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Le Capitaine Ruy O’Connor Shirley Pereira: de responsable du Service de la censure pendant la I Guerre à vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer

Deux vice-Consuls portugais sont souvent évoqués dans des articles de journaux de l’époque de la I Guerre Mondiale: le vice-Consul d’Arras, Louis Lantoine et le vice-Consul de Boulogne-sur-Mer, Shirley Pereira.

LusoJornal, dans son édition du 6 avril, a évoqué le premier. Faisons un peu d’histoire, en retraçant l’action de du second.

Comme parfois, avec les noms portugais, celui qui va devenir vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer, M. Pereira, selon les documents consultés, il porte un nom plus ou moins complet.

Le nom entier est Ruy O’Connor Shirley Pereira. Il est né à Lisboa le 2 octobre 1877, fils d’Antonio Adelino Pereira et de Maria Henriqueta Shirley Pereira. Ses parents habitaient au n°68, 1er étage, de la rue Infante Dom Henrique, à Lisboa.

 

Son action pendant la I Guerre Mondiale

Ruy Pereira, aura participé à la I Guerre. Son parcours a été assez atypique.

Il part de Lisboa le 2 décembre 1916, âgé de 39 ans, quelques mois avant l’embarquement des premières troupes portugaises pour Brest.

Sa venue en France a été, dans un premier temps, pour rejoindre Paris. Il arrive à la capitale des Lumières, le 5 décembre.

Avant de revenir sur Boulogne-sur-Mer, comme vice-Consul, il retournera au Portugal, par voie terrestre, après la fin de la Guerre, le 14 juin 1919.

Ruy Shirley Pereira est arrivé en France avec le grade de Lieutenant dans ingénierie, il passera plusieurs périodes de sa campagne en France, à l’Hôpital.

Sa première hospitalisation aura lieu, le 6 février à Brest, quelques jours après le premier débarquement des troupes portugaises dans la ville, le 3 février 1917. Il en sortira le jour de l’embarquement à Lisboa du 2ème contingent portugais, le 23 février.

Il rentera au même hôpital le 9 mars pour en sortir le 14 du même mois.

Bien d’autres séjours le conduisent à l’hôpital. Il sera, par exemple, entre le 31 octobre et le 2 novembre 1918 soigné à l’hôpital d’Abbeville. Le 4 novembre il est réhospitalisé pour raison de grippe, il en sortira le 19. Il reviendra à Calais et à Boulogne en convalescence.

Créé au Portugal dès mars 1916, le Serviço de Censura de Base (SCB), aura son rôle pendant la guerre, il empêchera que beaucoup de correspondance ne soit jamais arrivée à destination. Le 7 octobre 1917 Ruy O’Connor Shirley Pereira est nommé, en tant qu’intérimaire, responsable de ce service en France.

Il arrivera à Boulogne-sur-Mer, le 4 janvier 1918, pour prendre en charge ce service. Il sera loué en tant que valeureux responsable du service, qu’il aura servi, jusqu’à son extension.

Ruy Shirley Pereira sera promu Capitaine le 2 février 1918.

Le 3 janvier 1919, après la fin de la Guerre, et afin de rentrer au Portugal, il recevra un laisser-passer qui lui donne autorisation pour dormir en chemin et pour se faire transporter.

Il recevra, la médaille commémorative de la campagne de France. Il quittera l’effectif du CEP, le 31 mai 1919.

 

Vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer

Très peu connu et étudié, par nos recherches, nous avons remonté jusqu’à 1840, date à laquelle auraient été nommés M. Adam, comme 1er vice-Consul portugais dans la ville de Boulogne-sur-Mer. Comme nous verrons dans un futur dossier que LusoJornal éditera, au XIXème et même au XXème siècle, la nomination des Consuls étaient, parfois, une question de famille. C’est le cas de Boulogne-sur-Mer, dont les premiers Consuls portugais de la ville se succèdent de père en fils: la famille Adam.

Quelques années auparavant, en 1826, un autre vice-Consul a été nommé sur la côte de la manche: Dunkerque.

Les deux nominations se justifient par les échanges commerciaux maritimes entre les deux ports français avec le Portugal.

Ruy Shirley Pereira reviendra en France, plus précisément à Boulogne-sur-Mer pour exercer les fonctions de vice-Consul du Portugal dans cette ville.

Sa nomination comme Consul (1) apparaitra au Journal Officiel le 7 juin 1930.

Sa longévité en tant que Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer sera importante, puisque le 28 octobre 1949, ‘exequatur’ lui est accordé au Journal Officiel en qualité de Consul de Boulogne-sur-Mer.

Il donnera plusieurs conférences sur le Portugal, dont une, le 18 juin 1932, à la Société de Géographie de Lille qui aura comme le thème: «Le Portugal, le pays du soleil».

Le 8 décembre 1930, il obtient de la Mairie de Boulogne, l’autorisation de la construction de la Nécropole portugaise à l’intérieur du Cimetière Est de Boulogne. La Nécropole ne sera pas construite, toutefois, le 27 novembre 1938, le vice-Consul y assistera à l’inauguration d’un monument dédié aux soldats portugais morts pendant la I Guerre, 44 corps de soldats portugais y sont enterrés.

On le trouvera présent aux cérémonies de la Bataille de la Lys le 9 avril 1933 et le 29 avril 1935.

Pour le récompenser, de ses services militaires, il sera décoré avec le grade d’officier de la Ordem Militar de Avis, le 5 octobre 1924. Le 05 octobre 1930, pour ses services exceptionnels fournis dans l’exercice de fonctions à des postes de souveraineté ou d’administration publique, ainsi que dans le domaine judiciaire et diplomatique, il sera décoré, aussi, en tant qu’officier de la Ordem Militar de Cristo.

 

Le discours au Maroc comme vice-Président de la Fédération Internationale des Anciens Combattants

Entre 1929 et 1938, le vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer aura comme autre fonction, celle de l’un des vice-Présidents de la FIDAC (Fédération internationale des anciens combattants).

Il assistera annuellement aux Congrès de la Fédération. Il sera présent, notamment, au 9ème Congrès de la Fédération, à Bucarest, le 1er octobre 1928.

Le Bulletin de l’AGMG, invalides de guerre, veuves, orphelins ascendants d’anciens combattants de novembre 1931 signalera la présence du Capitaine Ruy Sherley Pereira dans une de leurs réunions.

Signalons également sa présence lors de la 1ère réunion organisée le 2 juillet 1935 conjointement entre les onze délégations de la FIDAC et celle des anciens combattants allemands.

A la fin de son mandat, il se rendra au Maroc le 3 juin 1938.

L’époque que le monde vivait en 1938, et surtout l’Europe, faisait présager de grandes menaces sur la paix dans le monde.

Le discours, que nous nous permettons de transcrire partiellement ci-dessous, de Ruy Pereira, en clôture du Congrès au Maroc, prenait tout son sens:

«…J’ai l’honneur de vous dire comment les anciens combattants portugais comprennent la paix et ce qu’ils entendent faire pour la rendre humaine et durable. Si nous croyons, mes chers camarades, que la conception et l’organisation de la paix changent dans le temps et dans l’espace et doivent tenir compte des conditions particulières de chacun de nos pays; une chose est cependant certaine, c’est que la volonté de paix existe dans la mesure où l’on a horreur de la guerre. Or cette horreur, le Portugal l’a démontré pendant huit siècles de son histoire, huit siècles parcourus dans une ligne rythmique de créateur de peuples et d’apôtres de la civilisation Latine. Nous pensons que la paix du dehors ne peut exister que si nous voulons la paix à l’intérieur, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de paix internationale sans paix sociale et que celle-ci est bâtie sur les principes de l’ordre, de la discipline et de la raison… tout effort de paix doit être persévérant et lucide, dirigé vers la résolution de problèmes concrets par la victoire de bon sens obtenue en collaboration avec tous les peuples de bonne volonté.

Vous ne serez pas surpris, mes chers camarades, que les Anciens combattants portugais ne vous apportent pas ici la solution du problème de la paix, ils vous disent seulement comment ils conçoivent la paix par le travail, par la collaboration entre les peuples, animée d’un esprit d’entraides mutuelles dans le respect des droits de chacun. Aller plus loin serait de la prétention…

Les Associations de Combattants Français et Portugais qui ont écrit ensemble une belle page de l’histoire peuvent et doivent collaborer dans la poursuite de cette paix féconde et humaine, qui est leur idéal commun.

N’est-ce pas un écrivain de chez nous qui a écrit: ‘pour le Portugal, histoire est la préface de l’avenir’».

Voilà un discours qui reste, encore de nos jours, d’actualité.

Un peu plus d’un an après ce discours, le 2 septembre 1939, la Deuxième Guerre mondiale débutait. Le monde n’a pas pu, ou n’a pas su, tirer leçon de la première guerre, aggravée par le fait que l’Allemagne se sentait humiliée à la suite des accords et compensations qui lui ont été imposées après la Grande Guerre.

 

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(1) De noter que dans la presse, les articles qui font référence à Ruy O’Connor Shirley Pereira parlent de lui en tant que vice-Consul, alors que les journaux officiels du 07 juin 1930 et du 28 octobre 1949 font référence à sa nomination comme Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer.

 

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