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Le Portugal, la France et le monde ont perdu un grand homme en la personne du Maître Eduardo Lourenço.

Il nous a quitté, a tiré sa révérence le 1er décembre 2020, le jour anniversaire des 380 ans de la révolte populaire, la restauration de l’indépendance du Portugal, le 1er décembre 1640, contre la domination des Rois d’Espagne sur le territoire lusitanien.

En ce 1er décembre 2020, mon cœur est triste. Je pleure la perte d’un ami, d’un écrivain, d’un penseur hors normes, d’un poète, d’un philosophe, d’un grand essayiste, d’un critique littéraire, d’un spécialiste de l’œuvre et de la pensée de Fernando Pessoa et qui détenait tant d’autres talents.

Mais notre ami Eduardo Lourenço était aussi un intellectuel engagé avec son esprit critique et son combat contre la dictature de Salazar entre 1926 et 1974.

Il dut quitter son pays en 1953 pour se réfugier au Brésil, puis en Allemagne et enfin en France dès 1960 à Nice et ensuite en Provence.

Je salue le Maître en littérature, le penseur, le philosophe et le critique littéraire.

Il fut un rossignol de la plume, il savait comme personne faire chanter les mots, les faire vibrer et vivre.

Il savait enchanter ses lecteurs, séduire et passionner son public de ses cours, ses conférences, ses livres et sa manière d’être à l’écoute.

Il avait l’art de transmettre le savoir, sa pensée avec conviction, avec passion et une grande simplicité.

Il nous permettait de nous élever, de nous émerveiller, de nous rendre intelligents et réceptifs.

Il était pour moi une de ces étoiles qui nous guident, qui éclairent notre chemin, nous aident à comprendre avec des mots simples la complexité du monde, de la société et de notre identité.

Eduardo Lourenço était un écrivain, un penseur porteur de valeurs universelles, un européen convaincu, un homme très proche de ses semblables tout en restant attaché à ses origines, à sa terre natale, aux siens.

Il était habité par un sourire lumineux, une grande proximité, une grande disponibilité qui le rendait attachant, attendrissant, fraternel… qui nous faisait nous sentir des siens dans une sorte de communion fraternelle.

J’ai eu l’immense privilège d’avoir pu faire sa connaissance dès le début des années 80, grâce à deux amis que nous avions en commun. J’ai ainsi pu l’écouter, le lire et assister à plusieurs de ses conférences dans des villes telles que Fundão, Bordeaux, Paris ou Lisboa.

Fernando Paulouro das Neves, Directeur du Journal du Fundão, écrivain et journaliste, a souvent accueilli dans ses colonnes et ses manifestations cette figure régionale de la Beira Interior.

Notre ami nous faisait la joie de sa présence, fidèle aux manifestations rendant grâce à la littérature portugaise organisées par Sylviane Sambor des éditions Escampette au travers des manifestations bordelaises et aquitaines «Carrefour des littératures» et «Le Printemps des poètes».

Merci à eux deux de m’avoir permis de le rencontrer.

Le Portugal lui rend hommage. Le Président de la République portugaise, Marcelo Rebelo de Sousa et le Premier Ministre du Portugal, António Costa ont décidé d’un deuil national pour honorer la mémoire de ce noble Portugais, cet Européen convaincu, cet ami de la France.

J’ai regretté que les autorités françaises n’aient pas su rendre l’hommage mérité à cet homme, passionné, amoureux de la France, de sa culture, de son esprit critique, de son goût pour la liberté. Cette terre de France qui est devenue sa deuxième patrie par passion, par union et par amour professionnel.

Une étoile brillante et lumineuse s’est éteinte, un géni s’en va, il nous restera pour toujours sa pensée, ses livres et sa mémoire inoubliable.

 

Opinião
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