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Guerre 14-18: Trois soldats du CEP localisés en Pologne

Reguengos de Monsaraz, Cinfães, et «Laureiza»: 3 António réunis dans un même destin en Pologne fin 1918.

A l’image des Pays-Bas, la Pologne actuelle compterait également 3 soldats du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) dans un même cimetière. La ville de Czersk, en territoire allemand de l’époque, disposait d’un grand «Kriegsgefangenlager» (camp de prisonniers où environ 1/4 seraient décédés) essentiellement destiné aux Russes et d’un «friedhof» (cimetière) où ont été initialement enterrés plus de 5.000 captifs dont 3 Portugais selon l’état civil de la commune.

A noter, qu’une sépulture portugaise anonyme se trouve également dans le cimetière militaire de Stargard.

Le 09 avril 1918: alors que le temps de la relève est venu pour le CEP, plus de 7.000 de ses membres sont faits prisonniers lors de la Bataille de La Lys, dans le nord de la France. De source allemande, ils auraient été exactement 6.748 soldats et 267 officiers. Toujours d’après ce document (Kriegsgefangene Völker), 164 seraient morts durant leur captivité (dont un officier).

https://archive.org/details/kriegsgefangene00kappgoog/page/n105/mode/2up

 

C’est, bien sûr, sans compter sur la «grippe espagnole» qui a fait plus encore de victimes et, par exemple, sur la route du retour pour nombre de militaires.

Nos trois António du CEP, eux, sont morts avant d’avoir pu quitter le camp où ils travaillaient (usine Schutt). Ils ont été enterrés dans des tombes collectives, par 4 ou 5 avec des Russes et des Italiens (ces derniers ayant été exhumés puis transférés).

Le CICR met à notre disposition sur son site internet différents documents joints ici (fiches de prisonniers, extraits des «Gefangenelisten» et des «Totenlisten», respectivement listes des prisonniers et des morts en allemand). Ces informations viennent recouper celles obtenues par ailleurs.

Le premier, connu là-bas sous le nom d’António «Correio», serait né en 1893 à «Laureiza, Caras». Après des mois de recherche, une seule piste plausible, bien que je ne puisse aujourd’hui donner l’identité de ce soldat avec une certitude absolue. Le prisonnier n°18.795 serait mort le 26 octobre 1918 et enterré sous le numéro 4.763. A la lecture du bulletin d’António Correia, de matricule 60.232, plusieurs rapprochements peuvent être effectués, et notamment en rapport avec sa maladie et le fait qu’il soit mort d’une insuffisance cardiaque. Ce dernier, passé par le camp de Merseburg, était célibataire et originaire de la «freguesia» de Covas (auquel appartient le lieu-dit Loureiro), «concelho» de Tábua, «distrito» de Coimbra.

https://pomorska.pl/jency-sa-bez-granic-nacja-sie-nie-liczy/ar/12621556

 

Mort le 08 décembre 1918, António Pinto Duarte, matricule 21.944, est le deuxième et avait le même âge. Ce sergent célibataire de Cinfães s’est vu attribuer le n°5.062 sur sa tombe.

António Rato, de matricule 23.028, originaire d’Outeiro, Reguengos de Monsaraz, a été emporté, quelques jours après, d’une pleurésie. Il avait 26 ans et on trouve également des traces de son passage à Merseburg, ainsi qu’à Limburg, avant l’arrivée à Czersk.

C’est à Pont-du-Hem que deux d’entre eux ont été capturés.

Qu’ils y soient encore aujourd’hui n’a rien de surprenant, de mon point de vue. Ce qui pourrait, en revanche, étonner est de voir qu’en 1937 le Portugal a établi une liste «Relação dos Militares Sepultados nos Cemitérios de Richebourg l’Avoué, Boulogne s/Mer e Antuérpia*) en y indiquant qu’ils avaient rejoint Richebourg (mes recherches personnelles sur l’origine des 1.831 corps s’y trouvant abondent dans le même sens: aucune exhumation n’aurait été effectuée à Czersk, pas plus que de la Hollande de l’époque). La problématique est donc ici la même qu’aux Pays-Bas et en d’autres lieux, France comprise, qui seront bientôt abordés.

Mes remerciements les plus sincères à Krzysztof Menel qui m’a guidé depuis Varsovie, ainsi qu’à Alicja Marcinkiewicz. Félicitations à Josef Wasiewski pour l’immense tâche accomplie: son livre, «Ksiega Pamieski», en est un des reflets.

Souhaitons qu’un jour tout cela puisse parvenir jusqu’aux proches des trois concernés. Une façon, peut-être, aussi de ne pas les oublier.

 

Christine da Costa

 

(*) Ministério da Guerra, 3ª Direcção Geral (Estado Maior do Exército), Serviço das Sepulturas de Guerra no Estrangeiro, Lisboa, 1937

 

António Rato:

www.memorialvirtual.defesa.pt/Lists/Combatentes/DispFormCombatente.aspx?List=fb2f9ac5%2Dbca8%2D43cd%2D9157%2D615a0b996189&ID=8832

https://grandeguerre.icrc.org/fr/File/Details/2918139/9/2/

https://grandeguerre.icrc.org/fr/File/Details/4986081/9/2/

 

António Pinto Duarte:

www.memorialvirtual.defesa.pt/Lists/Combatentes/DispFormCombatente.aspx?List=fb2f9ac5%2Dbca8%2D43cd%2D9157%2D615a0b996189&ID=8818

https://grandeguerre.icrc.org/fr/File/Details/1108084/9/2/

 

António Correia:

https://arqhist.exercito.pt/details?id=242676&ht=60232

 

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