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Lorsque je passe dans les classes de troisième vers la fin du mois de mai pour présenter la langue portugaise et convaincre les élèves de choisir de l’étudier, l’argument qui, selon moi, est le plus valable est le suivant:

La langue portugaise, surtout toujours dire «la langue portugaise» et non pas le portugais, car ce vocable sert aussi à désigner le portugais… le «portos» et ceci peut réveiller dans la tête des élèves toute une série de clichés que je m’abstiendrai bien ici d’énumérer… bref l’argument… je disais… la langue portugaise est une langue latine proche du français, elle est donc accessible, et surtout elle permet de découvrir des cultures lointaines et méconnues comme celle du Timor oriental près de l’Indonésie ou encore différentes cultures amérindiennes de ce pays continent qu’est le Brésil ou encore de découvrir l’histoire, sans doute controversée, de cette femme, la reine Ginga qui s’est opposée aux colons portugais du XVIIème siècle en Angola. Cette Reine Ginga a fait l’objet d’une BD dans la série de l’Unesco sur les femmes dans l’histoire de l’Afrique.

25 ans après la fin de mes études, je me réjouis de dire que je n’en ai pas fini d’en découvrir sur le monde lusophone.

La langue portugaise doit son rayonnement dans le monde à son ancien statut de langue coloniale. Si elle fut la langue de celui qui tenait le «chicote» (tout comme d’autres langues européennes évidemment), elle est aussi la langue du pays des oranges douces.

Je le savais de façon assez floue, mais la date du 5 mai, jour de la langue portugaise à l’Unesco m’a poussée à chercher dans le dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey. Celui-ci cite le lexicographe Furetière: «l’orange douce apportée de Chine par les Portugais au cours du XVIème siècle a évincé la variété amère en héritant de son nom…» et il précise que «les variétés d’orange douces étaient appelées orende de Portugal, en arabe vulgaire Bordogal, transcription du nom de ce pays…». Aujourd’hui encore le vocable «Portugal» désigne les oranges en persan, grec, en bulgare et en roumain.

Ce jour dédié à la langue portugaise me conduit à évoquer António Guterres, dont le nom est souvent transformé en Gutierrez dans les medias, diphtongue «ie» qui fait basculer le Secrétaire général de l’ONU du côté des hispano. Celui-ci a fait la une du Times, hélas pour une triste raison en alertant par une mise en scène photographique sur le triste état de notre planète.

Je souhaite aussi évoquer les noms de Sebastião et Lénia Wanick Salgado fondateurs de l’Instituto Terra qui contribue à replanter la forêt au Brésil dans l’état de Minas Gerais.

Ils devraient inaugurer prochainement l’exposition Genesis à Lyon.

 

Enfin la langue portugaise est la langue de Camões, un des premiers poètes à célébrer la beauté de la femme noire dans Endechas a Bárbara escrava, poème mis en musique par José Afonso.

«Uma graça viva,
Que neles lhe mora,
Pera ser senhora
De quem é cativa.
Pretos os cabelos,
Onde o povo vão
Perde opinião
Que os louros são belos.
.
Pretidão de Amor,
Tão doce a figura,
Que a neve lhe jura
Que trocara a cor.
Leda mansidão,
Que o siso acompanha;
Bem parece estranha,
Mas bárbara não.
.
Presença serena
Que a tormenta amansa;
Nela, enfim, descansa
Toda a minha pena.
Esta é a cativa
Que me tem cativo;
E. pois nela vivo,
É força que viva.

Luís de Camões

 

Voici à la veille du 5 mai, les échappées dans le temps et dans l’espace que m’offre la langue portugaise, les images et les sons qu’elle m’inspire…

 

Martine Fragoas

Enseignante de portugais

 

Texte recueilli par l’Association pour le développement des études portugaises, brésiliennes, d’Afrique et d’Asie lusophones (ADEPBA)

 

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