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Le samedi 27 avril, à Saint Martin-de-Seignanx, dans les Landes, l’association Portugal Passion Traditions a commémoré le 45ème anniversaire de la Révolution des Œillets, du 25 avril 1974, au Portugal.

Cette année, la soirée s’est déclinée en deux parties. A 19h00, première partie avec la projection d’un documentaire constitué de différents reportages journalistiques français (archives de l’INA) et de films produits par le Mouvement des Forces Armées Portugais, le tout doublé en langue française. Un montage élaboré par Carlos Águeda-Rosa, Président de l’association pour obtenir un film de 58 minutes relatant la journée du 25 avril 1974 et les quelques jours suivants, jusqu’au 1er mai 1974.

La genèse de ce 25 avril 1974 est relatée avec un état des lieux politique et économique du Portugal. Une dictature de 48 ans sous António Salazar et puis sous Marcelo Caetano (Présidents du Conseil pendant l’Estado Novo) qui impose un budget militaire démesuré pour faire la guerre dans les colonies (Guinée, Angola,…) et néglige la population contrainte par milliers à s’expatrier.

Suite à la publication de son livre critique « Le Portugal et son Avenir », le Général António de Spínola contribue à ce renversement. En effet il a été l’un des premiers à dénoncer ces guerres coloniales qui n’apportaient au pays que la disparition de ses jeunes soldats.

Le Général Spínola sera limogé peu après la parution de son livre. « Le mouvement du 25 avril 1974 a été très bien organisé par un collectif de membres de l’Armée Portugaise, surnommé ‘Les Capitaines d’Avril’ » explique Carlos Águeda-Rosa. Le documentaire transmet bien l’atmosphère de cette journée, avec le signal de départ, la chanson Grândola à la radio, puis les chars dans les rues et, petit à petit, en entendant les rumeurs, les Portugais sortent dans les rues. « On ressent une tension énorme en attendant la grande nouvelle de la rémission de l’ancien Gouvernement. Et enfin c’est la joie qui éclate dans la ville de Lisboa où tout a commencé, puis dans le Portugal tout entier. Des images de liesse collective et ferveur aux cris de ‘Liberdade, liberdade’ avec le symbole de cette Révolution, l’œillet rouge, soit accroché à la veste, au bout du fusil, ou simplement tenu à la main ».

Parmi les images fortes, il y a la libération des détenus politiques, la joie des familles de retrouver l’un des leurs, emprisonnés depuis de nombreuses années.

L’un des plus émouvants témoignages est celui de cette jeune femme qui répond à la question du journaliste « avez vous été torturée ? » par ces mots « oui, j’ai été frappée, privée de sommeil pendant 11 jours, et obligée à rester debout pendant 14 heures d’affilée ». L’emprisonnement sous haute surveillance par peur de lynchage, des personnes travaillant pour la DGS (Direction générale de la sécurité), organisme d’état qui avait succédé à la PIDE (Police Internationale de Défense de l’Etat) en novembre 1969.

On y voit aussi l’arrivée à Lisboa, le 28 avril 1974, de Mário Soares (socialiste), qui était en exil à Paris, l’accolade historique entre Mário Soares et le Général Spínola, l’organisation nouvelle de l’Etat portugais, la mise en place d’un groupe d’hommes pour diriger le pays et conduire celui-ci vers l’organisation d’élections démocratiques,… le film se termine sur la grande manifestation du 1er mai 1974 où tous les Partis politiques autrefois clandestins pouvaient enfin défiler dans les rues, à côté du peuple portugais, pour exprimer leurs joies et leurs confiances en l’avenir.

Après la projection, Carlos Águeda-Rosa, qui est le Président de l’association, a proposé d’échanger les impressions et les commentaires du public venu nombreux pour le film. « Nous avons eu divers témoignages de Portugais qui ont vécu ces événements de France, car ils étaient déjà immigrés ».

Manuel a rapporté des faits vécus par son père à propos de la PIDE et de la cruauté de ses dirigeants. José est parti en Guinée durant la guerre, pendant son temps de service obligatoire. Beaucoup de jeunes hommes Portugais fuyaient le Portugal pour ne pas partir se faire tuer dans les colonies : des participants français qui ont découvert cet épisode de l’histoire du Portugal ont été très intéressés par ce reportage très bien réalisé ».

La conclusion a été faite par Carlos Águeda-Rosa qui a dit « la liberté est un bien précieux qu’il faut apprécier et respecter ».

20H45, 2ème partie : place au moment de convivialité. Dans une salle très joliment décorée de drapeaux Portugais et de jolis bouquets d’œillets rouges et aussi d’une exposition de photos prises durant la Révolution des Œillets (chars dans la ville de Lisboa, les soldats avec l’œillet rouge au bout du fusil, la foule avec des pancartes « liberdade »), le texte de la chanson Grândola Vila Morena.

Les convives ont pu apprécier, après un apéritif copieux, un repas traditionnel avec charcuterie, cochon de lait, haricots blancs, fromage, pasteis de nata, gâteaux glacés, sans oublier le Porto. La soirée s’est terminé tard et chacun est reparti avec un œillet rouge pour se souvenir de la symbolique de cette fleur qui sera à jamais liée à la Révolution des Œillets du 25 avril 1974 et à la Liberté du peuple Portugais ».

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