Uma senha ser-lhe-á enviada por correio electrónico.

Cherbourg 1919: Le mariage franco-portugais du soldat-photographe Arnaldo Garcez

AHM / Arnaldo Garcez
Donativos LusoJornal

 

Une courte hésitation: dois-je écrire mariage luso-français puisque l’époux est un homme? Je garde néanmoins ces mots «mariage franco-portugais», que j’utilise depuis 4 ans.

Pourquoi Arnaldo Garcez? Parce qu’il me permet d’évoquer un thème que j’affectionne: les mariages mixtes de soldats Alliés avec des Françaises lors de la I Guerre Mondiale. Quelques mariages avec des soldats Allemands ont été évoqués lors d’expositions pendant le Centenaire. Mais surtout parce que Arnaldo Garcez est un soldat-reporter talentueux, de la Section photographique de l’Armée portugaise. Il fixe à jamais des événements d’époque, concernant la terre familiale (et familière) des aïeux en Flandres.

 

Que dit son acte de mariage à Cherbourg (Manche)?

A l’état civil français, Arnaldo Garcez Rodrigues, Lieutenant de l’Armée portugaise, épouse le 10 novembre 1919 la jeune française Marcelle Marguerite Alphonsine Marneffe, de 15 ans sa cadette. Elle est fille de commis, qui exerce, en fin de carrière à la Mairie, le poste de Chef de bureau Principal de la ville.

L’acte de mariage est issu des registres de la ville de Cherbourg. Une copie certifiée conforme à l’original est délivrée en avril 2019 par l’Officier d’Etat civil de Cherbourg-Octeville, suite à un courrier (document joint au texte).

Les publications de mariage sont faites dans la presse normande fin octobre-début novembre 1919 (au nom de Rodriguez).

Arnaldo Garcez est né à Santarém, nord-est de Lisboa, en 1885. Il est fils de Joaquim Garcez Rodrigues et de Maria Amália da Silva Rodrigues. Les parents absents au mariage, y consentent par acte authentique. Le mariage est également autorisé par le Ministre de la Guerre portugais de l’époque.

Un fils du couple Garcez-Marneffe est noté dans les tables de naissance de Cherbourg à la date du 2 octobre 1920, au nom de Maurício.

Le soldat-reporter s’est donc installé à Cherbourg quelques années.

La présence de témoins portugais au mariage donne des informations sur la composition de la future Commission Portugaise des Sépultures de Guerre (CPSG). Il y est affecté à l’été 1919. (1)

Il retourne au Portugal en 1921 et participe à la «Comissão Central dos Padrões da Grande Guerra», Commission en charge des monuments portugais commémoratifs, constituée après-guerre.

Est-ce qu’il est revenu en France, lors du décès de Charles Jules Eugène Marneffe, père de son épouse, en novembre 1937? Il apparait toujours au nom de Rodriguez dans le faire-part et est négociant à Lisboa (voir le document joint).

Ses talents de photographe lui permettent d’accompagner les troupes du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) en France en 1917 et laissent une iconographie très riche, pour les passionnés de recherches dont historiques, jusqu’en 1919.

 

Thèmes et lieux des reportages photographiques d’Arnaldo Garcez

Ses photos ont servi à alimenter une exposition interalliée à Paris à l’automne 1917.

Dans le désordre des consultations et analyses:

  • L’instruction des soldats à Tancos (Portugal) en 1916 et Marthes (France) en 1917.
  • Les Quartiers généraux à Roquetoire (Pas-de-Calais) et Haverskerque (Nord).
  • La vie de tranchées dans les abris fortifiés, se nourrir, se faire la barbe, réparer…
  • La vie à l’arrière au milieu des civils, les estaminets et les cantonnements.
  • La zone de combat après la Bataille de La Lys, en Flandres. Une photo est jointe à l’article. Elle représente la vue, avec en fond un observatoire à Laventie (Pas-de-Calais), du front détruit dont abris de tôle.
  • La police militaire et son équivalente française La Prévôté.
  • Les ruines du patrimoine religieux et industriel après le départ des soldats allemands.
  • Les hôpitaux et les dames de la Croix Rouge portugaise.
  • Les Etats-Majors alliés et les Missions étrangères attachées au CEP.
  • Les processions religieuses et le Christ des tranchées.
  • Les prisonniers allemands et les aviateurs portugais.
  • Les sépultures isolées dans la zone de front.
  • Les cimetières militaires britanniques où il y avait des sépultures portugaises provisoires, Etaples, Haverskerque, La Couture (Vieille Chapelle), Richebourg (Le Touret).
  • Les fêtes de la victoire en juillet 1919, à Londres (en passant par le port de Boulogne-sur-Mer), Paris, Bruxelles.
  • Lille (Nord, France) en octobre 1920, pour la remise à la commune de la Croix de la tour et de l’épée, décoration portugaise. (2)
  • Les traces allemandes (photos diffusées à ce jour?…) de la grande guerre, blockhaus en Flandres françaises et le long de la côte belge (avec artillerie lourde), à la fin de la guerre. (3)
  • De nombreux portraits à identifier…
  • Tourlaville (Manche, France) en 1918-1919 (photos diffusées à ce jour?…) (4)
  • Etc ……….

 

Je me suis posée cette question:

Pourquoi, en tant que reporter officiel du Corps Expéditionnaire (CEP) en France, il n’a pas photographié le travail de la Commission Portugaise des Sépultures de Guerre (CPSG)? Comme l’ont fait les Britanniques lors de la gestion de leurs morts? [De nombreux albums existent sur le site de «The Commonwealth War Graves Commission» (CWGC)]. Une volonté des autorités portugaises? Sa mission de photographe de guerre terminée?

Des textes sont encore à écrire… longtemps!

 

Sources:

Bulletin militaire des Archives historiques militaires (AHM) portugaises

Etat civil des Archives départementales de la Manche

Analyse de la collection des clichés du photographe de guerre Garcez (visibles sur les sites de La Contemporaine et des AHM)

Presse normande en ligne.

«Les 7 bornes commémoratives du front» sur LusoJornal

Les bornes Moreau-Vauthier sur Mémoires d’histoires, etc…

(1) Article à envisager?

(2) Plusieurs textes écrits sur LusoJornal

(3) (4) Albums à venir?

 

Comunidade
X