EDP investira 1,3 milliard d’euros en France d’ici 2030 : la confiance portugaise dans la transition énergétique française

L’annonce est passée relativement inaperçue parmi les dizaines de milliards d’euros dévoilés lors du sommet Choose France, ce lundi 1er juin, organisé au Château de Versailles, mais elle constitue l’un des investissements énergétiques les plus importants annoncés cette année. Le groupe portugais Energias de Portugal (EDP) a confirmé un programme d’investissement de 1,3 milliard d’euros en France d’ici 2030 afin de développer plus de 1 gigawatt de nouvelles capacités de production et de stockage d’énergie.

Présentée dans le cadre de la neuvième édition de Choose France, l’initiative dépasse largement le seul secteur de l’éolien en mer évoqué dans un premier temps. EDP prévoit de déployer un portefeuille diversifié associant éolien terrestre, éolien offshore, solaire photovoltaïque et systèmes de stockage par batteries.

L’investissement sera porté par les activités françaises du groupe portugais ainsi que par Ocean Winds, la coentreprise créée avec le groupe français Engie et spécialisée dans l’éolien en mer.

Pour le Gouvernement français, cette annonce illustre l’attractivité persistante du pays auprès des investisseurs étrangers. La France met notamment en avant son électricité largement décarbonée, son réseau énergétique développé et les besoins croissants liés à l’électrification de l’économie, de l’industrie et des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.

L’investissement d’EDP s’inscrit dans une dynamique plus large. Lors du sommet Choose France 2026, le Gouvernement français a indiqué avoir recueilli environ 93 milliards d’euros d’engagements d’investissements étrangers, un niveau record qui témoigne de la volonté de Paris de consolider sa position parmi les destinations les plus attractives d’Europe. Dans la même réunion de l’année passée, 40 milliards d’investissements avaient été annoncés, l’annonce 2026 est bien plus importante. Les 93 milliards viennent de 71 projets internationaux et devraient créer environ 15.000 emplois.

Dans le même temps, le groupe japonais SoftBank a annoncé son intention d’investir massivement en France dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle : 75 milliards d’euros au total, dont 45 milliards d’euros d’ici 2031 dans les Hauts-de-France. Un investissement dans cette région qui est en rapport avec la proximité de Graveline qui possède 6 réacteurs à eau pressurisée (REP). Avec le développement de ces infrastructures il faudra la capacité totale d’un réacteur (900 MW) rien que pour alimenter ces structures travaillant dans IA, de là la nécessité de développer la capacité électrique en France, qui à ce jour reste encore excédentaire.

La France, un marché stratégique pour EDP

Au-delà du montant investi, cette annonce traduit surtout la confiance du groupe portugais dans le marché français.

Les énergéticiens privilégient généralement les pays offrant de la visibilité à long terme, un cadre réglementaire relativement stable et une demande énergétique en croissance. La France bénéficie aujourd’hui de plusieurs atouts : une électricité majoritairement décarbonée, un réseau performant, des besoins croissants liés à l’électrification industrielle et le développement rapide des centres de données.

Pour EDP, déjà implanté dans l’Hexagone, ce nouvel engagement constitue un pari sur la croissance du marché français de l’énergie au cours de la prochaine décennie.

Le développement des projets offshore reposera notamment sur Ocean Winds, la coentreprise détenue par EDP et le groupe français Engie.

Cette structure est déjà bien implantée en France. Elle participe notamment à l’exploitation du parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier, mis en service récemment et doté d’une capacité de 500 MW.

Cette expérience commune constitue un atout important pour accélérer le déploiement de nouveaux projets dans les années à venir.

Malgré l’importance de l’annonce, plusieurs questions restent ouvertes. EDP n’a pas encore communiqué le détail des sites concernés, le calendrier des mises en service, le nombre d’emplois qui seront créés ni la répartition précise des investissements entre les différentes technologies. Ces éléments devraient être dévoilés progressivement au fur et à mesure de l’avancement des projets.

Une chose est toutefois déjà certaine : avec cet investissement de 1,3 milliard d’euros, le principal groupe énergétique portugais confirme sa volonté de faire de la France l’un de ses marchés prioritaires pour accompagner la transition énergétique européenne.

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