Luso-français José Serge de Freitas veut relier Lisboa a Madeira en pédalant: «Je pars vraiment de zéro»

Après avoir rejoint Fátima à pied depuis les Vosges en 2025, José Serge de Freitas prépare une nouvelle aventure. Ce luso-français de 47 ans, dont les parents sont originaires de Madeira, souhaite rejoindre l’île depuis Lisboa à bord d’un bateau équipé d’un pédalier, sans moteur ni voile. Un départ envisagé à l’été 2029, pour lequel il recherche des soutiens.

En juillet 2025, José Serge de Freitas arrivait à Fátima après plus de quatre mois de marche et 1.906 kilomètres parcourus depuis les Vosges. Une aventure qu’il avait racontée au LusoJornal, entre reconstruction personnelle, soutien à sa nièce et hommage aux Portugais partis chercher une vie meilleure en France.

Celui que ses proches appellent Sérgio, regarde désormais vers l’océan. Son idée: reprendre la marche à Fátima pour rejoindre Lisboa, puis poursuivre jusqu’à Madeira en pédalant sur une embarcation adaptée. Le projet reste à construire, à commencer par l’achat du bateau et sa transformation. Il nous explique ce qui le pousse à repartir et comment il envisage cette traversée en solitaire.

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Que retenez-vous de votre voyage à pied entre la France et le Portugal?

France-Portugal à pied m’a beaucoup aidé. Cette aventure était liée à trois promesses. La première était personnelle: je traversais un divorce, je tenais un commerce que je ne pouvais plus garder et je n’allais pas très bien. La deuxième était de faire connaître la situation de ma nièce, qui souffre de crises d’épilepsie sévères, et l’association Luna 40, dont mon frère est Président. Je voulais qu’on puisse lui venir en aide et rencontrer d’autres personnes confrontées à la même situation. Enfin, je souhaitais rendre hommage à tous les Portugais qui ont quitté le Portugal pour venir en France dans l’espoir d’une vie meilleure.

Pourquoi souhaitez-vous maintenant rejoindre Madeira par la mer?

Mes parents sont originaires de Santa Cruz, à Madeira. J’y ai fêté mes 18 ans et j’ai toujours dit qu’un jour, j’y retournerais par mes propres moyens. J’ai déjà fait les Vosges-Fátima à pied. Maintenant, je voudrais repartir de Fátima, où je ferai une prière pour demander à être protégé, puis marcher jusqu’à Lisboa. Ensuite, je poursuivrai jusqu’à Madeira avec un bateau transformé pour avancer grâce à un pédalier, sans moteur ni voile.

À quoi ressemblerait cette embarcation?

J’ai repéré un bateau en Angleterre, conçu à l’origine pour quatre personnes et pour avancer à la rame. L’idée serait d’y installer un système de pédalier au centre, tout en conservant la possibilité de ramer pour m’aider dans les courants. Il comporte deux cabines: l’une servirait au couchage et l’autre au rangement de la nourriture, de l’eau et du matériel. Je prévois aussi des équipements de communication, un GPS, des fusées de détresse et du matériel de sauvetage. Je cherchais une embarcation capable de se redresser si elle se retourne. Je suis conscient que cette traversée est dangereuse.

Quand espérez-vous partir et combien de temps pensez-vous passer en mer?

Le départ est prévu pour juillet ou août 2029. Cela me laisse le temps de réunir les fonds, d’acheter le bateau, de le transformer et de trouver des sponsors. Il n’y a pas que l’embarcation à financer, il y a aussi tous les équipements. J’estime la traversée à environ trois semaines, mais les courants seront une difficulté importante.

Avez-vous déjà une expérience de la navigation?

Non, je pars vraiment de zéro. J’ai fait un peu de voilier quand j’étais petit et de la plongée, mais je n’ai pas beaucoup de connaissances en mer. Je suis en contact avec une personne qui a une grande expérience des voyages en bateau à pédales et qui me conseille énormément. Je souhaite également passer des permis bateau pour acquérir des connaissances. Je veux apprendre le maximum de choses avant de partir.

Comment vous préparez-vous à vous retrouver seul sur l’océan?

Je regarde beaucoup de vidéos de personnes qui partent seules. Je suis quelqu’un qui n’aime pas la solitude. Pendant France-Portugal à pied, j’ai fait énormément de rencontres. Là, ce sera complètement différent. La personne qui me conseille insiste beaucoup sur le calme en mer, sur le fait de se retrouver sans personne autour de soi. C’est quelque chose auquel je dois me préparer. Pour le physique, je compte notamment faire du vélo et travailler mes jambes.

Comment envisagez-vous la vie à bord et les contacts avec vos proches?

L’organisation reste à préparer. Je prévois d’emporter de la nourriture et de l’eau, avec l’idée de prendre mes repas matin, midi et soir, quand ce sera possible. Pour le sommeil, il faudra rester vigilant face aux autres bateaux. Certaines nuits risquent d’être compliquées. Je me renseigne sur les moyens de communication, notamment par satellite. Je ne pourrai pas forcément appeler mes proches quand je le voudrai, mais je veux disposer du nécessaire pour pouvoir alerter les secours en cas de problème.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans cette traversée?

J’ai deux grandes peurs: les orques et les courants. Je crains une rencontre avec une orque qui pourrait endommager le bateau. Pour les courants, la personne qui m’accompagne dans la préparation m’a donné une image: atteindre Madeira, c’est comme chercher à rejoindre un arbre au milieu de l’océan. L’île paraît toute petite dans cette immensité. Ma peur, c’est de pédaler sans réussir à avancer dans la bonne direction.

Quel budget représente le projet et comment peut-on vous soutenir?

J’ai fixé l’objectif de la cagnotte à 30.000 euros. Le bateau que j’ai repéré coûte déjà environ 15.000 euros. Ensuite, il faut financer sa transformation, les équipements, les formations et toute l’organisation, y compris la marche entre Fátima et Lisboa. Au moment où nous parlons, la cagnotte atteint 115 euros. On m’a dit de ne pas être pressé, alors je prends le temps. Je recherche aussi des sponsors, qui pourront notamment avoir leur logo sur le bateau. Chaque soutien peut m’aider à faire avancer le projet.

Vous avez choisi cette phrase pour présenter votre aventure: «Seul sur l’océan… mais jamais sans vous!» Que signifie-t-elle pour vous?

Je serai seul sur l’océan, mais si j’y arrive, ce sera grâce à mes sponsors, à mes abonnés, à ma famille et à mes amis. Je sais qu’il y a du monde derrière moi. J’ai besoin de leur soutien, qu’il soit financier ou moral. C’est pour cela que j’ai écrit cette phrase: je serai seul à bord, mais ce projet, je ne pourrai pas le réaliser tout seul.

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Une cagnotte en ligne a été lancé par José Serge de Freitas. Elle comptabilise actuellement 115€. Vous pouvez le soutenir ICI.

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