Livre féministe «Em tempo de guerra» d’Ana de Castro Osório, traduit en français par Fátima de Castro

Cultura



L’Ambassade du Portugal à Paris vient de concevoir un catalogue en ligne (voir ICI) des écrivains portugais, traduits et/ou édités en France, depuis 50 ans. Parmi les livres figure «En temps de guerre» écrit par Ana de Castro Osório (1872-1935) et paru à Lisboa en 1918. 100 ans après, le livre de cette journaliste, écrivaine pour enfants, féministe, est traduit en français par Fátima de Castro.

Fátima de Castro a étudié les lettres à La Sorbonne, a participé à des travaux de traduction concernant le regard portugais porté sur les cultures étrangères, en Égypte, en Éthiopie. Traduire le livre d’une écrivaine portugaise féministe du début du 20ème siècle, est une réponse au questionnement : «Pourquoi les Portugaises n’ont-elles pas suivi le mouvement féministe au début du 20ème siècle?».

Avec la participation du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) à la I Guerre mondiale, des femmes déterminées se sont fait entendre. Le livre, également recueil d’articles de l’époque, s’en fait l’écho. Fátima de Castro présente brièvement Ana de Castro Osório et la traduction, dans l’émission Parenthèse de France Art TV en 2019 (voir ICI).

La guerre en Europe est officiellement déclarée au Portugal par l’Allemagne en mars 1916. Dès le début des hostilités la voix d’Ana de Castro Osório s’élève dans le pays. Elle exhorte les femmes portugaises à participer à la lutte contre l’ennemi, et à changer la société. Elle est secrétaire de rédaction d’un journal de Lisboa créé en décembre 1915, «A Semeadora», journal de défense des droits de la femme. L’éditeur du journal est une femme, Antónia Bermudez, l’Administratrice, Albertina Benicio. «Défendre les droits de la femme c’est défendre la civilisation, la justice et la vérité. La femme portugaise se doit de laisser une trace, de témoigner de son passage dans la vie sociale, de préparer l’avenir».

Les femmes des pays belligérants, en France, en Angleterre, ont montré des qualités, des compétences professionnelles qui leur permettent de réclamer des droits. Elles ont davantage marqué les mémoires que les femmes du sud, perçues comme socialement effacées derrière un patriarcat.

Les écrits d’Ana de Castro Osório témoignent qu’un mouvement de femmes a bien eu lieu, également au Portugal. A la mobilisation des hommes, les femmes ont répondu par la création de la Commission féminine «Pour la Patrie» (CMPP), puis la création de «La Croisade des femmes portugaises» (CMP) pour montrer leurs compétences à administrer les fonds d’associations de bienfaisance. Le «En avant» répété deux fois en guise d’introduction est une urgence à travailler, à transmettre que la coopération de la femme est précieuse en ce début de 20ème siècle.

Des campagnes de mobilisation sont créées pour collecter des dons, fabriquer et distribuer des vêtements, apporter un soutien aux familles des militaires et prisonniers de guerre, aider les militaires blessés et mutilés, organiser les premiers cours de formation en soins infirmiers… Développer les compétences professionnelles des femmes, afin qu’elles puissent obtenir leur autonomie économique.

Hymne au patriotisme, à la langue, à l’histoire, à la littérature, à l’art. Féminisme combattive pour le travail de la femme, reconnue à sa juste compétence, et pas seulement celui d’une mère ou d’une épouse, ces mots d’Ana de Castro Osório sont à lire dans le livre traduit par Fátima de Castro.

«En temps de guerre – Aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918)»

Collection Mondes lusophones

Editions L’Harmattan, 2018.

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