«Soleils de Paris», une solidarité franco-portugaise au service des plus démunis


L’association franco-portugaise «Soleils de Paris» organisera son premier gala de charité le samedi 21 novembre au Calypso, à Champigny-sur-Marne (94). Pour célébrer ses deux ans, 200 personnes sont attendues lors d’une soirée qui affiche déjà complet. L’objectif est aussi de récolter des fonds pour financer les maraudes et les différentes actions menées auprès des personnes en situation de précarité.

À quelques semaines de ce premier gala, Eleonor Patrício, Présidente de «Soleils de Paris», a accepté de répondre aux questions du LusoJornal. Elle revient sur la naissance de l’association, son lien avec la Communauté portugaise, ses actions et ses projets.
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Comment est née l’association «Soleils de Paris»?

Tout a commencé en mars 2024, pendant le Carême. J’avais vraiment envie de profiter de cette période pour faire une bonne action et faire quelque chose de concret pour les autres. Nous avons commencé simplement, avec un petit groupe de personnes, à faire des distributions aux personnes à la rue. À ce moment-là, «Soleils de Paris» n’était pas encore une association. Comme les distributions ont continué et que les mêmes personnes étaient toujours présentes, je me suis dit que nous pouvions aller plus loin. J’ai suivi une formation sur la création et le fonctionnement d’une association, puis j’ai recontacté toutes les personnes présentes depuis le début. Nous avons organisé une réunion, rédigé les statuts ensemble et tout le monde m’a suivie dans le projet. «Soleils de Paris» a officiellement vu le jour en septembre 2024.

Quelle est aujourd’hui la principale mission de l’association?

Notre principale mission reste l’aide aux personnes en situation de précarité, notamment à travers les maraudes et les distributions. Mais pour nous, il ne s’agit pas seulement de donner un repas ou un sac. L’échange humain, l’écoute et la dignité des personnes sont vraiment importants. Aujourd’hui, nous avons environ 45 bénévoles au total, dont une trentaine d’adhérents cotisants. Tout le monde n’est évidemment pas disponible à chaque action, donc nous essayons constamment de renforcer notre équipe.

Vous venez en aide à environ 250 personnes chaque mois. Comment se déroulent vos maraudes?

Nous organisons deux maraudes principales chaque mois. À Paris 16ème, nous rencontrons généralement une trentaine de personnes. La maraude est plus petite et permet beaucoup d’échanges individuels. À République, nous préparons des distributions beaucoup plus importantes, avec plus de 200 personnes rencontrées selon les soirées. Nous distribuons principalement des repas, des boissons, des vêtements, des produits d’hygiène et des produits de première nécessité. En hiver, les vêtements chauds, les couvertures, les chaussettes et tout ce qui permet de lutter contre le froid sont particulièrement importants.

Quelle place occupe la communauté portugaise au sein de «Soleils de Paris»?

Je serais incapable de donner un chiffre exact, car nous ne demandons évidemment pas l’origine de nos bénévoles, mais la majorité de l’équipe est portugaise ou franco-portugaise. Nous avons aussi beaucoup de bénévoles qui ne sont pas portugais du tout et nous aimons plaisanter en disant qu’à force d’être avec nous, ils deviennent un peu portugais dans le cœur! Je suis moi-même d’origine portugaise et une grande partie des personnes qui m’ont accompagnée au début l’étaient également. Mais l’association n’a jamais été réservée à la Communauté portugaise. Elle est ouverte à tout le monde et vient en aide aux personnes sans distinction d’origine ou de nationalité.

Avez-vous déjà développé des liens avec d’autres acteurs de la Communauté franco-portugaise?

Oui, énormément. Cap Magellan est notamment devenu un véritable partenaire de l’association. Nous avons déjà réalisé une maraude ensemble et ils nous accompagnent régulièrement dans la communication autour de nos actions. Nous participons également au Festival do Emigrante, nous avons travaillé avec Les Merveilles du Portugal et participé au projet intergénérationnel «Sonhos sem Idade», porté par la Fondation Nova Era Jean Pina. Pour notre gala, beaucoup d’entreprises, de commerçants, d’artistes et d’acteurs de la Communauté franco-portugaise se sont également mobilisés.

Pourquoi avoir choisi d’organiser ce premier Gala de Charité pour vos deux ans?

Nous voulions bien sûr célébrer les deux ans de «Soleils de Paris», mais surtout faire connaître davantage l’association, toucher des personnes qui ne nous connaissaient pas encore, éventuellement recruter de nouveaux bénévoles et surtout récolter des fonds pour financer nos prochaines actions. Sur la partie visibilité, c’est déjà une réussite parce que, parmi les 200 personnes attendues, la majorité ne fait pas partie de l’association. Certaines personnes nous ont découvertes uniquement grâce au gala. C’est assez fou d’ailleurs, parce que certains de nos propres bénévoles n’ont même pas eu le temps d’acheter leur billet avant que nous soyons complets!

Les 200 places sont déjà parties. Vous attendiez-vous à un tel succès?

Absolument pas! Pour un premier gala, nous ne savions vraiment pas comment le public allait réagir. Aujourd’hui, les 200 places sont parties et nous sommes extrêmement contents de cet engouement. Ce qui nous touche encore plus, c’est de constater que beaucoup de personnes qui ont acheté leur billet ne connaissaient pas forcément «Soleils de Paris» auparavant. Cela montre que nous pouvons toucher un public beaucoup plus large que notre cercle habituel de bénévoles, adhérents et partenaires.

Que retrouvera-t-on lors de cette soirée?

La soirée comprendra un accueil, un dîner, des prestations artistiques, une tombola solidaire et une soirée dansante. Nous aurons notamment la participation de DJ David Moka, Samuel Levoisin, Cláudia Costa, Christophe Malheiro, Tereza Carvalho, PDM, Mocidade do Norte, IN’PREVISTOS, MC Dany et DJ Luciano. La Communauté franco-portugaise sera donc très présente, aussi bien parmi les artistes que parmi les partenaires et les invités.

À quoi serviront concrètement les fonds récoltés?

Ils serviront directement à financer les actions de l’association: les repas pour les maraudes, les denrées alimentaires, les produits d’hygiène, les vêtements, le matériel et nos différentes distributions. Le but est vraiment de pouvoir augmenter notre capacité d’action, avoir davantage de stock et aider plus de personnes.

Quels sont maintenant les prochains projets de «Soleils de Paris»?

Notre prochain gros projet sera notre distribution de Noël, qui est probablement la plus grosse distribution de l’année pour nous. Nous préparons environ 200 sacs de Noël pour les personnes à la rue, avec des chocolats, des vêtements, des produits d’hygiène, des produits chauds et différentes petites attentions. Pendant le Festival do Emigrante, nous avons également demandé aux festivaliers d’écrire de petits mots de soutien. Ces messages seront glissés dans les sacs de Noël distribués aux personnes à la rue. Je trouve que cela apporte un côté encore plus humain à la distribution.

Et à plus long terme, quelles sont vos ambitions?

Nous aimerions surtout avoir les moyens de faire davantage d’actions et d’aider davantage de personnes. Aujourd’hui, une vraie difficulté est la logistique. Nous avons une petite voiture et transporter les repas, les vêtements, les produits d’hygiène et tout le matériel devient vite compliqué. L’un de nos grands objectifs serait donc de pouvoir avoir un jour une camionnette. Et le rêve serait vraiment d’obtenir un local permanent pour stocker notre matériel, préparer les distributions et avoir un véritable point de base pour l’association. Nous voulons aussi développer davantage les collectes alimentaires et renforcer nos équipes. L’objectif est de pouvoir aider toujours plus de personnes, tout en conservant l’ambiance familiale et intergénérationnelle qui fait aujourd’hui l’identité de «Soleils de Paris».

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