. Il est vrai qu’à ce moment-là, au Portugal, chacun se débrouillait avec ses déchets. Aujourd’hui, dans une France à l’arrêt, avec d’autres métiers essentiels, les éboueurs deviennent les héros du quotidien. La course à la rentabilité a favorisé la délocalisation des moyens de production, des produits de base essentiels à la vie et aux soins de tous les jours. Je suis persuadé que si la crise se prolongeait en Chine, on finirait par ne plus avoir d’ampoules pour s’éclairer. Je souhaite que nos dirigeants en prennent compte pour l’avenir. Adolescent dans les années 70, il y avait un titre du livre d’Alain Peyrefitte qui m’avait interpellé: «Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera». En cette année 2020, j’écrirais «Quand la Chine éternuera, le Monde s’arrêtera».

 

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