La présence portugaise en France au début du 20ème siècle

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Les Archives Nationales du Monde du Travail de Roubaix (ANMT – Nord, France) ont déposé en ligne les dossiers des mineurs de fond. Ils sont maintenant consultables par tous et indexables. Y figurent des soldats du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) restés en France après-guerre et travailleurs civils venus du Portugal, pour aider à la reconstruction du Nord-Pas-de-Calais dévasté par la guerre.

Ces dossiers de mineurs ont été détruits lors de la I Guerre Mondiale. Une remarque pour les Français qui ont des ancêtres «Morts pour La France», les fiches ont été reconstituées lorsque les soldats français sont revenus de la guerre et ont repris leur travail à la mine.

Je peux expliquer le cas d’un aïeul mort en 1915. Il est issu d’une grande famille d’houilleurs, travailleurs dans les mines de charbon du Pas-de-Calais. Son père, ses frères, ses cousins, ses oncles, tous vivaient de ce métier. Mon arrière-grand-père et 3 de ses cousins sont morts lors de la I Guerre mondiale, leurs fiches n’existent donc pas aux ANMT.

 

La présence portugaise avant la I guerre mondiale

Elle existe au travers de la consultation de données d’un fichier INSEE, utilisé par un site nommé Geopatronyme qui répertorie les communes de naissance des noms de famille portugais, via les Mairies. Il est repris par d’autres plateformes en ligne, le contenu est identique, même si le nom est différent.

Les noms Dos Santos, Lopes, Rodrigues, Ferreira, Pereira, etc…. existent avant 1916. Les actes de naissance sont à consulter pour préciser une fourchette de dates entre 1900 et 1915… et vérifier la mention «travailleurs». Les cartes de France jointes au texte sont explicites, il y a une explosion du nombre de naissances pour ces 5 noms de famille à partir de 1916.

 

La présence de 1917 à 1919

Elle est connue par l’arrivée des soldats du CEP dans les Flandres via Brest.

Certains se sont mariés avec des Françaises (1). D’autres ont fondé des familles en union libre. Parfois les descendants ne trouvent pas les mariages franco-portugais de leurs parents, du fait de difficultés rencontrées lors de l’écriture du véritable état civil portugais, dans les registres français.

 

La présence après-guerre

Ces dossiers permettent de donner un visage au soldat/travailleur portugais, pas pour toutes les Sociétés de Mines et elles sont nombreuses (voir la carte jointe du Nord-Pas-de-Calais). Les fiches des mines de Lens proposent une photo avec le numéro de la Fosse (exemple 13 pour Fosse 13 des mines de Lens). Celles des mines de Béthune, où il y a également des civils portugais arrivés après-guerre, ne proposent pas de photo (sauf exception?).

Il est possible de constater les multiples nationalités des travailleurs arrivés après-guerre, Grecs, Italiens, Polonais, Nord-Africains…

Ces dossiers qui viennent d’être mis en ligne par les ANMT sont une réelle aubaine pour les chercheurs en tout genre.

Les fiches donnent parfois la composition des familles, l’épouse et sa nationalité, les enfants et permettent de ce fait de trouver des descendants.

Les effectifs de 5 Compagnies des mines sont en ligne (pas tous, donc), Béthune, Lens, Carvin, Meurchin (Pas-de-Calais), Aniche (Nord). Il est préférable de connaître le nom précis de son aïeul, vu le nombre de dossiers existants. Faire varier l’écriture des prénoms et noms de famille permet d’arriver à ses fins néanmoins.

Les fiches précisent l’état civil, le domicile, la demande de nationalité française, le retour éventuel au Portugal.

La mention de la nationalité de l’épouse, portugaise ou française, est une aide à la différenciation entre soldat resté en France et travailleur civil venu du Portugal.

Mais, mais… il est possible de trouver la photo d’un Dos Reis dans un dossier Dos Santos (image jointe) pour compliquer les recherches!

Un dossier des mines de Lens (photo jointe) concerne le parcours de Pereira Hermínio. Il a épousé une française native d’Erny-Saint-Julien (Pas-de-Calais). Le mariage a lieu à Blessy en 1920, commune du secteur portugais proche de Thérouanne. Un hasard? Probablement un soldat du CEP…

Cette documentation officielle va réveiller les textes concernant les Portugais restés en France après-guerre. Ils ne sont pas encore écrits… Les mariages de moins de cent ans consultables depuis peu de temps et les fonds d’archives en ligne se libérant, c’est du pain béni pour les chercheurs, surtout en période de pandémie…

Bonnes trouvailles alors?!

 

Sources:

Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT): Dossiers professionnels des mineurs de fond.

Institut National de l’Audiovisuel (INA): Mémoires de mines.

Mission Bassin Minier Nord-Pas de Calais Patrimoine Mondial.

Geopatronyme: Les noms de famille en France entre 1891 et 1990

(1) Mariages Franco-Portugais – Devenir Français en 1927, Mémoire d’histoires.

 

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LusoJornal