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Paru en 2008, cet album «Mulheres ao espelho» propose dix fados de facture classique (accompagnement par une viola et une guitarra portuguesa) et un poème déclamé a cappella en fin d’opus, constituant une surprise. J’y reviendrai.

Après un premier morceau laborieux, le disque démarre vraiment au deuxième morceau, «Princesa Prometida», porté par un rythme endiablé, joyeux et convaincant. Ouf! L’auditeur est rassuré.

La suite propose de vraies réussites et quelques perles. Parmi les premières, outre le morceau cité, nous trouvons «Não vou, não vou», au tempo médium efficace mettant en valeur la voix ici prenante d’Aldina, notamment quand elle chante le titre de la chanson en fin de couplets. La même émotion traverse le morceau suivant («Uma Amante») pourtant plus lent.

Dans les perles, je classe sans hésiter le seul morceau enrichi par la contrebasse de Carlos Manuel Proença, «A rua mais lisboeta». Le rythme y est vif, enlevé par les liaisons opérées entre les parties par cette contrebasse. J’y mets aussi «Quadras do amor errante» (Quatrains pour un amour perdu), un poème de la célèbre poétesse d’aujourd’hui, Maria do Rosário Pedreira, dont les deux derniers vers de chaque partie sont répétés au chant. Ce type de tempo médium convient bien aux intonations données par l’interprète au fil des mots.

Puis le disque se referme sur la surprise du chef réservée à l’auditeur par Aldina. Sur ce texte de Maria do Rosário Pedreira, à mi-chemin entre le poème habituel et la prose, la fadista laisse sa place d’interprète à l’auteure. C’est Maria do Rosário Pedreira qui dit le texte a cappella avec précision et une certaine émotion. Superbe cadeau de la chanteuse à la poétesse qui lui offre trois textes dans ce disque.

Sur l’ensemble de l’enregistrement, les deux musiciens qui soutiennent l’interprète sont excellents et connus: Carlos Manuel Proença à la viola et à la viola-baixo et José Manuel Neto à la guitarra portuguesa. Aldina Duarte signe quatre textes, Maria do Rosário Pedreira en offre trois, les musiques étant de dix compositeurs différents.

Il faut souligner l’excellente qualité du livret intérieur, en couleurs, reproduisant tous les textes avec les mentions techniques nécessaires à la bonne appréciation de ce travail.

Ce disque est très bon, même si la facture classique de l’enregistrement aurait pu être utilement complétée par une présence plus fréquente de la contrebasse, instrument qui procure plus de relief et de profondeur au son restitué à l’écoute. Je précise que dans sa dernière réalisation, «Romance(s)» de 2015, Aldina Duarte présente un coffret de deux CD. Si le premier est là aussi classique, le second utilise de nombreux instruments modernes (guitare électrique, claviers, percussions entre autres) sur les mêmes morceaux que le premier CD, offrant de la sorte, deux visions très différentes des mêmes œuvres.

 

«Mulheres ao espelho»

Aldina Duarte

Disques Roda-la music (2008)

 

 

 

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