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La hausse du prix du carburant a grandement impacté plusieurs secteurs d’activité, du simple particulier au grand chef d’entreprise. Les causes et les conséquences de cette augmentations sont nombreuses.

Pascal de Lima, économiste et conférencier français aux origines portugaises, a accepté de nous éclairer sur le sujet en répondant à quelques questions lors d’une interview pour LusoJornal. Il est l’auteur de «Capitalisme et Technologie: les liaisons dangereuses» publié récemment aux éditions Forbes.

 

Que pensez-vous de la hausse du prix du carburant?

C’est une hausse qui va certainement perdurer dans le temps, je me fie notamment sur les opinions des Présidents de la grande distribution, comme Leclerc, Carrefour, qui distribuent de l’essence également et qui ont été interviewés. Le constat est que ça impacte tous les types de produits pétroliers ou parapétroliers. Il y a également une hausse assez vertigineuse depuis février, c’est là effectivement qu’on voit des vitesses de croissance impressionnantes.

 

Selon vous, quels sont les causes et les conséquences de cette hausse?

Les causes… bien évidemment qu’il y en a plusieurs. Tout d’abord, il y a une petite hypocrisie: si on dit que l’on n’est pas dépendants de la Russie, même si ce n’est qu’à 9% et que ce n’est pas autant que nos voisins européens, ça reste tout de même important et en réalité c’est un ensemble de choses qui font que la guerre en Ukraine est quand même l’une des causes de cette hausse. Je dirai ensuite que la deuxième cause c’est une certaine dépendance. La France a des possibilités d’approvisionnement alternatif en essences ou en pétrole dans d’autres pays, notamment aux États Unis ou en Arabie Saoudite… mais il faudrait beaucoup de temps pour les mettre en place et surtout pour ne plus dépendre du tout de la Russie. La troisième raison c’est une raison managériale, le manque d’innovations dans les procédés d’approvisionnement, des innovations qui permettraient d’automatiser les chaines d’approvisionnement afin d’aller beaucoup plus vite. Les conséquences de tout cela, c’est que bien évidemment les particuliers prennent de plein fouet les résultats de cette hausse, parce que souvent ils utilisent beaucoup leurs voitures pour aller travailler très loin. Même avec la remise de 18 centimes par litre, ça ne change pas grand-chose.

 

Justement, pensez-vous que cette crise va nous pousser à faire une transition plus écologique?

Comme je le disais en essayant de faire un petit constat sur les conséquences, il y a le fait que tout subventionnement par l’État pour l’essence reste bien évidemment des mesures à court terme. Évidemment, on n’a rien résolu avec notre dépendance aux énergies fossiles. Ce que je veux dire par là c’est qu’il y a déjà eu une crise pétrolière qui avait impacté 24% de la production à l’échelle mondiale vers la fin des années 70 et là on en a une autre qui est liée à une guerre. Dans 20 ans il y en aura encore une autre et on ne change toujours pas notre modèle de consommation. La meilleure façon de faire est de consommer propre, le tout moins cher, donc c’est évidemment la transition écologique qu’il faudrait. Pour moi, il faut un environnement pétrolier sain et écologique et il y aura bien évidemment des effets favorables sur l’ensemble des énergies, ainsi que sur leurs prix. Et à condition que cette transition écologique ne soit pas animée par des lobbies commerciaux comme avec des produits qui ont une apparence écologique, mais qui ne le sont pas. Prenons pour exemple les voitures électriques qui ne consomment pas d’essence, mais la fabrication de leurs batteries consomme beaucoup d’énergies.

 

Quel est l’impact de la hausse du prix du carburant sur le pouvoir d’achat?

Cette hausse impacte les riches et les pauvres, mais ça impacte grandement les classes les plus démunies et accentue plus les inégalités. La proportion à consommer étant très dépendante des produits de première nécessité, on parle d’essence aujourd’hui, le budget est impacté beaucoup plus et c’est un vrai souci. Bon, après il y a les mesures gouvernementales ciblées, une première, une deuxième… autant créer un univers d’assistés…

 

Pensez-vous que le Gouvernement français met tout en œuvre pour faire face à cette crise?

Ce que fait le Gouvernement français nous est égale, ce ne sont que des petites mesures opérationnelles à court termes, tel des pansements et je ne pense pas que c’est efficace. C’est la technique qu’il faut changer, tel que des investissements à long termes, de vraies transitions écologiques et de véritables changements. Pour l’instant nous n’avons rien résolu… On se demande si l’on peut faire quelque chose de plus simple, plus globale, plus profond et plus efficace.

 

En attendant, les vraies mesures, que pouvez-vous conseiller aux entrepreneurs de faire aujourd’hui pour essayer de faire face à cette crise?

Essayer de petites alternatives, tel que diminuer la consommation d’électricité, essayer de nouveaux concepts plus écologiques, réduire les coûts en réduisant les dépenses, sans toucher aux salaires.

 

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