Des Portugais dans la Résistance française


Du fait de la I Guerre mondiale, des milliers de Portugais et leur famille résidaient en France, des anciens soldats du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP), de l’Armée française et des travailleurs.

Au côté des Français, lors de la II Guerre mondiale, ils se sont engagés dans la Résistance contre les Allemands. Dans le livret de février 2024 du Comité Sousa Mendes et la délégation néo-aquitaine de la Ligue des combattants et résistants portugais, on peut lire que plus de 500 Résistants portugais en France ont été identifiés, à ce jour.

Quelques informations concernant les Portugais dans la Résistance, dans le Nord-Pas-de-Calais, sont reprises à la suite.

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Luiz Pereira da Silva (1893-1968) est un ancien combattant du Corps Expéditionnaire Portugais et Résistant français. Il est né le 25 février 1893 à Lamego. Après avoir participé à la Bataille de La Lys du 9 avril 1918, son dernier domicile connu est Busnes, près de Lillers. Il va rencontrer une Française, Gabrielle Croix, qu’il épouse en janvier 1922, à Mont-Bernanchon. Il obtient la nationalité française en novembre 1923 (lire ICI).

Un panneau porte son nom francisé, Louis da Silva, à Mont-Bernanchon, pour rappeler qu’il a été Résistant, arrêté en décembre 1943, puis déporté au Camp de concentration allemand de Buchenwald, d’où il est libéré en mai 1945. Il est passé par un camp allemand en Hollande, avant deux camps en Allemagne, selon les archives Arolsen. Issu de ces archives allemandes, une carte de prisonnier le nomme Louis Fachina da Silva, le dit interné pour espionnage et sabotage et donne des éléments de description physique.

La fille de Luiz, Fernande da Silva (1922-1994) est également entrée dans la Résistance. Elle faisait partie des Forces françaises combattantes (FFC), Réseau «Sylvestre Buckmaster». Fernande est née Da Silva Fachina, à Mont-Bernanchon, décédée à Orléans. Selon les archives Arolsen, son nom figure dans un livre des prisonniers de la maison d’arrêt de Leipzig en Allemagne.

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José Francisco Botas (1895-1965), ancien combattant du CEP pendant la I Guerre mondiale est démobilisé en France en août 1920 (lire ICI). De son union libre à La Gorgue avec une Française, naît en décembre 1920 un garçon illégitime qui sera soldat au 110ème Régiment d’Infanterie, sous le nom Joseph François Jean Caron (1920-1944), parfois appelé Capon dit Botas. Mort pour la France en novembre 1944, son nom figure sur le monument aux morts de la commune. Résistant lors de la II Guerre mondiale, il fait partie des troupes françaises de Libération, engagées en septembre 1944 au côté des Alliés pour libérer Dunkerque des Allemands.

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Eduardo Braz (1894-1944), dit le Portugais, né à Lisboa, est recensé comme travailleur à Isbergues en 1921 (lire ICI). Ancien soldat du CEP, il a épousé Mathilde Degroote en 1928. Il est connu pour avoir appartenu à la Résistance française lors de la II Guerre mondiale, mort en septembre 1944, à Aire-sur-La-Lys, où il est enterré au Carré du Souvenir français. Le nom de Braz figure sur le Monument commémoratif du Réseau Sylvestre FARMER de la ville de Lille, parmi 263 Résistants.

Note : Un correspondant, Janjaak Lobert, dit que «Le monument a été érigé dans le cimetière sud de Lille en hommage aux agents, du Réseau Sylvestre Farmer commandé par le Britannique Michael Trotobas, tombés pendant la guerre. Michael Trotobas dit ‘Le Chat’ et le père Henri Lobert ont fait partie du Réseau ainsi que Marcel Mestdagh, Francis Doornaert, devenus sapeurs-pompiers après s’être engagés dans la défense passive et aussi Bidault et le Pasteur Nick fondateur de la maison du peuple à Fives-Lille».

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Une infirmière, religieuse, engagée dans le Réseau Alibi, à la fin de la II Guerre mondiale (lire ICI).

Marguerite Marie Dumas (1904-1980), sœur franciscaine du nom d’Edwige, est née dans le district de Lisboa, concelho d’Amadora, freguesia de Damaïa. Elle s’engage dès l’été 1940 dans le Réseau Jean de Vienne et obtient sa Carte du Combattant de l’Office National des Anciens Combattants (ONAC) du Pas-de-Calais en mai 1967. A l’hôpital de Calais, elle a pris en charge des soldats Alliés et aidé à leur évasion.

Née au Portugal, élevée en Argentine, d’un père français, d’une mère argentine, d’un grand-père anglais, Sœur Edwige n’était-elle pas prédisposée à cette Résistance à une privation des libertés ?

LusoJornal