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Visite d’une délégation de l’Alentejo à Loos-en-Gohelle

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Du 3 à 6 décembre, une délégation de l’ESDIME, l’Agence pour le développement local du Sud-Ouest de l’Alentejo s’est déplacée en visite d’étude dans la région Haute-de-France.

Deux régions opposées géographiquement. L’Alentejo est situé dans le sud du Portugal et les Hauts-de-France, dans le nord de la France. N’est-ce pas là un exemple de l’esprit d’un des pères de l’Europe, Jean Monnet? Le Maire d’Aljustrel, Nelson Brito, a rappelé cet esprit et l’idée fondatrice de Jean Monnet.

Faisaient partie de la délégation de l’ESDIME, des décideurs et chercheurs, les Maires d’Ajustrel, de Ferreira do Alentejo et d’Almodôvar, deux techniciens de Castro Verde et Ourique, des associations de gestion des eaux, deux représentants d’incubateurs, d’association d’entrepreneurs, d’association de producteurs de cochons de l’Alentejo…

Des dires des visiteurs, ce furent quatre jours riches d’enseignements. Quelques-uns ne connaissant pas le film «Les Ch’tis», mais nous ont dit être curieux de le voir, pour confirmer l’impression qu’ils ont du bon accueil que les gens des Hauts-de-France réservent à ses hottes.

LusoJornal a suivi le dernier jour de la visite, le vendredi 6 décembre, journée consacrée à la visite de Loos-en-Gohelle.

Loos-en-Gohelle est une ville de 7.000 habitants qui, en bien des domaines, peut et est prise en exemple. Ville qui a subi, et qui subit encore, les effets de la fermeture des mines de charbon. C’est une ville pilote dans le domaine du développement durable, une ville en transition.

Le programme des visites a débuté à 9h00 en Mairie. Le Maire Jean-François Caron a salué les invités du jour et a présenté sa ville. Après l’échange de cadeaux par les Maires d’Aljustrel, d’Almodôvar et de Ferreira do Alentejo, Manuella Cavaco, Conseillère municipal, membre de la Commission de la jeunesse, du sport, de l’urbanisme et du développement durable, a pris la relève, en développant le travail entrepris dans la ville depuis l’arrêt de l’exploitation minière.

La délégation de l’Alentejo est partie avec beaucoup d’enseignements, tant sur l’aspect du développement durable, des énergies nouvelles que du travail sur l’après de l’arrêt des mines.

Loos-en-Ghoelle est une ville dont 40 à 50% de la population est originaire de l’Europe centrale, l’arrêt de la mine date de 1986, une grande partie du territoire s’est abaissé de 15 mètres à la suite de l’effondrement des galeries de la mine, une population d’hommes qui a souffert et souffre encore de la silicose.

Depuis l’arrêt de l’exploration du charbon, il y a de cela 30 ans, la ville a pris une voie originale. Une ville qui se dit presque en désobéissance, en s’opposant à l’idée majoritaire du «développement à tout va».

La voie originale de Loos-en-Gohelle a été de mettre en action une politique innovante par un projet d’un nouveau siècle en travaillant sur la mémoire collective, en défendant les terrils, en créant un son et lumière, en mettant de l’art dans le paysage et en créant, entre autres, une école de parapente.

Le Maire Jean François Caron a été le porteur du projet qui a conduit à ce que la région, en 2012, devienne Patrimoine Mondial de l’Unesco, une reconnaissance qui devient ainsi internationale.

Loos-en-Gohelle est devenue une ville-modèle, un exemple de ville dans le domaine durable, un exemple dans la conduite du changement, de la mutation, loin de la pensée unique.

Les attentats ont empêché la concrétisation de la visite, mais 300 habitants s’étaient mobilisés pour accueillir les participants de la Cop’21. Loos-en-Gohelle devait être la seule ville a être visitée pendant le sommet parisien. Malgré la non-visite, les habitants sont fiers d’avoir ainsi pu être choisis.

Les changements dans cette ville du Pas-de-Calais se font par la création du système qui tient compte du social et de l’environnementale, en inventant, tout en faisant appel à la participation et concertation de toute la population. Une recherche de changement, non pas par la morale et l’obligation, mais en créant chez la population le désir, en semant un chemin de pierres blanches qui conduisent à l’étoile de l’émergence. Étoile qui brille de plus, la preuve étant sa reconnaissance au niveau régional, national, voire international, l’exemple, entre autres, étant le plan solaire, avec des panneaux solaires au pied des terrils, des maisons passives par la récupération d’énergies naturelles, la couverture d’une église complètement en panneaux solaires.

Ce sont des projets qui donnent confiance à la population locale en l’associant aussi par la culture: la terre d’en bas (la mine, les mineurs) à la terre d’en haut (les agriculteurs qui pratiquent le biologique).

Le changement doit aussi et se fait, par le maintien d’un système qui était complètement intégré. La mine gérait tout: de l’habitat à l’école, en passant par le médecin et les loisirs.

L’objectif de la ville d’ici 2050 est d’être une commune complètement passive, une ville qui a des idées et qui accepte de les partager. Une pratique, qui se veut aussi un exemple: on fait appel au particulier pour qu’il investisse dans les 2.500 m² de panneaux solaires installés par la ville. Un investissement qui rapporte aussi par la vente de l’énergie qui en résulte.

Rappelons par ailleurs que des 230 terrils en activité dans la région en 1990, 60 ont été gardés et 3 sites ont été conservés intacts. Une façon de se rappeler un passé industriel, dur, mais aussi convivial et solidaire.

Les convives ont eu droit à une visite pour mieux se rendre compte des efforts de la ville dans l’aménagement d’un terril, les jardins partagés, la récupération des eaux de puits, l’église avec les panneaux solaires, le champ de panneaux solaires… La surprise a été l’accueil des visiteurs par le groupe de chants de l’Alentejo, Sol do Portugal dans le site minier 11-19.

Le bon repas a été servi au Briquet du Chevalet, ancien café des mineurs, en présence de Mady Dorchies, Conseillère régionale, déléguée au devoir de Mémoire, et de Bruno Cavaco, Consul honoraire du Portugal.

Pour terminer, les Maires de l’Alentejo ont pris la parole pour remercier le bon accueil et les organisateurs: Manuella Cavaco, Bruno Cavaco et Étienne Anginot, ingénieur en agriculture et un traducteur hors pair.

La visite du Louvre-Lens n’a pas pu se faire, les contraintes et grèves obligeant la délégation de l’Alentejo à prendre la route vers l’aéroport parisien après le repas.

Promesse a été faite, par les uns et les autres, de se revoir et de continuer à échanger sur les bonnes pratiques dans le domaine du social, de l’environnemental et sur le devenir des deux territoires.

 

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