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L’histoire de Ferrand du Portugal et de la vierge Panetière d’Aire-sur-La-Lys

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On dit souvent que «les Portugais sont partout»… Des événements en rapport avec le Portugal surgissent au détour d’une rue, d’un monument, parfois là où l’on s’attend le moins: ça a été le cas ce jeudi lors d’une balade sur les chemins autour d’Aire-sur-La-Lys en visitant la Collégiale (1) Saint Pierre.

La découverte que nous avons faite à la Collégiale nous rappelle une légende de Porto, de ses tripes et des Invasions françaises.

Aire-sur-La-Lys n’est pas inconnue pour nombreux Portugais qui s’intéressent à la participation portugaise à la I Guerre mondiale. Les soldats portugais ont stationné dans cette ville, le train qui les conduisait du port de Brest s’arrêtait le plus souvent à Aire-sur-La-Lys.

L’histoire de la Collégiale et du Portugal remonte bien plus loin, cela remonte à 1213, plus de 8 siècles.

La Collégiale Saint-Pierre est liée au culte de Notre-Dame-de-la-Panetière. Une statue de cette dernière est présente près de l’autel, sur la gauche du jubé. Elle sort de la Collégiale chaque année, le 15 août, jour de l’Assomption, pour une procession dans toute la ville.

La légende de Notre-Dame-de-la-Panetière est liée aux guerres de Philippe II Auguste, roi de France de 1180 à 1223. Une coalition s’était formée contre le roi, dont un de ses membres des plus éminents fut le Comte de Flandres, Ferrand du Portugal, fils du second roi du Portugal, D. Sancho I.

Le destin de celui-ci tournera à sa défaveur l’année suivante, lors de la Bataille de Bouvines (2). Ferrand du Portugal attaque l’Artois et assiège la ville d’Aire-sur-La-Lys en 1213. La ville est vite affamée, et s’en remet à la prière. Le peuple invoque la Vierge Marie pour mettre fin à leurs souffrances, notamment alimentaires.

Un miracle se produit: quelques semaines plus tard, une charrette de pain entre dans la ville. Les bourgeois et les soldats de la ville parviennent à repousser les agresseurs flamands, ouvrant ainsi un chemin au convoi du roi de France chargé de vivres. C’est en effet ce dernier qui l’a envoyé afin d’empêcher la ville de tomber dans les mains des Flamands.

Grâce à ce sauvetage, Philippe Auguste pourra manœuvrer dans le Nord de la France pour contrer la coalition: le roi de France remportera la Bataille de Bouvines en 1214, moment important de l’histoire de France avec le passage du pouvoir des seigneurs vers le roi.

C’est en mémoire de l’arrivée de ces secours alimentaires que la sainte Vierge Marie fut dès lors invoquée sous le nom de Notre-Dame-de-la-Panetière, Panetière dérivant de Pain.

Depuis cette date à jamais mémorable pour la ville, nombre d’actes de charité se sont développés autour de Notre-Dame-de-la-Panetière. Une confrérie centrée sur la piété et la charité, avec distribution des pains aux pauvres, fut instituée.

Un pèlerinage important réunit chaque année habitants et pèlerins de l’extérieur.

L’histoire raconte que grâce à l’astuce d’un garçon boulanger, la statue de la vierge fut sauvée au moment de la Révolution qui l’acheta comme bois à brûler. Lors du bombardement du 8 août 1944, la statue est pulvérisée. On ramasse tous les petits morceaux de celle-ci, qui a fini par être restaurée par M. Degeldere, professeur de l’École des Beaux-Arts à Lille. Il a fallu 1.500 heures pour lui donner l’aspect initial. Elle revint à Aire-sur-La-Lys le 15 août 1950.

D’autres points d’intérêts sont à apprécier lors de la visite de la Collégiale, qui par ses couleurs à l’intérieur est presque unique.

Autre remarque, importante pour les Portugais: parmi les 500 photos de Saints Antoine de France et de Navarre que le photographe Luís Gonçalves possède (3), c’est presque la première fois qu’en-dessous de la statue on puisse lire le lieu de naissance de Santo António: Lisboa 1195.

Ne l’oublions pas, Saint Antoine n’est pas que de Padoue (4).

Pourquoi cette histoire nous fait rappeler celle des «tripas à moda do Porto»?

Selon la légende, le Général Soult et ses troupes, lors de la deuxième Invasion du Portugal, aurait encerclé Porto. La population de Porto n’étant pas approvisionnée ont tout mangé du porc qu’ils élevaient… jusqu’aux tripes. Lors de cette Invasion, plusieurs centaines de Portuenses se sont noyé dans le fleuve Douro, encore aujourd’hui, des bougies sont posées sur une sculpture murale coté Porto près du Pont D. Luís.

Entre la réalité et la légende, les histoires, l’histoire, se construit, s’enrichit. Où est le vrai? Faut-il le chercher?

 

(1) Comme une cathédrale, une collégiale est une église capitulaire: c’est-à-dire qu’elle possède un chapitre de chanoines. À ce collège de prêtresil incombe de chanter quotidiennement l’office divin et d’accomplir les fonctions liturgiques plus solennelles dans l’église.

 

(2) https://lusojornal.com/le-27-juillet-2019-les-805-ans-de-la-bataille-de-bouvines/

 

(3) https://lusojornal.com/le-13-juin-fete-de-saint-antoine-legende-et-representations-du-saint/

 

(4) https://lusojornal.com/opinion-saint-antoine-de-padoue-ou-de-lisboa/

 

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