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Fado in Paris: un succès au Trianon

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Ce n’était pas, loin s’en faut, gagné d’avance: un programme comportant des noms certes connus au Portugal et dans les milieux fadistes, mais beaucoup moins ici, à l’exception de Carminho, un des deux concerts programmé l’après-midi, ce à quoi le public n’est pas forcément habitué. Mais le public, justement, a répondu présent et est sorti comblé des prestations proposées par les artistes conviés à ce premier festival Fado in Paris, les 6 et 7 avril derniers dans la superbe salle du Trianon.

Il y en eut pour presque tous les goûts. Voyons cela: pour les amis français du fado, deux des participants du projet Fado Clandestino, conçu à Paris, la chanteuse Lizzie, française (mais bilingue) et le violiste Nuno Estevens, que nous avons apprécié durant ces six dernières années où il fut parisien, qui a tant apporté au fado ici (mais Paris, pensé-je, lui apporta aussi), pour l’occasion rejoints par l’excellent, sympathique et débonnaire Nuncio Sá à la guitarra, grand voyageur lui aussi puisque natif de Salvador da Bahia, ayant exercé quelques temps en Allemagne et installé au Portugal depuis presque trente ans. Fado Clandestino ravira, en première partie de la prestation de Carminho, les amateurs de poésie, servie par la voix claire de «notre» Lizzie et la musicalité délicate de ses partenaires. Trois pays, trois talents pour servir le fado.

Pour la fraîcheur parfois naïve de la jeunesse, nous eûmes le plaisir d’entendre Mara Pedro, 20 ans. Elle fut l’une de ces enfants prodiges du fado, dont beaucoup ont du mal à tenir leurs promesses. Mais pas Mara, qui a su traverser sans dommage cette sortie de l’enfance toujours difficile. Bonne présence scénique, un répertoire qui fait la part belle (un peu trop) aux airs inspirés du folklore, ce qui plut à celles et ceux, nombreux, qui adorent taper dans les mains et reprendre en cœur des refrains connus. Comme celle de Lizzie, la voix de Mara est claire, sa présence scénique indéniable. Concernant le fado, nous aimerions que son dividir soit plus affirmé, comme ce fut le cas dans une interprétation de Prece, l’un des chefs d’œuvre d’Amália. Mais elle n’a que 20 ans et un avenir qui pourrait bien être radieux. Un peu plus d’audace dans le répertoire pourrait y contribuer.

Pour les amateurs de fado-fado, dans la lignée des Anita Guerreiro ou Lenina Gentil, Luísa Rocha connait par cœur tous les codes du fado castiço, et des marchas populares et en a fait la démonstration, accompagnée, comme le furent Mara et Jorge Fernando, par un trio de guitare de haut niveau, parfaitement soudé: Guilherme Banza (son compagnon dans le vie), subtil spécialiste de la guitarra, Rogério Ferreira, l’une des meilleures violas du fado, et Francisco Gaspar, déjà entendu avec Katia Guerreiro à la viola baixo, en pleine forme, qui réussit même à faire swinguer la traditionnelle Casa Portuguesa, ce qui ne va pas de soi!

Les amateurs de grands succès auront été ravis d’écouter Jorge Fernando égrainer avec charme et humour ses thèmes les plus connus, Chuva, Trigueirinha, Boa noite solidão, Primeiro amor… Et les connaisseurs ont appréciés sa capacité à décaler les rythmes, en grand musicien qu’il est aussi. Jorge Fernando fait partie des artistes du fado quasi institutionnalisés: sa seule apparition sur scène crée immédiatement un contact avec le public. C’est un club très fermé: Carlos do Carmo, António Zambujo, Camané, Mariza, Misia, Katia… Il y faut grand talent et grande expérience. Et puis Carminho, présentant son nouveau cd, qui est une belle réussite. Carminho moins exacerbée, tout en gardant, notamment dans un splendide final, cette rage de chanter qui la distingue. Autre facette nouvelle de son talent, un joli sens de l’humour au passage dans ses commentaires à propos de Ai Maria. Dans répertoire de haute qualité dans les textes, sur des musiques aussi bien traditionnelles signées par Alfredo Marceneiro ou Joaquim Campos que sur des compositions plus récentes, Carminho nous a donné un concert débordant de générosité, ce qui n’est si fréquent. Là aussi, des musiciens à la hauteur de sa performance, emmenés par Luís Guerreiro, qui est peut-être l’accompagnateur le plus accompli pour soutenir une voix de fado.

Nous attendons donc, nous espérons donc que ce premier Festival Fado in Paris sera suivi de nombreux autres. Au passage, un grand merci aux organisateurs, parmi lesquels l’Académie de fado sise à Vincennes, et à la présentatrice des spectacles, Odete Fernandes, dont la voix est bien connue des auditeurs du programme Só Fado de Radio Alfa.

 

 

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