Après les séances organisées au printemps à Pontault-Combault, Ivry-sur-Seine, Marseille, Noisiel, Villejuif et Fontenay-sous-Bois, le film “Voyages en têtes étrangères” poursuit son parcours dans les cinémas. Trois nouvelles projections-rencontres permettront de découvrir cette fiction d’António Amaral, réalisée avec la participation de plusieurs collectifs de migrants sans papiers d’Île-de-France.
Le public pourra retrouver le film le 15 novembre, à 16h00, au cinéma L’Archipel, dans le 10ème arrondissement de Paris, puis le 26 novembre, à 20h30, au Chaplin Saint-Lambert, dans le 15ème arrondissement. Une troisième séance est annoncée le 10 décembre, à 20h15, au cinéma L’Écran, à Saint-Denis.
Dans ce long métrage de 108 minutes, trois entités venues du cosmos vivent sur Terre en se greffant au corps et à la conscience d’êtres humains. Une possibilité de retour s’offre à elles, mais la porte ne restera ouverte que sept jours. L’une de ces entités, installée dans le corps d’Adamou, un jeune homme sans papiers, repousse pourtant le départ. À travers cette intrigue fantastique, le cinéaste aborde l’exil, le déracinement et les luttes pour la liberté.
Une fiction ancrée dans les luttes des sans-papiers
Comme LusoJornal l’avait relaté lors des précédentes projections, le tournage a notamment accompagné le contre-sommet France-Afrique organisé à Montpellier en octobre 2021. Cinq militants du Collectif des sans-papiers de Montreuil, venus participer à cette mobilisation, avaient été interpellés dès leur arrivée en train. Tous avaient reçu une obligation de quitter le territoire français et une interdiction de retour. Parmi eux figurait Anthioumane, l’un des acteurs du film.
Cette proximité avec les collectifs fait partie de la construction de “Voyages en têtes étrangères”. Autoproduit et autodistribué, le film a poursuivi son chemin à l’international avant cette série de rencontres en salle. Selon le bilan communiqué par l’équipe, il compte désormais 51 sélections en festivals, dans 29 pays, ainsi que 12 prix et 10 mentions spéciales.
Le Portugal occupe une place dans ce parcours. Au festival international de cinéma d’Avanca, en 2022, António Amaral a reçu le prix du meilleur réalisateur et Julien Darney celui du meilleur acteur. Le film a également obtenu une mention du jury, tandis qu’Amine Benrachid a été distingué par une mention spéciale.
Pour le réalisateur franco-portugais, Avanca représente ainsi une étape de reconnaissance dans un parcours construit en dehors des circuits habituels de production. Récompensée au Portugal, sa fiction revient aujourd’hui sur les écrans franciliens, au plus près du territoire et des collectifs qui lui ont donné naissance.







