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Née en Ukraine, en 1920, dès l’âge de deux ans Clarice Lispector connaît l’exil au Brésil, avec ses parents. Elle publie son premier roman, «Près du cœur sauvage», alors qu’elle n’a pas vingt ans. Son œuvre est constituée de fictions, de chroniques, de contes et surtout de nouvelles, l’art dans lequel elle excelle.

Bien nommée «princesse de la langue portugaise», s’appuyant sur un vocabulaire flamboyant et une écriture d’une grande précision, ses textes sont souvent imprégnés de spiritualité. Clarice Lispector est décédée à Rio de Janeiro, en 1977, à la veille de son 57ème anniversaire.

Publié en édition bilingue, «Comment sont nées les étoiles / Como nasceram as estrelas» (éd. Des femmes, Paris, 2005), ce petit livre de Clarice Lispector présente douze légendes brésiliennes (une légende pour chaque mois de l’année, telle est l’organisation du recueil), traduites par Jacques et Teresa Thiériot et magnifiquement illustrées par Heloisa Novaes, peintre brésilienne qui vit à Paris.

Les douze histoires de «Comment sont nées les étoiles», écrites en 1978 pour le calendrier d’une fabrique de jouets, sont des textes courts et fantastiques, caractéristiques de différentes régions du Brésil, inspirés notamment des légendes indiennes, comme par exemple celle de «Uma festança na floresta / Une fête dans la forêt», dont voici le début, en portugais et en français:

“Estamos no mês de junho, as fogueiras de São João se acendem, balões sobem, já há friozinho e aconchego. Dá para comer batata-doce à meia-noite com café tinindo de quente. Mas me disseram que a festa não é só nossa. Pois não é que ia haver uma festa da bicharada na selva? E calculei que isso acontecesse no mês de nossos próprios folguedos. Pelo menos é o que garantem os índios da tribo Tembé. Foi assim: os animais das matas até que estavam ocupados e calmos em relação a seus deveres, pois o dever do animal é existir. Mas eis senão quando surgiu no ar um boato que logo se espalhou alvissareiro num diz-que-diz assanhado. Vinha esse boato trazido pelo canto do sabiá. Como o sabiá, a quanto se sabe, canta pelo mero prazer de cantar, ficaram os bichos em dúvida sobre se era ou não verdade”.

“Nous sommes au mois de juin, les feux de la Saint-Jean s’allument, des ballons montent dans le ciel, l’air est plus frais et l’on se sent frileux. C’est le moment de manger des patates douces à minuit et de boire un café bien chaud. Mais on m’a dit que nous ne sommes pas les seuls à faire la fête. Les animaux de la forêt allaient eux-aussi festoyer et je me suis rendu compte que toutes nos réjouissances auraient lieu ce même mois. En tout cas, c’est ce que garantissent les Indiens de la tribu Tembé. Et que s’est-il passé ? Les animaux étaient calmes, soucieux de leur devoir, et le devoir d’un animal est d’exister. Mais soudain a voltigé dans l’air une jaserie qui s’est répandue en un clin d’œil, s’est changée en rumeur étourdissante. Et c’est le chant du sabiá qui l’apportait. Mais comme le sabiá, selon ce que l’on sait, chante pour le simple plaisir de chanter, les animaux se sont demandé s’il fallait ou non croire l’oiseau»

Parmi les autres histoires citons «A perigosa Yara», «Le petit Noiraud de la pampa» ou bien «Comment sont apparus les animaux».

Bilingue, ce recueil permettra au lecteur lusophone comme au lecteur non lusophone d’apprécier, à des degrés différents, l’extrême sensibilité et la beauté de l’écriture de Clarice Lispector.

 

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