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Tourlaville: Camp portugais, après l’Armistice de novembre 1918

Coll. Goodland - CWGC (cimetière Tourlaville) Coll. Goodland - CWGC (église Tourlaville) CWGC (plan du cimetière de Tourlaville) Coll. Bruno Vieira Coll. Bruno Vieira
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En 1919, à Tourlaville, commune de la côte normande, existe un lieu que la presse nomme au départ des soldats vers le Portugal: «Le camp portugais».

L’analyse des écrits de l’époque et d’un reportage du soldat-photographe de guerre Arnaldo Garcez, permet d’apporter quelques compléments concernant ce lieu.

Non loin de l’église de Tourlaville (voir la photo), se trouve le cimetière communal. Des sépultures (voir le plan du cimetière), de soldats britanniques morts pendant la guerre, coexistent avec celles de soldats portugais morts en attendant le départ vers le pays nourricier.

 

La commune de Tourlaville

Elle se situe à quelques kilomètres à l’est de Cherbourg. Le cimetière communal se trouve au sud-est. Une partie est réservée au cimetière militaire britannique (croix de bois visibles sur la photo datée de l’été 1921), séparé du communal par un mur de pierres en 1919. The Commonwealth War Graves Commission (site CWGC) relate que la majorité des enterrements datent de décembre 1917 à janvier 1919, les hôpitaux alliés étant à proximité.

Des inhumations de soldats portugais ont lieu après cette date. Tourlaville est camp de repos, à l’arrivée des prisonniers libérés de l’Allemagne.

 

Aparté:

La commune est fusionnée avec Cherbourg aujourd’hui, pour former Cherbourg-en-Cotentin. Les sépultures portugaises sont exhumées, puis ré-inhumées dans l’unique Cimetière militaire portugais de Richebourg (Pas-de-Calais).

Cherbourg (département de La Manche) est un port de passage obligé pour les soldats et prisonniers de nombreuses nationalités pendant la I Guerre mondiale.

La ville est le point d’embarquement pour le retour au pays des soldats du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP), comme l’attestent les nombreux bulletins militaires. Elle est également le lieu de débarquement de soldats du CEP revenus travailler en France pour la Commission Portugaise des Sépultures de Guerre (CPSG) à l’été 1919 (1).

La Commission a ses quartiers à La Gorgue (Nord), lieu non encore déterminé.

 

Le reportage photographique d’Arnaldo Garcez au cimetière communal

Le soldat-photographe Arnaldo Garcez (2) immortalise la présence portugaise en France pendant la Grande Guerre, dans la région de Cherbourg en 1919, dans les tranchées en 1917/1918, à l’arrière du front flamand du Nord-Pas-de-Calais, etc… Les clichés échangés par les Nations alliées après-guerre sont visibles sur les sites de la Contemporaine, ex-BDIC, et de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine.

15 clichés sont identifiés à Tourlaville grâce aux photos de 2 sépultures portugaises et à la végétation spécifique liée au climat océanique tempéré: les palmiers.

Ces photographies sont visibles sur le site des Archives historiques militaires portugaises.

Elles permettent de visualiser dans le Cimetière militaire britannique (CMB), des cérémonies funèbres et l’entretien des sépultures portugaises. Des prisonniers allemands et des soldats portugais s’occupent des tombes, sous contrôle britannique. L’entente semble parfaite entre les trois nationalités.

Un cliché visualise un écriteau avec la mention «Portuguese graves», devant des sépultures couronnées de fleurs.

Une inhumation est effectuée en présence de l’Aumônier portugais, Domingos Afonso do Paço (identification possible, puisque c’est ce nom qui est écrit dans un journal ci-dessous…). Sur la croix de bois figure les mots «Aqui jaz», Ci-gît. Il s’agit de João Rodrigues Lopes, mort le 10 février 1919, de péritonite tuberculeuse. Son nom figure dans les listes de prisonniers, faits lors de la Bataille de la Lys du 9 avril 1918 (selon la fiche du Comité international de la Croix-Rouge, CICR, de septembre 1918).

Au retour d’Allemagne, Il est hospitalisé au Camp portugais de repos de Tourlaville, puis transféré à l’hôpital de Cherbourg où il décède (voir le bulletin militaire du site Arquivo Histórico Militar, AHM).

Une autre sépulture est celle de Joaquim Maria Pereira, mort le 28 mai 1919 de septicémie.

Ce reportage photographique est décrit sans être proposé en images. L’utilisation des photos du site AHM est litigieuse, et elles ne sont pas disponibles sur les sites français, pour cette période.

 

Le retour au pays en octobre 1919 et la fête de la reconnaissance

La presse, après l’Armistice, aborde le départ des troupes portugaises vers le Portugal et les dernières cérémonies en leur honneur.

Le journal L’Ouest-Éclair du 4 juillet 1919, relate l’arrivée du croiseur «Pedro Nunes» en rade de Cherbourg, pour ramener un contingent à Lisboa.

L’Ouest-Éclair du 5 août 1919 raconte la fête de la reconnaissance. Les façades des maisons de Tourlaville sont décorées des drapeaux alliés. Est présent le Commandant des troupes portugaises, le Lieutenant-Colonel nommé par le journal «Baron de Cadauro», probablement Carlos de Faria Milanos? (Barão de Cadoro, bulletin militaire visible sur le site des AHM). Il est inscrit à l’Université de Coimbra en 1896, en Faculté de mathématiques (ainsi que Melo e Simas, Commandant la base de Calais en 1918 (3)).

Le journal précise que le cimetière de Tourlaville «compte hélas un grand nombre de soldats portugais». Les enfants des écoles communales et libres déposent des gerbes de fleurs sur les tombes françaises et alliées. La musique portugaise joue les hymnes anglais, portugais et «la Marseillaise».

Le 30 septembre, le journal La Croix écrit qu’un service solennel est célébré en l’église pour les «morts au service de la France», en présence de l’État-major portugais, dont le Lieutenant-Colonel Azevedo et l’Aumônier Afonso do Paço. Celui-ci a prononcé un discours en français et en portugais. Au cimetière de Tourlaville, la cérémonie se termine par une visite aux tombes des soldats alliés: Portugais, Anglais et Américains.

L’Ouest-Éclair ajoute, concernant cette journée, que les soldats portugais, au départ du contingent de la base, disent adieu à leurs morts.

C’est le journal du 8 octobre 1919, qui précise que le Camp portugais de Tourlaville commence à effectuer son déménagement. Les automobiles, les cuisines, les accessoires de campement, sont transportés vers le port militaire de Cherbourg (Arsenal), d’où se fait l’embarquement des troupes.

 

Remarque:

Les photographies d’Arnaldo Garcez, provenant du site des AHM, ne sont pas proposées ici.

Mieux, merci à Bruno Vieira d’avoir partagé, sur Facebook, son album de collection de ces photos, peut-être même album «collector», puisqu’il propose des développements papier des plaques de verre des AHM…

Le mystère est maintenu concernant la provenance de l’album. Les deux photos proposées ici sont localisées à Tourlaville et non Cherbourg (mon avis après analyse…): le Cimetière militaire britannique au Cimetière communal et le Camp de repos portugais en mai 1919.

 

Sources:

(1) Site Mémoire d’histoires: Mariages franco-portugais

(2) Site LusoJornal: Le mariage franco-portugais d’Arnaldo Garcez

(3) Site LusoJornal: Calais base portugaise

(4) La presse normande en ligne, dont L’Ouest-Éclair.

 

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