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Exposition au Château d’Angers: «Comptoirs du monde – Les feitorias portugaises XVe-XVIIe siècle»

LusoJornal | Dominique Stoenesco LusoJornal | Dominique Stoenesco LusoJornal | Dominique Stoenesco
Cultura

 

Dans le cadre de la Saison France Portugal 2022, a lieu jusqu’au 9 octobre, au Château d’Angers, une remarquable exposition intitulée «Comptoirs du monde – Les feitorias portugaises XVe-XVIIe siècle». L’événement est dû à l’initiative du Centre des Monuments Nationaux.

Entre le XVe et le XVIe siècles, au cours de son expansion maritime, le Portugal installe un réseau de ‘feitorias’ – entrepôts ou comptoirs commerciaux fortifiés – le long des côtes d’Afrique, dans l’océan Indien, puis au Brésil, ce qui lui permet d’occuper une place dominante dans le commerce vers l’Europe et, par la suite, d’entreprendre la colonisation des territoires occupés.

Ces ‘feitorias’ avaient aussi pour fonction de contrôler le commerce des esclaves. Sur l’île d’Arguim (Mauritanie), par exemple, des navires embarquent (doux euphémisme!) un grand nombre d’enfants, de femmes et d’hommes qui sont vendus dans les ports portugais, européens, antillais, ainsi qu’en Inde occidentale, puis en Amérique du Sud. Le premier entrepôt permanent européen, et le plus connu, fut celui de São Jorge da Mina, en Afrique de l’Ouest.

Au cours de cette exposition on découvrira un grand nombre de documents, lettres, cartes, atlas, astrolabes, mais aussi des objets précieux et artistiques (porcelaine chinoise, paravents japonais, tapisseries de Flandres, pierres et métaux précieux, etc.) provenant du commerce réalisé à partir des comptoirs maritimes portugais, comme la carte nautique de João Teixeira Albernaz, sur parchemin, datant du début du XVIIe siècle, utilisée à bord des navires, mais aussi destinée à des usages distinctifs ou décoratifs; la Cosmographie Universelle, de Sebastian Munster, datant de c. 1586, sur papier, première description connue du monde, contenant des documents et des récits d’expéditions maritimes, notamment celle de Pedro Álvares Cabral vers le Brésil; le tableau intitulé Chafariz d’El-Rey (la fontaine du roi), huile sur bois, datant de 1570-80, d’un maître anonyme, montrant l’une des rives du Tage à Lisboa, encore dans son architecture manuéline. On notera que le point de vue que révèle ce tableau est celui d’un étranger impressionné par le caractère multiculturel de Lisboa, mais qui ne manque pas d’exprimer aussi une vision critique de la manière dont sont traités les Noirs, esclaves et domestiques.

Un magnifique catalogue des éléments exposés, abondamment illustré, avec des textes explicatifs et présentant une riche bibliographie accompagne l’exposition.

 

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