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Cultura

 

 

Le samedi 7 mai, à l’occasion de la grande nuit de gala Terra Terra qui aura lieu à Montreuil, en banlieue parisienne, Jorge Humberto donnera un concert pour le lancement de son dernier album, « Ojemdia » – titre en langue créole du Cap-Vert, qui signifie « de nos jours ». Il sera accompagné de Cremilda Medina et de plusieurs musiciens, dont Humberto Ramos (piano), avec qui il a réalisé les arrangements de ce CD et où les mornas, coladeras et autre mazurka occupent une place privilégiée.

C’est en 2004, peu après son arrivée en France, avec l’album « Identidade », que le public français découvre Jorge Humberto. En 2009 il lance « Ar de Nha Terra », réalisé dans sa ville natale, Mindelo (île de São Vicente). Puis vient « Arpur », en 2014, où il évoque, dans un style poétique et avec des airs de « blues atlantique », les racines africaines et européennes de son peuple. « Arpur » est suivi de « Nôv’Astral » (nouveau cap), qui est sa première autoproduction.

Nous découvrons dans ce CD un Jorge Humberto plus existentialiste, avec des réflexions personnelles sur son destin, à la recherche d’une plus grande sérénité dans un monde déboussolé où « nous nageons au milieu des requins ». Des réflexions que nous retrouvons en partie dans « Ojemdia ».

Comme des milliers de ses compatriotes capverdiens, Jorge Humberto, chanteur- compositeur, a dû lui-aussi emprunter les chemins de l’émigration. Né en 1959, à Mindelo, Jorge Humberto a d’abord fréquenté le collège des Salésiens, où il a débuté son apprentissage musical, puis, à l’Escola Industrial e Comercial il a suivi une formation en Électricité qui lui a permis de travailler au port de Mindelo.

C’est en 1975, année de l’indépendance de son pays, qu’il a commencé à composer ses premières musiques et à jouer dans les fêtes, comme celle de la Saint-Jean (« sanjon », en créole capverdien), ou bien dans le groupe « Progresso », ainsi qu’à la radio de São Vicente. Il avait 19 ans et dans le quartier de la Baixa de Mindelo, il côtoyait déjà des noms reconnus de la musique capverdienne, comme Vasco Martins, Bana ou Vuginha.

En 1989, après un grave accident de travail, Jorge Humberto part pour se faire soigner à Lisboa. Il finit par y rester et enregistre ses premiers albums musicaux : « Guentá », titre évocateur, venant du portugais « aguenta » – résiste), « Moiabo um consolá » (« Heureux de te voir ») et « Portexperimental ». Ces trois albums vont le faire connaître au Cap-Vert, notamment au célèbre Festival de Baía das Gatas (île São Vicente), puis au sein des Communautés capverdiennes en Europe et aux États-Unis.

Parmi les douze chansons qui composent l’album « Ojemdia », certaines ont été interprétées notamment par Mariana Ramos, Fantcha et Tibo Évora. Sauf deux chansons (« Rua d’Côco d’otrora », évocation d’une des rues les plus populaires de Mindelo, et « Caboverdiana emigrante », en hommage à Cesária Évora), dont les paroles sont de Luiz Silva, toutes les autres ont été écrites et composées par Jorge Humberto.

C’est la coladera « Ponte d’encontro » qui ouvre le bal, avec son rythme rapide bien caractéristique. Suivront quelques chansons rappelant les traditions populaires, comme celle intitulée « Sanjô d’ojemdia », où Jorge Humberto évoque, avec beaucoup d’humour, la fête de la Saint Jean par ces temps de Covid. Ou bien la mazurka « Nha Vicente », un véritable poème à son île natale où l’accordéon vient renforcer le sentiment de saudade. Plusieurs titres abordent des aspects liés à l’émigration ou à la société de Mindelo, comme « Discunfiado », dans laquelle Jorge Humberto se livre à une sorte de double exercice : il chante en créole de Santiago et tente de faire un bilan de son parcours. Enfin, dans « Ojemdia », chanson qui donne le titre de cet album, Jorge Humberto, par ces temps de grands bouleversements et d’incertitudes, lance un appel à la solidarité et à la générosité.

 

Salle de concert

25 rue Émile Zola

93100 Montreuil

 

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