Pendant le confinement de 2020, alors que la France entière vivait au rythme des restrictions sanitaires, un habitant de Viry-Châtillon (91) transformait chaque soir son balcon en véritable scène de spectacle. Cinq ans plus tard, Samuel Levoisin, artiste franco-portugais originaire de l’Essonne, de son vrai nom Samuel Cruz Alves, enchaîne les festivals, prépare une tournée au Portugal et cumule plus de 100.000 abonnés sur les réseaux sociaux. Un parcours né d’une simple envie : redonner le sourire à ses voisins.
Tout commence au printemps 2020. Comme des millions de Français, Samuel Cruz Alves est confiné chez lui. DJ amateur, habitué à animer quelques restaurants et événements portugais, il décide de sortir sa sono sur son balcon. Chaque soir, de 19h30 à 20h00, il organise une animation pour son quartier. «Au début, c’était juste pour apporter un peu de joie», raconte-t-il au LusoJornal. Très vite, les habitants jouent le jeu. Chaque soirée possède son thème : soirée pyjama, soirée blanche, parapluies colorés ou encore séances de zumba organisées à distance avec une professeure installée sur un autre balcon. Même le Maire de la commune vient assister régulièrement aux animations. Dans une période marquée par l’isolement, ces rendez-vous quotidiens deviennent un véritable moment de partage. «Ces trente minutes nous permettaient d’oublier le confinement que nous étions en train de vivre», se souvient-il. Au-delà de l’aspect festif, plusieurs collectes sont également organisées au profit des hôpitaux, des pompiers et des soignants.
Les vidéos de ces animations commencent rapidement à circuler sur les réseaux sociaux. Son compte Snapchat explose. Aujourd’hui, devenu Samuel Levoisin (son nom artistique), il revendique près de 100.000 abonnés et travaille depuis plusieurs années avec une agence. Mais malgré cette visibilité grandissante, un constat s’impose : la Communauté portugaise reste encore peu présente parmi ses abonnés. «J’avais beaucoup de Français, beaucoup d’Arabes, mais peu de Portugais», explique-t-il. C’est alors qu’il décide de se lancer dans la musique. En octobre dernier, il sort son premier titre avec l’ambition de toucher davantage la communauté portugaise. Le pari semble réussi. Ses chansons commencent à être diffusées dans les médias lusophones, notamment sur Radio Latina et Radio Alfa.
Fier de ses origines, Samuel Levoisin puise largement son inspiration dans son histoire familiale. Originaire de Mêda, dans le district de Guarda, il revendique pleinement son identité franco-portugaise. «Être portugais, c’est nos racines, nos origines, notre famille», affirme-t-il. Ses chansons s’adressent principalement aux Communautés portugaises installées à l’étranger, en France, en Suisse ou au Luxembourg. Son style musical, qu’il décrit comme un mélange entre le Pimba, Traditionnel et des influences afro-modernes, rencontre un écho particulier auprès de la nouvelle génération lusophone. «J’essaie de faire un Pimba moderne», résume-t-il.
Malgré ses premiers succès musicaux, Samuel Levoisin considère que son plus beau souvenir reste encore aujourd’hui cette période si particulière du confinement. Plus que la notoriété ou les chiffres sur les réseaux sociaux, il retient surtout les liens créés entre voisins. Il évoque notamment une habitante de 93 ans qui avait confié à un journal local que ses enfants savaient désormais qu’entre 19h30 et 20h00, il ne fallait pas l’appeler. «Ça faisait chaud au cœur», raconte-t-il. Pour lui, ces moments ont montré l’importance de la solidarité et du lien social dans des périodes difficiles.

Aujourd’hui, l’aventure prend une nouvelle dimension. L’artiste travaille actuellement sur plusieurs nouveaux morceaux enregistrés dans son studio. Parallèlement, son agenda se remplit rapidement. Les mois de juin et juillet affichent déjà complet avec de nombreux festivals et animations. Surtout, Samuel Levoisin prépare actuellement une tournée au Portugal, un objectif qu’il n’imaginait pas atteindre aussi rapidement.
Au-delà de la carrière artistique, cette aventure lui a permis de découvrir une facette de lui-même qu’il ne connaissait pas. Longtemps impressionné par l’idée de monter sur scène devant un public nombreux, il a finalement trouvé ses marques naturellement. Lors de son premier grand festival devant près de 1.500 personnes, ses craintes se sont rapidement envolées. «Quand je suis monté sur scène, c’était naturel. J’avais l’impression que cela faisait trente ans que je faisais ça». Une sensation qui confirme que l’histoire commencée sur un balcon de Viry-Châtillon n’en est probablement qu’à ses débuts.







