Gilets Jaunes: Jérôme Rodrigues attend des réponses de l’État

Les Gilets Jaunes se sont mobilisés pour la dixième fois depuis le début du mouvement, ce samedi 19 janvier, pour manifester et faire entendre leurs revendications. Des manifestations qui durent depuis deux mois et auxquelles Jérôme Rodrigues, lusodescendant résidant en Région parisienne, a toujours participé.

Ce franco-portugais espère surtout des réponses concrètes de la part de l’État pour arrêter les manifestations. «Nos revendications sont assez simples. Nous voulons une augmentation du pouvoir d’achat, que les gens arrivent à vivre de leur salaire, car nous ne sommes pas des poches à fric. Il faut savoir par exemple que les petites entreprises sont taxées à 33%, tandis que des multinationales comme Total ne payent que 8% d’impôts, comment cela est-il possible?», s’interroge Jérôme Rodrigues, qui continue sur sa lancée: «On veut une baisse des prix de tous les produits de première nécessité, sur le plan financier. Quant à nos dirigeants, il faut une fin des privilèges, pourquoi ils en auraient plus que nous? Vous savez que par exemple les enterrements des députés et de leurs familles sont payés par le contribuable? Tandis que nous, nous devons payer quand quelqu’un décède, ce n’est pas juste», assène le lusodescendant.

La justice, c’est aussi un des leitmotivs de Jérôme Rodrigues. «On veut une réorganisation politique, et on veut que cela passe par un RIC – Référendum d’initiative citoyenne. Les politiques doivent se justifier et avoir des résultats. On parle d’égalité, mais quand on sait que les Députés ont le droit à 7.000 euros de frais sans justificatif. C’est notre argent, l’argent du contribuable et ils ne doivent pas justifier ces dépenses? On va où?», s’emporte-t-il, avant d’affirmer qu’il n’est pas contre ceux qui gagnent de l’argent: «Si les gens gagnent de l’argent de par leur travail, tant mieux pour eux, ça ne me regarde pas. Moi je veux juste plus d’égalité et que les politiques arrêtent de prendre l’argent sans rien nous dire et sans rien justifier. En France on distribue l’argent et personne ne contrôle rien. Où va l’argent? On veut savoir. Quand on sait que Carrefour fait des bénéfices monstres et qu’ils virent 2.000 salariés, est-ce normal?», questionne Jérôme Rodrigues.

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L’État des solutions

Jérôme Rodrigues est présent lors des manifestations pour se faire entendre, pour faire entendre la voix de ceux qui ne manifestent pas forcément mais qui le contacte sur les réseaux sociaux. Mais à ces revendications, quelles sont les solutions? «Déjà je pense que les Députés sont payés pour trouver les solutions. Ils ne sont pas là pour suivre aveuglément les choix du Président. Ils sont élus pour aider notre pays. Ils ne votent même pas contre le budget, même s’ils sont contre, car ils ont peur d’être virés, or le pouvoir est entre les mains du peuple, ils sont élus par le peuple, mais que font-ils pour la France?», s’interroge à nouveau Jérôme Rodrigues.

Quant au RIC, que faut-il en penser? Jérôme Rodrigues a sa propre idée: «Il faut organiser un RIC. On doit réinventer la société. Ce combat est long et il va continuer. On ne peut pas applaudir des deux mains quand une ‘révolution’ se produit à l’étranger, et réprimander quand une ‘révolte’ se produit en France», assure le lusodescendant.

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Le Grand débat, un exercice compliqué

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a commencé de grands débats pour débattre des questions qui se posent les Français, et surtout en réponse aux revendications des Gilets Jaunes, toutefois Jérôme Rodrigues n’y voit pas vraiment l’intérêt.

«Je suis pour le débat, mais pourquoi de cette façon-là? En grande pompe, comme toujours avec le Président. Tout est contrôlé. On sait qu’on va râler, mais ça c’est normal. Je dois quand même reconnaître qu’il est bon orateur et qu’avec tout cela, il va gagner du temps jusqu’aux Européennes. Voilà à quoi ça sert ce Grand débat», rappelle-t-il, avant d’interpeller sur des sujets abordés: «On entend parler de laïcité, d’immigration, de peine de mort, de mariage pour tous, eh bien je vous assure que moi, lors des manifestations et sur les réseaux sociaux, personne ne m’a parlé de ces sujets-là, donc pourquoi on les met sur le tapis? Ils essayent de noyer le poisson», admet ce franco-portugais en reconversion professionnel.

Il alerte d’ailleurs les instances politiques sur la fin de la partie. «Si on gagne la partie, des gens vont devoir payer pour ce qu’ils ont fait tout au long des manifestations. On nous sanctionne, on nous traite mal, alors que la plupart des manifestations se sont passés dans le calme. On veut nous réprimander, tandis que des personnes comme Alexandre Benalla sont toujours en liberté», assène-t-il. Toutefois comment explique-t-il les débordements? «Ce sont les fins de manifestations qui se passent mal. Après, moi je l’affirme, il y a quatre types de casseurs: les fascistes, les antifas [ndlr: antifascistes], les black blocs, et les racailles des banlieues. Ils veulent casser du flic, ils veulent se battre et d’autres veulent piller et voler. Je ne cautionne évidemment pas. Nous on manifeste, on ne peut pas contrôler ceux qui viennent en fin de manifestation pour en découdre avec les forces de l’ordre», conclut Jérôme Rodrigues.

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Le Portugal, une envie non dissimulée

Sur ces liens avec le Portugal, Jérôme Rodrigues ne cache pas son admiration pour le pays où ses parents, son père portugais et sa mère française, y vivent actuellement. «On peut pointer du doigt le Portugal sur plusieurs dysfonctionnements, mais sur les dernières années, on voit que le pays arrive à s’en sortir ou au moins ils essayent de trouver des solutions. Ils ont repris les rênes du pays et on dit ‘non’ aux mesures d’austérité. On voit le service public là-bas par exemple, vous payez pour les services mais ils sont faits et rapidement. Ici en France rien ne bouge, alors que ce sont des services gratuits», admet ce lusodescendant qui surenchérit: «Au Portugal, les gens ont 14 mois de paie, c’est génial ça. On dirait qu’en France on ne veut pas regarder ce qui est bien fait à l’étranger. Et je ne parle même pas des cartes d’identité qui sont depuis des années sur un format portefeuille sur le sol portugais, tandis qu’en France il n’y a que très récemment qu’on a commencé à faire cela, ou encore les ‘caixas multibanco’ où tu peux tout payer! La France a un train de retard sur certains aspects», plaide-t-il, avant de nous raconter un peu de son histoire.

«Mon père est arrivé en France en 1978, il n’a pas fait partie de la grande vague d’émigration. Puis en 2016, ma mère et lui sont repartis au Portugal. Je suis originaire de Coimbra, j’adore ce pays qui est aussi le mien, et je me suis déjà posé la question d’aller y habiter. Tout au long de ma carrière j’ai travaillé dans différents coins de la France, j’ai même habité en Espagne, donc le Portugal peut également être une solution, moi qui actuellement suis en reconversion professionnelle pour être plombier. J’ai été dans le commerce pendant 20 ans, mais des accidents de la vie font que j’en suis là aujourd’hui», conclut Jérôme Rodrigues.

Quant à la suite? «On ne va pas lâcher, mais il ne faut pas se tromper, ce n’est pas une révolution, mais une révolte, et nous voulons que nos revendications soient entendues. J’attendais cette révolte depuis des années, je trouve qu’elle arrive 10 ans trop tard, elle aurait dû se produire quand on a dû payer pour les banques en 2008. On nous a assuré que ça irait mieux. On voit le résultat. Aujourd’hui à cause de la dette de la France, chaque citoyen doit environ 36.000 euros, c’est-à-dire que même nos enfants sont déjà endettés, ce n’est pas possible. On doit rester maître du jeu et il faut se rappeler que les grandes entreprises ont besoin de nous», lâche Jérôme Rodrigues en concluant notre entretien.

 

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2 Comments Deixe uma resposta

  1. Bonjour Jérôme, je suis un fils de portugais comme vous , mais la comparaison s’arrête là. On m a appris “la France tu l’aimes ou tu la quittes ” pensez y .
    Votre reconversion , votre santé payée par nos impôts à tous. Votre idée d’un Portugal si beau. Votre idée de changement..sans y voir les consequences révèlent votre non connaissance du monde. Vos propos sur notre dame m’amène à vous poser cette question: imaginer Fatima qui brûle, imaginez vos mêmes propos que ceux sur notre dame au Portugal? Combien de temps pensez vous que vous seriez en sécurité au Portugal ?
    Dernier point , vous êtes vous posé la question de votre droit a sortir le drapeau Portugais ? Pensez vous que les portugais de France et ceux du Portugal approuve? .A moins que vous ..vous sachiez et que nous ne soyons que de pauvre ignorant.
    Le Portugal a un système bancaire mort, on y paie toutes les consultations médicales, votre reconversion ne serait aucunement payée etc… Et surtout ce pays a vu vos parents , nos parents, les enfants et les petits enfants ..partir.
    Voyons voyons..si vous n’aviez pas cette protection de cet état français que vous souhaiteriez changer.., vos niriez pas jouer le troublion. Quand ,on est née avec un culliere même en plastique dans la bouche, on ne crache pas dans la soupe.
    Mon très cher Jérôme , pourriez vous allez voir poutine? Trump ? Cela rendrait service à la France et aux franco portugais et aux portugais simplement.

    Quand vous irez à Fátima, je vous invite à avoir le même courage sur les sommes des Pelerins que vos propos sur notre dame . Je suis sûr qu’ils vous apprendront le terme respect d’une façon très efficiente.
    Respect….prenez un avion , ils vont vous l’apprendre.
    Vous verrez même que nos forces de l’ordre sont des anges par rapport à ceux du Portugal.
    Le Portugal est le pays le plus sur d Europe ..peut être parce que des gens tels que vous y seraient déjà punis

    On gouverne pour le peuple , pas avec le peuple car gouverner avec le peuple ne revient qua un état totalitaire ou les plus forts commandent et les autres
    ….

    Vive la france , doux pays de mon enfant
    Vive le Portugal ..où on aime y aller les poches pleines..mais pas y vivre .

    Jérôme , je ne te salue pas.

  2. Cher Jérôme, désolé pour votre blessure. Je lis cette interviews et quelques précisions quand même : le Portugal est d’abord un pays surendetté, très fragile et fragilisé, donc attention à ne pas voir l’envers du décor. Ensuite, le SMIC est à 600 euros environ. Finalement, la jeunesse fuit le Portugal car n’y voit pas d’avenir. Toutes ces données doivent être interprétées par tout un chacun librement, mais de mon point de vue, le miracle portugais est put être aussi fragile que la plupart de vos revendications. N’oubliez pas que votre formation de reconversion est aussi prise en charge par l’état et que, dans ce pays où bien évidemment tout n’est pas parfait, des tas de services publics fonctionnent très bien. Tout est perfectible, mais ça n’est pas en provoquant systématiquement des manifestations qui, de toute façon, vous le savez, finissent par de la casse, que ça va mieux marcher. Et que vous ne vous sentiez pas responsable de cette casse est dramatique : OUI, c’est bien parce que vous organisez ces RDV que des gens mal intentionnés viennent casser. Ils en profitent. Vous le savez, on le sait et votre responsabilité est de contrôler, déclarer et assumer. Sinon, moi je peux aussi venir dans votre rue manifester, laisser faire les casseurs qui brûlent votre voiture etc. Derrière ces revendications, parfois légitime, excusez-moi, mais il manque un peu de “matière grise” : pensez à réfléchir la prochaine fois que vous vous réunissez et arrêtez de penser que notre président, ou gouvernement, cherche à tout prix à vous nuire. Moi je vois plutôt une équipe dynamique qui cherche des solutions. Ok, elles ne vous conviennent pas, mais dans ce cas faites vous élire et bougez les choses. Vous pouvez le faire au niveau local etc. Un peu marre de vos manifs ; et c’est un miracle qu’il n’y ait pas plus de blessés.

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