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Manuel dos Santos Jorge est psychologue et psychanalyste en région parisienne. Il s’occupe de patients étrangers et observe les difficultés psychologiques liées à la pandémie.

Manuel dos Santos Jorge a réalisé ses études en psychologie au Portugal et possède un doctorat sur Fernando Pessoa, concernant ses différents hétéronymes et leurs liens psychanalytiques. Aujourd’hui, il travaille essentiellement avec des étrangers portugais ou espagnols, ne parlant pas, ou très peu, le français. «Je connaissais la langue et je me suis dit, pourquoi pas, car les gens avaient du mal à trouver quelqu’un qui parlait portugais ou espagnol. Maintenant, ils peuvent parler et faire l’état des choses sur les problèmes qui s’opposent à eux» explique-t-il au LusoJornal. «Souvent ce sont les gens qui souffrent beaucoup de l’angoisse ou simplement de ce qu’on appelle les choses de la vie. Il ne faut pas avoir une vie exceptionnelle pour se sentir triste. Parfois, les dépressions arrivent car on ne sait pas comment on va se débrouiller dans le futur. C’est intéressant d’entendre quelqu’un parler qui sait ce qu’il dit, à qui il le dit et comment le dire. Il faut créer le dialogue avec les patients et souvent c’est difficile d’être inséré dans l’intimité de l’autre».

 

L’angoisse et la dépression de plus en plus récurrentes

Manuel dos Santos Jorge a observé, pendant les différents confinements, que certaines pathologies étaient de plus en plus récurrentes comme l’angoisse ou la dépression. «Tout le monde a été touché, c’était très angoissant. Les gens ont surtout eu des problèmes dans le début de la pandémie, ils ne savaient plus quoi faire, tous nos repères n’avaient plus de sens. C’est terrible pour les personnes qui peuvent déjà avoir des névroses à la base. La cohabitation n’était pas toujours facile. Il faut créer le dialogue avec ceux qui sont avec nous dans la maison, mais aussi avec les autres. Beaucoup de personnes n’avaient plus d’espoir, mais il reste important de parler, de s’appeler et rester en contact. Cela aide à se sentir mieux».

Le psychologue a aussi fait face aux conséquences du confinement puisqu’il a mis en pause son travail avec ses patients, il a donc dû trouver une nouvelle manière de les aider. «Même si nous étions sur le second plan, j’ai quand même travaillé par téléphone. Ce n’était pas le même travail, souvent les personnes me parlaient simplement de leur quotidien et ils avaient juste besoin de se confier».

Cependant, Manuel dos Santos Jorge s’inquiète du relâchement des Français après la levée des restrictions sanitaires. «Il faut faire les choses dans le bon ordre. Ça fait du bien de sortir, de s’amuser et de se retrouver et c’est normal, mais il faut se rappeler à soi-même et se mesurer. On ne pas peut tout faire à la fois».

 

Les violences domestiques en hausse dans les familles portugaises

Depuis de nombreuses années, les violences domestiques sont en hausse et notamment dans les familles portugaises. Pour le psychologue, la pandémie et l’enfermement lors des confinements n’a fait qu’augmenter ces violences. «On se posait déjà la question avant le Covid-19, mais c’est venu accélérer le phénomène à un niveau terrible. Les gens sont tellement frustrés, ils pensent qu’ils sont foutus, donc ils rejettent la faute sur l’autre. Quand on ne voit rien par rapport à soi-même, ça déprime et cette dépression ternie la vie. On devient alors violent et on commence à agresser, l’agression peut très vite déraper. On ne sait plus qui on est et comment se dépatouiller. Cela peut avoir de grosses conséquences et il faut se faire aider».

Le psychologue se réjouit de l’idée du Gouvernement français qui permet aux enfants de 3 ans à 17 ans d’obtenir des séances gratuites chez le psychologue. «C’est une très bonne idée. Il faut offrir et faciliter la possibilité de rencontrer quelqu’un qui puisse les aider. Ça peut ouvrir les portes que les gens avaient coincés, car ils avaient peur».

 

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