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Plusieurs jours avant le concert, les mille places de la belle salle de la Maison des Arts et de la Culture de Créteil avaient trouvé preneurs. C’est dans le cadre du Festival de Marne, qui accueille chaque automne une trentaine de concerts sur le département du Val de Marne, et à l’initiative de José Tavares, qui assure la direction artistique des soirées de musiques du monde, qu’António Zambujo et Ana Moura ont apporté des fragrances musicales du Portugal ce 12 octobre.

Un concert dans une grande salle nécessite de la part des artistes une logistique parfois importante, et une préparation soigneuse des réglages acoustiques et des éclairages. Ainsi Ana Moura et ses musiciens ont passé de longs moments sur scène pour assurer ce qu’on appelle les balances, réglages des niveaux de son pour chaque voix ou instruments, équilibres entre ces niveaux. C’est juste après ce travail pointilleux, parfois fastidieux, bien loin des brillances que verront les spectateurs (et qui ne permet pas toujours d’atteindre la perfection, comme on le verra) qu’Ana Moura a bien voulu nous rejoindre pour nous consacrer quelques instants. Un accueil, comme à chaque fois, souriant et détendu, d’une simplicité bien éloignée de l’image glamour qui est souvent la sienne pour le public. Elle nous parle du concert, dont le répertoire sera assez semblable à sa dernière apparition à Paris, où elle avait conquis le public du Palais des Congrès. Du nouveau CD dont l’enregistrement est en cours, et qu’elle présentera en France en février prochain lors d’une tournée de six concerts, le premier au Grand Rex à Paris dès le 1er février. De ses musiciens, Angelo Freire en tête, un «monstre» de la guitare portugaise, les autres guitaristes, Pedro Soares et André Moreira (basse), musiciens accomplis, tout comme João Gomes (claviers) et Mário Costa (batterie), un jeune espoir du jazz portugais: «il est vraiment bon et a créé un trio de jazz qui commence à faire des concerts, je suis contente pour lui, mais parfois je suis obligée de lui trouver un remplaçant». De ses influences musicales, orientées vers le jazz et la soul music: «j’admire énormément Nina Simone ou Etta James. On me reproche parfois de m’éloigner du fado, mais il est important d’écouter aussi d’autres musiques, de s’approprier ce qui nous touche en tant qu’artiste. Mais mes liens avec le fado sont très forts. J’y reviens toujours».

A peine l’entretien terminé, António Zambujo déboule tranquillement. Décontracté comme (presque) toujours. Ses réglages de balances acoustiques ont été expéditifs: il se produira seul avec sa guitare. Et Ana Moura nous a déjà confié qu’il la rejoindra pour deux chansons lors du concert, dont l’une («Despiu a saudade») qu’il a composée. Pourquoi cette prestation en solo?: «J’ai réfléchi à l’utilisation du silence dans le chant et cela m’a conduit à expérimenter cette façon de m’exprimer, mais je continue et continuerai à chanter avec des musiciens». Pour ce concert il reprendra certains des thèmes de son dernier album, paru au Portugal l’année dernière, et qu’il lancera en France en janvier prochain (comme Ana Moura) lors d’un concert à Paris pour l’ouverture du festival Au fil des voix le 20 janvier. «Mais je reprendrai aussi certains thèmes de mes disques précédents». On entendra ainsi «Nem às paredes confesso», «Foi Deus», un fado de Max et quelques-uns des «classiques» de son répertoire: «Readers digest», «Pica do 7», l’amusant «Flagrante, Zorro», le superbe «Casa fechada». Lui aussi nous a parlé de son rapport avec d’autres musiques que le fado: le Cante alentejano de son enfance, qui l’a profondément marqué, la musique brésilienne, qu’il suit assidument, et notamment les jeunes créateurs tel Tim Bernardes, le jazz et d’autres musiques encore. Il nous dit enfin son amitié avec Ana Moura «qui date de l’époque où nous faisions partie de l’elenco du Senhor Vinho» et sa joie de la retrouver ce soir.

Amitié qui transparut lors de leurs deux duos, pleins de charme. Si le concert, hors ces duos, ne proposait pas de nouveautés au niveau des répertoires, il nous a permis de retrouver l’univers si personnel d’António Zambujo, et la voix sensuelle et envoûtante d’Ana Moura, malgré un problème de… balances, les instruments couvrant parfois trop la voix, la viola de Pedro Soares parfois difficilement audible. Alors que se jetaient les dernières notes d’un endiablé «Dia de Folga» chanté par Ana, qui termina le concert juste après un non moins vitaminé «Desfado», on n’a qu’une hâte, celle de retrouver ces grands artistes.

Bien sur, on a leurs enregistrements pour nous faire patienter jusqu’au début de l’année prochaine, mais la musique ao vivo, c’est quand même autres chose!

 

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