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António Zambujo, le «gendre idéal», Ana Moura, la «sexy girl», mais pas que, sont deux figures majeures du fado d’aujourd’hui, membres de cette «nouvelle génération du fado» particulièrement riche en talents. Plus vraiment nouvelle par la chronologie, puisque tous deux ont passé le cap de la quarantaine (depuis quelques jours seulement pour Ana), mais toujours nouvelle pour ces deux artistes qui, chacun à leur manière, ont pris avec le fado des chemins de traverse, parfois éloignés, ce qui leur fut et est encore reproché par les amateurs puristes. Ce qui ne les empêche pas de poursuivre leurs chemins, qui les conduisent l’un et l’autre sur les scènes du monde entier.

Autant dire qu’on ne va pas s’ennuyer à Créteil, où António Zambujo assurera la première partie en solo, formule déjà présentée voici deux ans à Paris, dans laquelle sa liberté s’exprime sans contrainte. C’est aussi une des façons qu’il a choisie pour s’affranchir des codes du fado. Autre signe de cet affranchissement, le fait que la guitare portugaise est quasiment absente de ses deux dernières productions discographiques. Fortement influencé par son enfance et son adolescence ribatejaine, et plus encore par les musiques latino-américaines, notamment brésiliennes, curieux de jazz, António Zambujo a créé son univers peu à peu enrichi depuis ses débuts marqués par une longue participation aux soirées de la maison de fado Senhor Vinho, cette «académie de fado», où il côtoya entre autres la toute jeune… Ana Moura. Un univers à la fois vaste et intime, servi par une voix insinuante, et qui n’oublie pas es touches d’humour.

Ana Moura, qui occupera la seconde partie, a tracé aussi son chemin, depuis sa découverte par le maître guitariste António Parreira puis le passage à Senhor Vinho, épaulée par le chanteur-auteur-compositeur-guitariste-producteur Jorge Fernando, qui assura la production musicale de ses premiers CD. Séduisant les Rollingstones, avec lesquels elle fit quelques spectacles, puis Prince, ces écarts vers la musique pop-rock ne l’ont jamais distanciée du fado, mais ont été le prélude à des orchestrations plus métissées, parfois un peu «hollywoodiennes» sous l’influence du producteur américain Larry Klein. Ana Moura se produit maintenant avec, en plus des cordes traditionnelles du fado, parmi lesquelles l’ébouriffant Angelo Freire à la guitare portugaise (et par ailleurs excellent fadiste), percussions, claviers et guitare électrique. C’est cet ensemble que nous devrions entendre à Créteil. Ana Moura partage avec Antonio Zambujo l’amour des beaux textes, l’un et l’autre bénéficiant de la collaboration des meilleurs paroliers d’aujourd’hui. Elle est aussi une voix, à la fois sensuelle et voilée, immédiatement reconnaissable dans l’univers fadiste. Elle est enfin d’une élégance raffinée qui n’exclut pas la gentille provocation.

Ana et António se connaissent donc depuis longtemps, ce qui nous laisse espérer entendre, sorte de cerise sur le gâteau, qu’en sus de leurs parties respectives, un ou deux duos unissant leurs talents. C’est déjà arrivé, alors, pourquoi pas? Courons donc à Créteil, ça en vaut vraiment la peine.

 

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