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Un concert de Samba, ce n’est pas un concert comme les autres, car le Samba, c’est notoire, s’écoute, mais se danse aussi. Il ressemble davantage à un concert de rock qu’à ceux de musique classique, de jazz, ou de fado, où le silence est de rigueur.

La belle salle de la Cigale avait, ce vendredi 17 mai, été aménagée en conséquence pour accueillir Martinho da Vila, célébrissime sambiste, ses musiciens, bandoliniste, guitaristes et percussionnistes de haute volée et ses choristes: deux de ses filles, dont Maira Freitas, qui est bien plus qu’une choriste. Elle est en effet une pianiste virtuose, aussi à l’aise dans la musique classique que dans le jazz et les musiques brésiliennes, vocaliste talentueuse, compositrice et arrangeuse, bien connue au Brésil, et elle donna la réplique à son papa chéri plusieurs fois lors du concert.

C’est au Groupe de Samba de Paris que fut confié le soin, dans une première partie ininterrompue à la façon des rodas de samba, de chauffer la salle. Mission accomplie.

Puis vint le maître avec deux chansons lentes, dont la première en hommage à son village natal, «Duas Barras», dans la campagne de l’état de Rio de Janeiro, et la seconde évoquant le personnage mythique de la résistance à l’esclavage, «Zumbi dos palmares», demeuré trois siècles après son exécution, dans toutes les mémoires des afro-brésiliens. Il compte ensuite une histoire de la (sa?) vie.

Et après? À la fin de la chanson: «Não sei». Suit le «Fado das perguntas», dédié aux brésiliens du Portugal, et au Fado, qu’il apprécie beaucoup. Ces titres font partie de son dernier cd, sorti l’année dernière au Brésil. Et puis des sambas, refaisant sa carrière à l’envers, des sambas qui chantent les joies et les peines de la vie, qui n’évitent pas la critique sociale, ni l’humour.

Au fil du concert, le rythme des musiques monte, la fièvre du public suit. Martinho a vite tombé la veste, il esquisse parfois avec une souplesse de jeune homme, ces petits pas du samba qui paraissent si simples et qui rendent si souvent ridicules les étrangers qui s’y essaient. Il s’assied parfois pour chanter. 81 ans quand même, ça mérite de petites poses. Mais le punch domine l’ensemble de la soirée, la voix chaude et décontractée, si reconnaissable, est intacte, le sens du rythme implacable, la bonne humeur constante: Martinho da Vila digne de sa légende.

Au moment où il reprend sa veste, saluant le public, tout le monde sait bien qu’il va revenir pour une petite dernière. Il revient en effet, mais c’est pour deux pots-pourris d’enfer, l’un de sambas de enredo célèbres, l’autre des ses plus grands succès, plus «Mulheres en intégral», plus deux autres chansons à capela pour finir. Presque deux heures en scène, public en délire, des banderoles «Lula livre» apparaissent, ce qui ravit Martinho, citoyen engagé.

La Cigale, pleine à craquer, avec bien sûr une forte représentation de la Communauté brésilienne, a vécu une soirée mémorable, tout le monde espère que ce ne sera pas la dernière à Paris, car Martinho y est venu rarement. Et moi aussi.

 

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