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Association Mémoire Vive: Publication du catalogue «Refuser la guerre coloniale»

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Le catalogue de l’exposition «Refuser la guerre coloniale – L’exil parisien des insoumis, réfractaires et déserteurs portugais de 1961 à 1975» qui avait été présentée à la Maison du Portugal (Cité Universitaire de Paris), en avril 2019, vient d’être publié. Un très riche et très bel ouvrage de 100 pages, édité par l’Association Mémoire Vive – Memória Viva, sous la direction de Hugo dos Santos et avec le soutien de la Direction générale des affaires consulaires et des communautés portugaises (DGACCP).

Ce catalogue est constitué d’une vaste iconographie (photos d’archives, affiches, tracts, journaux, revues, bulletins, livres, disques, caricatures), répartie en 8 séquences, selon la même structure générale de l’exposition: le Portugal de Salazar et Caetano; la guerre coloniale: un Vietnam sur trois fronts (Angola, Guinée-Bissau, Mozambique); le salto; le Portugal à Paris; Paris, capitale de l’opposition portugaise; les comités de déserteurs et les réseaux informels; un printemps culturel en exil; le 25 avril 1974 et après? Toutes les images et tous les documents sont légendés en français et en portugais. Le graphisme a été assuré par Adrien Labbe et Elena Vieillard et la photographie de couverture est de Fernando Cardeira.

L’histoire des déserteurs, réfractaires et insoumis des guerres coloniales portugaises semble méconnue et oubliée, d’abord au Portugal, mais encore plus en France. Dans un texte introductif, Hugo dos Santos, concepteur et Commissaire de l’exposition, explique les raisons de ce projet: «L’Association Mémoire Vive a décidé de rendre compte de cette histoire à travers une exposition afin de l’inscrire dans la mémoire collective parisienne. Elle est principalement constituée de documents d’archives qui nous ont été confiés par les acteurs de cette histoire mais aussi par des prêts d’institutions en France et au Portugal. La plupart de ces témoins vivent encore en région parisienne ou sont rentrés chez eux après la fin de la guerre coloniale».

Une guerre coloniale menée par la dictature salazariste, de 1961 à 1975. En effet, dès les premiers mouvements indépendantistes, et notamment après l’attaque de la prison de Luanda le 4 février 1961, Salazar appelle les Portugais à «partir pour l’Angola, rapidement et en force». Le conflit devient alors un gouffre financier (40% du budget de l’État) et humain (plus de 800.000 soldats sont envoyés au front). «Cette guerre coloniale, nous rappelle Hugo dos Santos, prendra très rapidement des airs de Vietnam: guérillas soutenues par les populations locales, massacres perpétrés contre les civils par l’armée régulière et les commandos, utilisation récurrente de napalm et de mines antipersonnel». Selon l’historienne Irène Pimentel, ce conflit aurait provoqué la mort de près de 9.000 soldats, 5.000 civils portugais et plus de 100.000 civils africains. «En réaction, nous dit encore Hugo dos Santos, le pays est peu à peu gagné par un important mouvement de jeunes hommes qui refusent d’être incorporés dans l’armée portugaise ou d’être mobilisés pour les colonies. L’historien Miguel Cardina, qui s’est appuyé sur les archives de l’armée portugaise, a comptabilisé près de 9.000 déserteurs, 20.000 réfractaires, auxquels s’ajoutent plus de 200.000 hommes qui ne se sont jamais présentés à l’appel de leurs régiments entre 1961 et 1974. La plupart d’entre eux se sont exilés en France, le lieu de passage obligé étant presque toujours Paris. Et ce sont souvent des réseaux familiaux ou amicaux, des organisations politiques et caritatives françaises, ou des comités de soutien aux déserteurs portugais basés à Paris qui leurs viennent en aide».

Outre le texte d’introduction en référence ci-dessus, on notera que chacune des 8 sections qui jalonnent l’ouvrage est précédée d’une présentation des événements fort utile de Victor Pereira. Par ailleurs, à la fin du catalogue, en appendice, on trouvera des textes de Angelo Ferreira de Sousa («L’Afrique, là d’où viennent les œillets»), de Hugo dos Santos («Colonial abyssal») et de Miguel Cardina («Le refus de la guerre et l’abîme colonial»).

Enfin, une chronologie et une brève bibliographie complètent le catalogue. Notons également que tous ces textes ont été traduits par Filipa Freitas.

«Au-delà de constituer un support imprimé de l’exposition ‘Refuser la guerre coloniale’, nous dit Ilda Nunes, Présidente de l’Association Mémoire Vive, en avant-propos, ce catalogue est également un objet pédagogique». S’insérant dans une démarche d’éducation populaire, il est pour le moment distribué gratuitement aux adhérents de l’association, aux collectivités, aux bibliothèques et à ceux qui en manifesteront l’intérêt (contact@memoria-viva.fr).

Il sera disponible à la vente dans une phase ultérieure.

 

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