TifoArt : un projet né de la Saudade pour les Portugais qui ont grandi entre deux pays

Comment afficher ses origines portugaises sans tomber dans les clichés ? C’est la question que s’est posée José Alves en lançant TifoArt avec ses frères, un projet créatif mêlant design, culture portugaise et identité diasporique. Créée en 2025, ce projet s’adresse à tous ceux qui, comme lui, ont grandi entre la France et le Portugal et cherchent une manière moderne d’exprimer leur attachement à leurs racines.

Originaire de Miranda do Douro, dans le nord-est du Portugal, José Alves est arrivé en France à l’âge d’un an. Comme de nombreux enfants de l’immigration portugaise, il a grandi entre deux cultures. Aujourd’hui retoucheur photo indépendant à travers son entreprise Atelier Oito, il a décidé de mettre ses compétences de graphiste au service d’un projet plus personnel. «TifoArt est né de la Saudade», explique-t-il. Derrière cette expression difficilement traduisible se cache l’idée d’un lien affectif profond avec le Portugal. Un attachement qu’il souhaitait retranscrire à travers des créations contemporaines, loin des représentations folkloriques souvent associées à la culture portugaise. «Je voulais créer quelque chose pour ceux qui ont grandi entre deux pays, porter le Portugal sans crier, avec élégance et discrétion», résume-t-il.

Le projet s’inscrit dans une période où de nombreux jeunes descendants de l’immigration portugaise revendiquent de plus en plus ouvertement leurs origines. José Alves observe ce phénomène lors des grandes fêtes portugaises organisées en France. «C’est beau de voir cette jeunesse revendiquer ses origines, même quand certains ne parlent plus portugais», confie-t-il. Avec TifoArt, il a choisi une autre voie : proposer des créations inspirées du Portugal mais pensées dans un langage graphique contemporain. Le football, la culture populaire, l’histoire du pays ou encore les symboles nationaux nourrissent son univers visuel. Les œillets de la Révolution du 25 Avril, les hirondelles portugaises ou encore certaines références aux villes et aux paysages du pays se retrouvent régulièrement dans ses créations.

TifoArt ne se limite pas au textile. Si la marque propose des t-shirts, casquettes ou sacs, elle développe également des mugs, des affiches décoratives et d’autres objets inspirés de la culture portugaise. «L’idée est de retrouver une identité portugaise dans chacune des créations», explique José Alves. Parmi les projets qui lui tiennent particulièrement à cœur figurent les posters de villes portugaises, devenus l’une des signatures du projet. José Alves a également publié un petit livret gratuit intitulé «Filhos da emigração», consacré à l’expérience de celles et ceux qui ont grandi entre deux pays et deux cultures.

Dès le lancement de TifoArt, José Alves a fait un choix important : celui de l’impression à la demande. Contrairement aux marques traditionnelles, aucun stock n’est constitué à l’avance. Chaque produit est fabriqué uniquement lorsqu’une commande est passée. «Je ne voulais pas me retrouver avec des cartons de vêtements invendus», explique-t-il. Ce modèle permet également de limiter le gaspillage tout en facilitant la diffusion internationale de la marque. Grâce à un réseau d’ateliers implantés dans plusieurs pays, les produits sont imprimés au plus près du client, qu’il vive en France, au Portugal ou aux États-Unis.

Officiellement créée le 17 avril 2025, la boutique en ligne (découvrez ICI) a ouvert quelques mois plus tard, le 16 août, après un important travail de conception graphique et de développement numérique. Aujourd’hui, TifoArt compte déjà près de 130 créations. Et les idées continuent d’affluer. «Ça évolue constamment. Certaines créations changent, d’autres arrivent. J’ai toujours de nouvelles idées», raconte José Alves. Parmi les prochains développements figurent de nouvelles collections inspirées des villes portugaises, de la Coupe du monde de football ou encore de l’univers des enfants.

Plus qu’une marque, José Alves préfère parler d’un projet culturel. Son ambition n’est pas seulement de vendre des objets, mais de raconter le Portugal à travers le design. «Continuer à raconter le Portugal, pièce par pièce», résume-t-il. Une manière de donner une forme visuelle à cette identité hybride partagée par des milliers de Franco-Portugais, tiraillés entre deux pays mais profondément attachés aux deux.

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