Alexandre Lard

Zoé de Sousa et Alexandre da Silva dans «On dirait que le soleil» : un spectacle sensoriel total

Après son passage remarqué à La Rose des Vents, le spectacle «On dirait que le soleil» sera présenté au Le Phénix, à Valenciennes le 12 mai, à 20h00, et le 13 mai, à 19h00.

Une création sensorielle imaginée par Mylène Benoit, mêlant danse, lumière, voix et perception des sens.

Assister à la pièce «On dirait que le soleil» à La Rose des Vents fut pour nous une expérience profondément marquante. Ce spectacle démontre avec force que le théâtre peut devenir accessible à tous, y compris aux personnes dont un des sens est absent ou diminué.

Tout est pensé pour guider le spectateur. Le non-voyant comprend grâce à la parole, à la musique, aux vibrations et aux descriptions orales. Celui qui perçoit un peu la lumière suit les variations lumineuses qui s’intensifient au rythme des voix et des sons. Sur scène, 27 projecteurs créent une véritable danse lumineuse faite d’ondulations et d’éclats plus ou moins intenses.

Les sons surgissent d’ici et là : bruissements, vibrations, chuchotements. Les yeux sont en éveil, l’ouïe aussi. Les non-voyants, les sourds, les personnes autistes suivent le spectacle à leur manière, mais nous aussi, avec nos cinq sens en alerte permanente.

Les phrases prononcées par les comédiens défilent également sur une partie de la scène afin de permettre aux malentendants de suivre pleinement l’action.

Sur scène, Hugo Daubresse ouvre le spectacle avec une danse complexe et précise, décrite oralement au public, ainsi qu’écrite. À un moment, nous mettons même une visière devant nos yeux afin d’imaginer ce qui se passe sans la vue, pour essayer de percevoir, de donner plus de sens à un de nos sens par rapport à celui volontairement caché, annulé.

Puis entre Odil Gerfaut. Non-voyant, il parle tout en se déplaçant sur scène avec une aisance impressionnante. Nous sommes bluffés.

Enfin, Zoë de Sousa passe du chant à la danse avec une grande fluidité.

Tous trois livrent une chorégraphie saisissante : les yeux bandés, ils dansent, se croisent, se frôlent parfois de très près sans jamais se heurter. Une performance fascinante.

Depuis les rangs supérieurs, nous distinguons au sol des lignes discrètes, nous supposons qu’ils sont, qu’ils servent de fil conducteur. À la fin du spectacle, Mylène Benoit expliquera qu’il s’agit de repères tactiles permettant à Odil Gerfaut de s’orienter grâce au contact de ses pieds avec ces marquages.

Le spectacle évolue souvent dans une quasi-obscurité, brusquement traversé par des éclats lumineux déclenchés par les voix des artistes.

Mais «On dirait que le soleil» est bien plus qu’un spectacle de danse, c’est une expérience sensorielle totale, une œuvre profondément humaine qui s’affranchit des codes classiques de la représentation.

Une création universelle, portée notamment par les artistes lusodescendants Zoë de Sousa et Alexandre da Silva, qui laisse une empreinte durable dans l’esprit du spectateur.

Le Phénix est un lieu culturel incontournable du Valenciennois. Inaugurée en 1998, toute la saison, le Phénix défend une programmation pluridisciplinaire où se rencontrent théâtre, danse, musique et performances contemporaines en développant également des ateliers participatifs ouverts aux habitants. Depuis 2025, il est devenu un Pôle international de Production et de Diffusion.

Avec «On dirait que le soleil», Mylène Benoit et ses artistes proposent bien plus qu’un spectacle de danse : une véritable aventure sensorielle et humaine. Pendant une heure, le public apprend à écouter autrement, à regarder différemment, à ressentir chaque vibration, chaque lumière, chaque mouvement.

Accessible aux voyants comme aux non-voyants, aux entendants comme aux malentendants, cette création bouleverse les habitudes du spectacle vivant et rappelle combien nos sens sont essentiels pour percevoir le monde qui nous entoure.

Rarement une œuvre nous aura autant fait prendre conscience de l’importance de l’écoute, du toucher, de la lumière et du mouvement. Un spectacle original, inclusif et profondément émouvant, qui mérite d’être découvert au Le Phénix, les 12 et 13 mai.

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Le 12 mai à 20h00 et le 13 mai à 19h00

Le Phénix

Scène Nationale Valenciennes

Boulevard Henri Harpignies

59300 Valenciennes

Tel.: 03.27.32.32.32

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