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José do Patrocínio Dias responsable des Aumôniers portugais pendant la I Guerre Mondiale

Cent ans sont passés après l’Armistice de la Grande Guerre.

José do Patrocínio Dias est un personnage qui mérite d’être connu par son action auprès des soldats portugais du CEP et pas seulement.

Né au sein d’une famille traditionnelle chrétienne, il était fils de Claudino Dias Agostinho Rosa, enseignant d’école primaire et de Claudina dos Prazeres Presunto.

Il est né à Covilhã le 23 juillet 1884, au 45 rue Nuno Álvaves Pereira et est décédé le 24 octobre 1965 à Fátima. Son corps repose à l’intérieur de la Cathédrale de Beja.

 

L’histoire d’une vie

Il a été ordonné prêtre le 21 décembre 1907 à Guarda.

De sa biographie fait partie l’information selon laquelle il a été fait prisonnier pendant les premières années du régime Républicain.

Par la Loi 2942, le 18 janvier 1917 est cré le service religieux aux soldats du CEP. Le 02 février de cette même année, José do Patrocínio Dias demande à être admis au sein des Aumôniers devant suivre vers les terres de Flandres. Sa demande lui est accordée. Le 16 mars 1917 il embarque pour la France. Il reviendra au pays, avec bonne partie du Régiment d’infanterie 15, à bord du navire Pedro Nunes, le 11 mai 1919, après avoir demandé à être démobilisé la veille de son départ. Il débarque à Lisboa 3 jours après.

Arrivé sur le champ de bataille, et au vu de ses qualités, il est nommé Responsable des Aumôniers le 23 avril, après consultation du Général Tamagnini.

Les honneurs, après la Guerre et les années qui sont suivre, ont été nombreux: il a été décoré pour les services rendus pendant la 1re Guerre, de la Croix de Guerre, 2ème classe, le 22 juillet 1919. Il a reçu la Médaille d’Argent de la classe de Bons Services en Campagne, le 31 décembre 1932 il est remercié avec la Grande Croix de l’Ordre de Benemerencia et le 11 mai 1946 est la date qui marque sa décoration de la Croix de l’ordre Militaire du Christ.

Deux ans après son retour au Portugal, il est nommé Évêque dans la Cathédrale de Guarda.

Des perturbations sociales et politiques dans la région de sa nomination, le conduisent un peu plus vers le sud. Il ne prendra sa fonction d’Évêque que le 5 février, à Beja, région de l’Alentejo.

Il écrira quelques années après: «Étant né dans les terres de Beira, je suis aujourd’hui Alentejano, je suis de Beja. Je ne peux plus écrire mon nom sans ajouter le nom de cette ville. Le ciel me l’a confiée. Avec elle, je m’identifierai jusqu’à mon immolation totale».

Il gardera toutefois, sa ville de naissance, Covilhã, toujours dans son cœur. C’est là qu’il passera ses vacances d’été, à Quinta do Ribeiro Negro, venant y rejoindre son neveu historien, Luiz Fernando Carvalho Dias.

Lors du cinquantenaire de sa mort, Covilhã se souviendra de lui. Un hommage lui est rendu. Une exposition dans le Musée d’Arte Sacra lui sera consacrée.

 

Son rôle au sein du Corpo Expedicionário Português

On sait que José do Patrocínio Dias a des écrits et réflexions sur la participation portugaise à la 1ère Guerre, toutefois l’Archevêché de Beja garde précieusement ces écrits.

Le jour de la Bataille de la Lys, il est de service à l’hôpital de Saint Venant. Il y restera pour soigner, malgré les dangers qui l’entourent. Le 10 avril ne restent à l’hôpital, pour apaiser douleurs, que lui et deux autres soldats, alors que les médecins qui y faisaient du service reculent vers l’arrière.

Dès le 10 avril il demande à enterrer les morts. Finalement le 16 avril il est envoyé vers le Q.G de la 2ème division.

Voyant l’état de troupes portugaises dès les premières heures de la Bataille de La Lys, il dira, lui qui était toujours prêt à encourager, à écouter: «après une résistance héroïque, le secteur portugais vient d’être écrasé mais non vaincu… Dans les hôpitaux il n’y a plus de lits disponibles, les victimes du feu ennemi n’arretent pas d’arriver, les uns demandent du secours, d’autres exaltent le dernier soupire, la soif dévore les corps. Les informations inquiètent, la marche de l’ennemi effraye, le bombardement incessant énerve même les plus forts. Tout cela je vois dans une lugubre et indescriptible vision».

Après la Bataille de La Lys, le 15ème Bataillon rejoint le 9ème. On retrouve ce dernier entre la mi-octobre et la mi-novembre dans les villages qui vont constituer Villeneuve d’Ascq dans les années 1970. Les portugais et les anglais libéreront Villeneuve d’Ascq juste avant l’Armistice, en octobre et novembre 1918.

C’est également dans cette ville qu’on retrouvera les traces de José do Patrocínio Dias, le 22 octobre 1918. Il y séjourna jusqu’à la mi-novembre chez la famille Artzet.

Ayant tissé des liens d’amitié avec le Curé d’Ascq, l’Abbé Roger, on retrouvera des correspondances entre ces deux hommes de l’église. Écrits riches d’enseignements, témoignages et ressentis de l’époque.

Dans un courrier envoyé à l’Abbé Roger, il exprime son sentiment éprouvé lors de son passage à Villeneuve d’Ascq: «Oh que de vives et inoubliables émotions, que d’ineffaçables regrets, je retiens encore de ces jours fugitifs et pleins d’enthousiasme d’après la réoccupation pendant lesquels j’ai pu admirer l’antique courage, l’inébranlable foi des Français en la victoire de la Patrie de Dieu. Tant de victimes, hélas, ont dû être immolées sur l’autel de la patrie. Mais leur sacrifice n’a pas été inutile, quoiqu’en disent les pessimistes qui voient les traités sophistes et la victoire sabotée. La guerre a duré si longtemps que tous les peuples en sont plus ou moins profondément ruinés».

Il dira plus tard, à titre de confession: «Dans l’enfer de la vision sinistre, j’ai appris à mieux comprendre l’homme, même le plus civilisé. C’est seulement en Dieu qu’on peut rencontrer l’hauteur pour l’esprit, la lumière et la peur de notre conscience. En rentrant au pays, des champs de bataille, je me suis senti plus dévoué aux hommes».

 

Une œuvre qui restera

En tant qu’Évêque de Beja, il fera la liaison entre le peuple, les institutions et le pouvoir. Il laissera une œuvre immense: le Séminaire de Beja, le Palais Épiscopal, le Couvent du Sacré Cœur de Jésus, le quartier de Notre Dame de la Conception pour y loger les pauvres… il crée je Jornal de Notícias de Beja, entre autres.

José do Patrocínio Dias était très apprécié à Beja. On dit de lui qu’il avait un véritable sens de l’humour. Son ami, le Prêtre Manue Alves, raconte: «J’ai accompagné José Sines chez des sœurs veuves, riches propriétaires de liège du côté d’Abela. L’Évêque José Patrocínio avait demandé une somme non négligeable aux sœurs veuves. Une d’elles aurait répondu que le prix du liège était très bas. L’évêque rétorqua par: «Mesdames, on n’a jamais vu le liège au fond». Les sœurs finissent par comprendre l’allusion de Dom José do Patrocínio. Elles finiront par signer un chèque d’un montant assez conséquent.

Deux livres ont été édités sur José do Patrocínio Dias. Le premier, le plus ancien, a pour titre: «Don José do Patrocínio Dias, Bispo-Soldado» de C. J. Gonçalves Serra. Le deuxième, édité en 2013, s’intitule: «Dom José do Patrocínio Dias, o homem, o militar e o Bispo restaurador da Diocèse de Beja». L’auteur de ce dernier, Luís Miguel Taborda Fernandes, dira de lui: «Sans cesser d’être un homme de son temps, D. José était un homme de consensus et cherchait à établir des ponts entre l’Église, le pouvoir central et les forces locales, son but étant de générer des synergies susceptibles de se traduire par des réponses concrètes aux problèmes des populations les plus vulnérables des Terras Transtaganas (Alentejo)».

José do Patrocínio Dias, un homme, un soldat exemplaire, un Évêque généreux… un inventeur de progrès.

 

 

 

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