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Les associations portugaises en France: l’exemple du Nord et Pas de Calais

«Sinto grande alegria

(Je ressens une grande joie)

De entrar nesta associação

(d’entrer dans cette association)

Beber três copos de Verde

(Boire trois verres de ‘Vert’)

Minha única distração»

(Mon unique distraction)

 

Des vers simples, écrits par un poète populaire, adhérent de l’Amicale des Parents Luso-Français de Roubaix, M. Fernandes, originaire d’Arcos de Valdevez.

C’est avec ce poème que nous introduisons le travail de 80 pages que nous avons réalisé en septembre 1986 à la demande de M. Catani, Directeur de l’équipe du CNRS qui travaillait sur le thème des migrations internationales et de l’étude qui avait pour thème: «Le rôle du mouvement associatif dans l’évolution des communautés immigrées».

Le sujet traité par nous, dans le cadre de cette recherche, fut: «Immigration et mouvement associatif portugais dans la région Nord de la France».

Le poème d’introduction de notre travail, est certes réducteur, mais résume, en partie, l’importance des associations pour la plupart des Portugais en 1986, probablement encore plus que de nos jours.

Le réseau d’associations portugaises en France est depuis 1986 en perte de vitesse au niveau quantitatif, toutefois il a gagné, par endroit, en qualité, avec le développement d’activités à caractère culturel plus marqué, avec l’intervention de jeunes titulaires d’études universitaires. On y vient aussi dans une démarche de recherche de ses origines, de connaître et promouvoir la culture du Portugal.

Dans ces mêmes associations, on y côtoie ces deux dernières décennies, bien plus que des personnes d’origine portugaise, à l’exemple des clubs de football. Des équipes uniquement avec des portugais ou des lusodescendants, ça devient rare, voire inexistantes.

En 1986, comme encore de nos jours, l’association portugaise est le lieu où l’on rencontre les amis du même village, on discute des vacances passées, des vacances à venir, de la famille, de l’avancement de la maison en construction…

«Boire trois verres, mon unique distraction». Dans cette phrase se résume l’activité principale, encore de nos jours, des associations portugaises de France: le bar, les jeux de cartes, la petite restauration ou la restauration tout court.

Notons qu’assez souvent, des groupements dits associations n’ont souvent même pas de locaux individuels propres: c’est le cas de nombreux groupes folkloriques et chorales. En général ce type d’associations dispose de locaux mis à leur disposition dans un certain chrono horaire par la Mairie, la MJC, les Centres culturels, les Syndicats…

Au début de la décennie 1980, on comptabilisait en France à peu près 700 associations portugaises. Ce chiffre correspondait à une association pour mille à mille deux cents Portugais habitant en France. Un sondage fait, à l’époque, auprès de 250 associations d’entre elles, on comptabilisait une moyenne de 111 adhérents par association.

Ce sont des chiffes considérables, preuve de la richesse associative de l’époque et de son rôle.

Qu’en est-il de nos jours?

Il est certain que le nombre d’associations est en diminution: l’intégration, le non renouvellement des dirigeants qui doivent passer la main, dû à la veillasse, en sont deux des causes.

La représentativité des associations des Portugais de France est-elle aussi en diminution? Combien de personnes fréquentent de nos jours les associations Portugaises de France? Quelles valeurs défendent-elles?

On a calculé que dans les années 1980-1990, un Portugais adulte sur 5 était inscrit dans une association portugaise, soit 12% de la population portugaise en général, enfants et adolescents inclus.

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Le mouvement associatif a toujours été victime de critiques et ceux qui se servaient de ce mouvement, étaient et sont souvent, les premiers à le critiquer. On s’entendait dire que les membres des Directions étaient là pour des raisons monétaires, pour s’acheter des belles voitures…

Malgré le grand manque de moyens, le très peu d’appuis, voir nuls de la part des autorités portugaises, à des degrés de réussite divers, les associations ont eu une importance fondamentale dans l’organisation, la défense, l’information, l’animation, la promotion sociale, culturelle et linguistique, de la Communauté portugaise de France.

Au niveau historique, notons que la première association portugaises de France a été créée en 1962. Il s’agit de l’AOP (Association des Originaires du Portugal) (1). C’était une association antigouvernementale qui avait l’appui du Parti communiste portugais et français.

Cette association se prétendait plutôt, comme une Fédération autour de laquelle d’autres associations viendraient se griffer. À cette date-là, habitaient en France 50.000 Portugais. Dans les années 1980, 20 associations étaient liées à l’AOP. Celle-ci éditait un petit journal qui avait pour titre «Tribune associative».

Le mouvement associatif portugais de France, et probablement pas qu’en France, est à un tournant historique. Le Covid-19 met et mettra à mal la survie de beaucoup d’associations et de groupes folkloriques: manque d’activités, problèmes financiers et contraintes dues au respect des normes en rapport avec la crise sanitaire.

Nous pensons, que l’apogée du mouvement associatif portugais en France a été les années 1980-1990, moment où notre travail sur le mouvement associatif portugais dans la région Nord de la France a été réalisé.

À l’époque, comme encore de nos jours, la répartition géographique des associations est inégale, ce qui est compréhensible. Cela est fonction, elle-même, de la répartition géographique des immigrés portugais.

Au moment de notre étude, on comptabilisait 18.960 (93,2%) Portugais dans le département du Nord et 1.380 (6,8%) dans celui du Pas de Calais.

L’arrondissement de Lille comptait à lui seul 67% des Portugais de la région, avec comme ordre d’importance les villes de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos. L’arrondissement de Cambrai, avec 9%, occupait la deuxième place de la région.

En 1986 on comptabilisait 22 villes avec des associations portugaises: 20 dans le Nord et 2 dans le Pas de Calais.

Dans le Nord, nous avions des associations dans les villes d’Armentières, Bousbecque, Cambrai, Comines, Croix, Denain, Dunkerque, Grande-Synthe, Halluin, Hem, Lille, Lomme, Loos, Maubeuge, Pérenchies, Roubaix, Tourcoing, Valenciennes, Wattrelos et Wervicq Sud. Les deux associations du Pas de Calais avaient pour siège les villes de Lens et Calais.

Le total de Portugais qui habitaient les 22 villes du Nord était de 15.834, soit 77,8% des Portugais du département.

Les Portugais du Pas de Calais, sont à la fois moins nombreux et plus dispersés: Calais et Lens à elles deux n’ont que 80 Portugais, soit 5,8% de la population portugaise du département.

Dans les douze villes qui n’ont qu’une association dans le Département du Nord, la population portugaise y est inférieure à 300 personnes par ville. Quatre villes ont deux associations, trois villes en ont trois.

Les villes avec la vie associative portugaise la plus intense sont Cambrai, Lille, Tourcoing et Roubaix, avec respectivement 4, 6, 9 et 15 organisations portugaises. Il existe une association dans ces 4 villes pour chaque 250 à 320 Portugais y habitant.

 

Inventaire et essais de classement

Nous avons consulté le Consulat du Portugal, de l’époque, pour avoir la liste des associations portugaises recensées par celui-ci en 1986. Il faut dire, qu’encore de nos jours, il est bien difficile d’avoir un chiffre exact, cohérent, tant au niveau régional que national.

Le Consulat nous a transmis une liste avec 32 noms d’associations. Nous y avons repéré 4 qui étaient inactives.

Personnellement nous avons pu compter 63, parmi lesquelles 8 avaient cessé leurs activités.

Comme tout classement, il est critiquable et peut être affiné.

À l’époque, nous avons regroupé les organisations portugaises de la région en: associations culturelles, sportives, religieuses, groupes folkloriques et chorales et radios locales.

 

Le classement est personnel

À titre d’exemple, nous avons classé dans les associations culturelles, l’Association Sporting Club des Portugais de Lille. Quoique ayant une équipe de football, nous l’avons classée dans les associations culturelles. Avec ce classement, nous avons voulu mettre en évidence son effort de divulgation de la langue portugaise auprès d’une centaine d’élèves. Les élèves étant de loin plus nombreux que les joueurs de football du club…

Les associations dites culturelles, ce sont celles qui regroupement le plus d’associés, la raison étant la diversité d’activités qu’elles développent. Le nombre d’associés y sont entre 50 et 1.000, tandis que pour les associations sportives, le nombre d’adhérents tourne plutôt autour de 100, les cas extrêmes allant de 0 à 170.

Les groupes folkloriques sont souvent constitués en tant qu’associations, toutefois ils n’ont, en général, pas d’adhérents. La moyenne du nombre de ses membres est de 45, mais cela peut varier entre 20 et 60: chanteurs, danseurs, porte-drapeaux…

 

Comme nous avons vu plus haut, au milieu des années 1980 il y aurait 12% des Portugais de France qui faisaient partie d’une association portugaise.

Dans la région Nord, les Portugais étaient-ils plus attachés à ces organisations ou est-ce notre effort de recherche qui a permis d’arriver à ce constat?

Nous avons effectué un travail, peut-on dire, de fourmis, auprès de toutes, ou presque toutes, organisations portugaises de la région Nord. Nous avons comptabilisé 4.520, le nombre de Portugais inscrits ou faisant partie d’un organisme associatif portugais dans la région Nord.

Ici les associations représentent un Portugais sur 5, soit aussi plus de 2 adultes de plus de 16 ans sur 7 (2).

Dans la région Nord, les associations se sont créées de façon spontanée, toutefois on peut dire que, d’une façon générale, ce furent des personnalités avec tendances politiques de gauche qui ont eu une influence déterminante dans la richesse du mouvement associatif portugais régional.

 

Date de création ou légalisation des associations Portugaises de la région Nord

Nous avons des indications de la réalisation de matchs de football informels, ainsi que des personnes qui se sont réunies pour danser et chanter dès le milieu des années 1960, toutefois on date de 1966 (1) le début de la vie associative portugaise dans le Nord Pas du Palais, avec la création de l’Association franco-portugaise de Wazemmes, disparue depuis.

 

Fin 1973 on comptabilise 8 organisations portugaises dans la région

Avec le 25 Avril, la Révolution des Œillets, le mouvement associatif s’étoffe, avec une explosion de création d’associations à partir de 1981. Des 56 organisations portugaises en activité en 1986, 29 ont été créées après 1981.

Il y a des constats et réflexions intéressants: dans les premières années se sont surtout des associations sportives qui se créent. Entre 1969 et 1975, des 14 associations existantes, 8 étaient des clubs de football, après cette date seulement 4 clubs ont vu le jour.

C’est compréhensif, cela est à mettre en rapport avec la liberté d’expression (3), l’année 1974 correspond à la naissance des associations dites culturelles. Les 5 associations majeures de Lille, Roubaix et Tourcoing voient le jour à ce moment-là.

Il y a un autre ‘boom’, celui des groupes folkloriques. Ce ‘boom’ a lieu à partir de 1979. Avant cette date, il n’existait que le Groupe folklorique portugais de Roubaix. À la fin 1985, on comptabilisait 16 groupes. Les querelles internes et la multiplication des fêtes expliquent, en partie, le phénomène. Notons que tous ces groupes, représentent presque exclusivement le folklore du Minho.

 

Trois associations religieuses se sont créée dans les années 1980.

À l’exception de l’orchestre Stop 5, créée bien avant, les quatre autres orchestres voient le jour entre 1981 et 1985. La multiplication des fêtes y est également pour quelque chose.

La première émission en langue portugaise dans la région est sur les ondes – sous impulsion d’António Marrucho et Rosa Algarvio – en septembre 1981, dans radio Boomerang, à partir de la MJC de Roubaix, place Fosse aux Chênes.

 

«La guerre des ondes» s’en suivra.

Pour un potentiel nombre d’auditeurs dans la région lilloise de 15 mil auditeurs, 4 radios locales portugaises (4) ont vu le jour: une fin 1982 et 3 en 1984. C’était le temps des “radios pirates”, des radios locales et des interventions policières pour en stopper quelques-unes.

Une de ces radios, la fréquence étant mal réglée, les avions qui passaient dans la région étaient perturbés dans leurs communications, ils écoutaient de la musique portugaise. Par manque de place, la fin de la bande hertzienne a été choisie par Radio Luso-Française, toutefois les émissions en portugais pouvaient être ainsi écoutées par les pilotes. La cause de ce fait était le mauvais réglage de l’émetteur – le plus puissant des radios portugaises de la région – on pouvait écouter cette radio du 108 MHz jusqu’au 125 MHz. Les studios, l’émetteur et les installations étaient de qualité, nous y avons également travaillé personnellement. La police a vite saisie le matériel, ce fut l’arrêt de Radio Luso-Française, elle n’aura vécu qu’un mois.

Cette radio devait loger les animateurs transfuges de radio Boomerang. Les Portugais, avec 5 émissions hebdomadaires, commençaient à faire peur à la direction de cette radio, d’autant plus qu’une fréquence pouvait être racheté. La direction de radio Boomerang, qui est restée fidèle au concept de radio locale jusqu’à nos jours, avait peur que nous les débarquions et que la fréquence soit vendue. Des offres sonnantes et trébuchantes circulaient déjà à l’époque.

Notre désunion et défense de «chapelles» a fait qu’en 1986 il n’existait plus que Radio Triumph qui émettait à partir du Sporting Club des Portugais de Roubaix, rue de Flandres. Celle-ci a elle-même disparu, malgré une manifestation «historique» de 5 mil personnes dans les rues de Lille pour protester contre la fermeture. Sa fréquence, le 103,3 MHz a été retirée à Radio Triumph pour être attribuée à RMC… le pouvoir de l’argent et une certaine mauvaise façon de gérer la radio qui se disait associative, mais qui faisait trop appels à la publicité, devenant de ce fait plutôt une radio commerciale avec tout ce qui implique comme règles, notamment la transparence financière.

Nous sommes, personnellement, pour le dialogue, pour la négociation, pour la non-violence, toutefois notre qualité, du «gentil portugais», peut parfois être à notre défaveur. Radio Triumph et sa disparition, est, selon nous, le bon exemple.

 

Les «mots» utilisés dans les noms des associations portugaises de la région Nord:

Le mot Portugais est de loin le plus utilisé. Les mots: association, sportive, culturelle occupent les places suivantes. Le terme «luso-français» où «franco-portugais» est utilisé 7 fois.

Le caractère régional apparaît sur 3 associations sportives (Covilhã, Aljustralense, Vimaranense) et sur 2 groupes folkloriques (Minho).

Les deux groupes folkloriques de Cambrai font référence au 25 Avril: les Œillets d’Avril.

Autre caractéristique des groupes folkloriques est le fait qu’ils font, souvent, référence à la nature: fleurs, oiseaux, étoiles, papillons…

 

À l’image du Portugal, les associations de la région Nord sont caractérisées par le F

F comme:

Foi

Fátima

Football (football pour les jeunes et «sueca» pour les plus âgés)

Folklore

Fado

Famille

 

La Foi, Fátima, Famille. En 1950 une image de Notre Dame de Fátima est ramenée par une famille portugaise de Lens. Entre 1951 et 1952, deux mille familles accueillent l’image qui a parcouru les maisons de la ville de Wasquehal (5). De 1952 à 1955 la statue est installée dans l’église de Notre Dame de Lourdes de Roubaix. En 1955 l’image repart pour Lens, où elle restera jusqu’à 1975.

En 1974 l’idée est lancée de la création de l’Association des Amis de la Chapelle de Notre Dame de Fátima et de construire une chapelle à côté du Cimetière Militaire Portugais de Richebourg (6).

 

Le Football. Les jeunes-hommes portugais se rencontraient dans un café de Roubaix et dès 1966, des matchs de football sont organisés par eux. Ce n’est toutefois qu’en 1969 que l’Association Sport Club des Portugais de Roubaix voit le jour.

Au niveau sportif, l’Association Récréative et Sportive de Cambrai et l’Association Culturelle, Récréative et Sportive de Valenciennes furent également des pionnières.

Pour la petite histoire, restera le fait que l’Association Récréative et Sportive de Cambrai a choisie pour siège et ses activités, un local en face de la D.S.T (Direction de surveillance du territoire) ce qui va entraîner quelques soucis allant même jusqu’à l’administratif. Le Consul du Portugal à Lille, de l’époque, a dû intervenir.

L’association sera légalisée à la veille de la Révolution des Œillets, le 24 avril 1974.

 

Le Folklore et le Fado. Sur une photo, qui date du milieu des années 1960, on voit des Portugais qui dansent du folklore sur la scène de la salle de Wattremez de Roubaix. Ils dansent, toutefois, sans habits de folklore.

Date de 1970 le début d’un groupe folklorique à Roubaix, toutefois c’est lors de la Saint Sylveste 1971-1972 que deux frères ont l’idée de créer officiellement le 1er groupent folklorique portugais du Nord. Il est né officiellement le 5 février 1972. Il prendra le nom de «Groupe Folklorique des Portugais de Roubaix». Le groupe a profité immédiatement pour enregistrer son premier disque 45 tours avec des paroles qui parlent d’eux, de la ville de Braga et de la ville de Roubaix (7).

 

La toile d’araignée du réseau associatif dans le Nord

De contact en contact, d’information en information, nous avons tout au long d’un certain nombre accumulé et traité un certain nombre d’informations qui nous ont permis de créé une espèce d’arbre ont généalogique de la création des organisations portugaises du Nord de la France.

Dans la première partie de notre tableau, nous y voyons les associations, des organisations, des groupes qui sont nés au sein d’autres organisations portugaises ou qui étaient liés au moment de leur création.

Dans la deuxième partie, nous avons indiqué les associations indépendantes ou plutôt celles qui se sont créées sans liaison à quelconque autre organisation portugaise.

Dans la 3ème partie de notre tableau, nous avons la légende, grâce à laquelle on peut déterminer quelle est la catégorie de l’organisation (culturelle, religieuse, sportive, groupe folklorique, orchestre, chorale, radio), association n’étant plus liée, année de légalisation, nombre d’associés, nombre de membres, association que faisait partie de la Fédération des Associations du Nord de la France et association qui n’existait plus.

Donnons ici l’exemple à partir de l’Association de Coopération Franco-Portugaise de Tourcoing, qu’on peut considérer, d’une certaine façon, comme la mère des associations de la région lilloise.

Créés en 1974, au moment de notre étude elle comptabilisait quatre centaines d’adhérents. En 1976, à partir de cette association sont nés l’Amicale des Parents Luso-Francais de Roubaix et Environs (1.000 associés) et le Sporting Club des Portugais de Lille (160 adhérents). En 1983 se crée l’Association Familiale Franco-Portugaise de Tourcoing (50 adhérents) (8).

Au sein de ladite association est créé en 1981 le Groupe Folklorique des Cruches du Portugal (40 membres) et radio Rali voit le jour en 1983 (50 membres). Les orchestres Liberty et Mirage sont nées au sein de cette même association.

La personnalité du fondateur de l’association, allait à l’époque, jusqu’à qu’on dise: «je vais à l’association de Ramos, de Reis, de Sabino, de Martins, de Apura…).

 

La Fédération des Associations du Nord de la France

La première réunion pour la création de cette fédération a lieu le 30 novembre 1984 sous impulsion de Radio Club dans ses propres locaux de la ville de Croix. Ont assisté à la réunion, 6 associations.

Entre le 30 novembre 1984 et le 28 juin 1985, 13 réunions ont eu lieu, avec un intervalle de plus ou moins 15 jours, chaque réunion ayant lieu dans une association différente.

La création de cette Fédération visait dans un premier temps à créer et à organiser les fêtes portugaises dans la région, évitant les doublons et travaillant à sa réussite financière. Avouons-le, cette Fédération s’est créé, essentiellement, en opposition à Radio Triumph et à une personnalité qui faisait des émissions au sein de celle-ci et qui réussissait, parfois, par des moyens pas tout à fait corrects, à organiser et à tirer profit d’un nombre important de fêtes à la salle Wattremez de Roubaix (9).

La Fédération à laquelle il était demandé de cotiser 100 francs, n’a finalement réussi à associer que 8 organisations portugaises (Amicale Luso-Française de Roubaix, Association Familiale Franco-Portugaise de Tourcoing, Association de Coopération Franco-Portugaise de Tourcoing, Association Lille-Portugal, Radio Club de Croix, Orchestre Étoiles Populaires de Roubaix, Sporting Club de Covilhã et les Fleurs du Printemps de Wattrelos).

Sous l’impulsion du, aujourd’hui centenaire, Belmiro Ramos, délégué régional du Conseil des Communautés Portugaises, une réunion, avec un nombre important d’associations présentes, a eu lieu à La Madeline le 26 janvier 1985. Un appel y a été lancé pour la création d’une Fédération d’associations, englobant la Fédération déjà existante. Appel sans suite.

Témoignant de la faiblesse de la Fédération, c’est le fait que les deux manifestations qu’elle a voulu organiser et qui ont été programmées pour des dates symboliques du 10 juin et du 5 octobre, n’ont pas abouti.

 

Dans notre étude nous avons pris en exemple deux associations

L’Association de Coopération Franco-Portugaise de Tourcoing et l’Association Lille-Portugal.

Nous avons détaillé la création, les statuts, les fondateurs et dirigeants, les installations, le financement, les activités, le rayon d’action et nous avons fait un portrait sur les adhérents (nombre, régions d’origine au Portugal, année d’arrivée en France et activité exercée).

Au moment de la réalisation de notre étude, au niveau régional l’industrie traversait une crise majeure, c’était la fin d’une époque, d’une révolution, le textile est en train de disparaître pratiquement du Nord de la France.

Le Portugal venait de rejoindre le Marché Commun (le 1er juin 1986), l’immigration portugaise et les associations étaient à un de ces tournants.

Le Journal Nord Éclair des 7, 8 et 10 janvier 1986 présente un long reportage sur le Portugal et les Portugais. Jamais le Consulat de Lille n’avait reçu autant de témoignages et protestations contre les propos tenus dans le dit journal. L’immigration portugaise y était traitée d’une façon trop caricaturale. On sentait, dans les propos du journaliste, qu’il avait des idées préconçues sur les Portugais et qu’il n’a pas cherché à vérifier la réalité (10).

Depuis, les choses ont bien évolué. L’idée que la France se fait du Portugal et vice-versa, l’idée que les Français se font des Portugais et vice-versa ont bien évoluées. Les Portugais de France se sont, d’une façon générale, bien intégrés dans la société française.

Si on consulte, actuellement, la liste des associations portugaises que le Consulat du Portugal à Paris met en ligne, nous constatons la présence de 16 associations pour le département du Nord et une pour le Pas de Calais.

Notre constat est que des association manquent à l’appel et deux des présentes dans la liste sont inactives, voir disparues: c’est le cas de l’Association de Wervicq Sud et du Groupe Folklorique «Les Roses du Portugal de Hem».

Qu’adviendra le mouvement associatif portugais en France à la suite du Covid-19 et notamment au niveau de la région Hauts de France?

Intéressant serait de comparer notre étude de 1986, à la situation de début de 2020 et à terme voire le comportement des associations après la fin de la présente pandémie.

 

Notes:

(1) Cette date, n’est pas totalement correcte, d’ailleurs dans la littérature en général sur l’histoire de la vie associative portugaise en France une correction devrait être apportée. Dans notre article publié par LusoJornal le 9 avril 2020 sur la «I Guerre mondiale: les premières cérémonies de la Bataille de la Lys» nous y faisons référence. Grâce à la consultation des journaux des années 1920-1930, nous avons repéré 15 associations d’anciens combattants portugais, l’Association des Amis de Lens et Environs, l’Union Portugaise de Vendin-le-Vieil et la Société Portugaise de Secours Mutualiste du Nord, Pas-de-Calais et Somme.

Une autre association historique est celle qui gère et organise les festivités en honneur des Portugais morts pendant la I Guerre autour du Cimetière Militaire Portugais de Richebourg et du Monument de La Couture. Il s’agit de l’Union Franco-Portugaise de Richebourg dont la création officielle date du 18 juillet 1947.

 

(2) Ces statistiques devraient être un peu pondérées, car 100% des adhérents des associations portugaises ne sont pas Portugais. Le mérite des chiffres et des statistiques est de pouvoir effectuer des comparaisons.

 

(3) Même en France, la Police politique du régime Salazariste était présente (la Pide).

 

(4) Nous n’incluons pas dans cette liste, Radio Star, qui a été créée dans un restaurant portugais de Tourcoing. Lors de sa fermeture administrative, la famille a été jusqu’à faire la grève de la faim en face de la Mairie de Tourcoing. N’incluons pas non plus dans la liste, Radio Luso-Française qui n’a émis qu’un mois.

 

(5) A l’image d’une tradition de certains villages du Portugal, dont la vierge ou le présentoir de la Sainte Famille va de maison en maison, selon un ordre et demande de recevoir l’image dans sa maison.

 

(6) Voir l’article dans LusoJornal du 26 mai 2019.

 

(7) Un Portugais chaque fois qu’il allait au Portugal ramenait des disques qui étaient vendus dans le marché de Roubaix le dimanche matin. Les disques du groupe Maria Albertina, Odemira, Marceneiro, Amália Rodrigues, Teixeirinha étaient les plus recherchés. Le choix étant par ailleurs limité, il était fait en fonction de ce que cette personne arrivait à ramener du Portugal

 

(8) Chaque membre a prêté de l’argent à l’association pour l’achat de ses locaux. Les sommes prêtes ont été restituées aux associés préteurs durant les années de vie de ladite Association.

 

(9) Chaque association roubaisienne avait droit à au moins une fois dans l’année à la salle Wattremez pour y organiser une fête. La personne en question obtenait des autorisations au nom de plusieurs associations Roubaisiennes pour organiser et tirer profit de fêtes qu’il y programmé à plusieurs reprises dans l’année. Lesdites associations n’étaient même pas, parfois, au courant de la demande à son nom. Dès que ce Monsieur est reparti au Portugal, on assiste, malgré tout, au déclin des fêtes organisées au sein de la Communauté portugaise de la région.

 

(10) À la suite d’une triste finale du Tournoi de Croix junior du 8 juin 1987 entre FC Porto et Dynamo de Moscou et des commentaires que le même journal, «Nord Éclair» a publié, nous avons, nous-même, écrit à la rédaction du dit journal, pour protester. Nord Éclair s’est vite pressée d’écrire avoir reçu une lettre anonyme d’un certain António Marrucho. J’ai évidemment dû réagir, d’autant plus que mon honnêteté était mise en cause. Je leur ai fait comprendre qui si on site António Marrucho, cela n’est évidemment pas anonyme. Suite à ma réaction et rendez-vous que j’ai exigé et obtenu auprès d’un membre de la rédaction, Nord Eclair s’est excusé par écrit dans le journal vis-à-vis de moi-même et a rectifié les propos que j’avais contesté de la part d’un journaliste au lendemain de la finale. Le journaliste incitait à que les équipes régionales françaises soient violentes quand elles joueraient avec des équipes portugaises.

De noter qu’à la suite de ladite finale du Tournoi, j’ai également écrit à la direction du FC Porto pour décrire certaines attitudes de ses joueurs et de son staff qui n’ont pas été à la hauteur de l’évènement.

 

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