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Dans quelques jours, à Batalha, au Portugal se tiendra le 22ème Congrès du Parti socialiste portugais. C’est à Batalha où la victoire d’Aljubarrota (1385) tut les velléités des Castillans à s’approprier ses terres voisines riches de promesses. C’est à Batalha que fut édifié le Monastère des dominicains de Sainte Marie de la Victoire, classé au patrimoine mondial de l’Humanité, dont la taille ou mieux dit le tissage de la pierre manuélin rappelle, encore aujourd’hui, à la mémoire des Portugais.e.s la nécessité du combat pour honorer les victoires passées et préparer celles à venir.

C’est à Batalha que les militants socialistes héritiers de l’Idée géniale de la Génération des 70, (1) se retrouveront ces jours-ci, cette Idée qui répondit à ce cri de toute l’Europe de la fin du XIXème siècle: «pour tous, la richesse, pour tous, l’égalité, pour tous la lumière!» (2).

Si les Statuts invitent le PS à se réunir en Congrès, la date n’est pas seulement statutaire mais historique car il s’agit d’un rendez-vous crucial donné à ses militants, comme à ses concitoyens avec les défis majeurs aux portes de la prochaine décennie 2020-2030.

Il est donc question d’ouvrir des pistes, de répondre aux problèmes posés à nos sociétés à l’aube des années 20 du XXIème siècle. En ce sens, António Costa défendra le texte d’orientation, la Motion de stratégie globale qui l’a fait réélire confortablement à la tête du PS et le conforte à la tête du pays. 31 pages de lucidité d’un leadership qui se fixe quatre axes de travail pertinents, au service de l’avenir: le combat contre les inégalités, le défi démographique, les changements climatiques et la question désormais centrale de la société numérique.

Si la «gerigonça», l’Union inédite et inespérée de la Gauche portugaise, au lendemain de la défaite électorale aux Législatives du 4 octobre 2015 (3) a réussi à tourner la page tragique de l’austérité qui a tout coupé: salaires, acquis sociaux, sourires et même, les œillets les plus solides du Portugal, tel le SNS (4) dont le fondateur António Arnaut vient de nous quitter, pour provoquer la sortie hémorragique de plus de 800 mille Portugais entre 2008 et aujourd’hui.

La pugnacité de l’habile stratège qu’est António Costa n’est plus à prouver. S’il reste bien du chemin au Portugal, en termes de qualité de vie malgré l’augmentation récente du salaire minimum et des petites retraites, comme le retour aux salaires d’avant la faux aveugle de l’austérité, le chômage monté à 17,5% en 2013, est bel et bien revenu à 7,9% en janvier 2018, les finances publiques désormais assainies, la confiance s’installe.

Si ce texte important ne dit rien sur les concitoyens nombreux du monde, les enjeux pour ces derniers, réputés grands travailleurs mais invisibles, sont réels. Pourquoi? Parce qu’il s’agit de droits fondamentaux respectant la plus simple et plus stricte application de l’Article 14 de la Constitution du Portugal (5).

Entre «cá e lá» (6) demeure un lien fort qui exige plus de passion que de compassion et dit l’impératif politique d’une meilleure représentation et pratique démocratiques.

Les revendications politiques des militants portugais socialistes à travers l’Europe et le Monde, qui portent, par ailleurs, les revendications concitoyennes, plutôt anciennes, n’ont jamais été autant d’actualité, à l’heure de la société numérique:

S’il faut défendre l’idée valable de la création d’un Musée nationale de l’Histoire du drame de l’émigration de nos parents qui ont continué le rêve de nos aïeuls du XVIème siècle, pour enseigner «à l’intérieur continentale» toute la vie des Portugais de l’extérieur et leur contribution à l’universalité, s’il faut continuer à protéger et à enrichir le tissu diplomatique et consulaire autant que de donner tous les moyens à l’Institut Camões d’enseigner la langue portugaise dans le monde, à ses enfants comme à tous les autres enfants du monde, il faudra plus que jamais mieux représenter les Portugais (4 Députés seulement pour plus de 6 millions de personnes contre une France qui offre 11 Députés de l’étranger, 12 Sénateurs de l’étranger et une Assemblée de 90 Conseillers consulaires, pour moins de 2 millions de français résidant à l’étranger). Ceci dit, parmi plus de 4 à 5 générations de Portugais de l’étranger, les revendications essentielles coulent de sens:

Recensement électronique;

Vote électronique;

Altération de l’Article 6 du Code électoral qui interdit à une génération formée et préparée à faire de la politique à l’ère globale, malgré et à cause d’une double nationalité de se présenter dans les circonscriptions de l’étranger où ils sont et/ou ils résident;

Si António Costa et son Gouvernement ont respecté leur engagement «prometemos, cumprimos» (7), travailleurs, déterminés et visionnaires en choisissant une alternative réelle et efficace d’ordre néokeynésien, contre l’austérité lapidaire, sans l’ombre d’un indicateur économique qui ordonnait de le faire, ayant pour guide le courage de protéger son peuple sans le priver ni d’espoir, ni de progrès vers l’égalité. Cette promesse faite au peuple portugais de l’intérieur étant tenue, elle est la même adressée aux Portugais du Monde, si parfaitement formulée jadis naguère par notre Fernando Pessoa «Être Portugais, c’est être Tout».

Plus que jamais, il appartient à la génération 20/30 de tenir entièrement cette belle promesse et nous en sommes!

 

 

(1) Génération de 70 ou de Coimbra.

(2) Eça de Queirós, écrivain et intellectuel portugais.

(3) https://jean-jaures.org/sites/default/files/note-290_0.pdf

(4) Serviço Nacional de Saúde (Sécurité sociale portugaise).

(5) Les citoyens portugais qui se trouvent ou résident à l’étranger jouissent de la même protection de l’État dans l’exercice de leurs droits et sont assujettis aux devoirs qui ne soient pas incompatibles avec l’absence du pays.

(6) Ici et là-bas: l’Europe-Monde et le Portugal.

(7) «Nous avions fait des promesses, nos promesses ont été tenues».

 

 

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