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Un mauvais coup se joue contre le portugais, exclu de la liste des enseignements de spécialité par la réforme du Bac qui entrera en vigueur dès la prochaine rentrée.

Précisons d’emblée que la protestation de l’ADEPBA n’a rien à voir avec une stérile résistance au changement, ni avec un réflexe corporatiste. Si le Bac et la formation générale des lycéens doivent être améliorés, qu’ils le soient! Mais le portugais n’a pas à en payer les frais, car devant le manque de perspectives créées par cette réforme, les élèves risquent de se détourner de la LVA ou LVB portugais dans la mesure où ils ne pourront pas en approfondir l’étude en spécialité. Et tout affaiblissement dans le secondaire se traduira à terme dans les effectifs du supérieur.

Et ce mauvais coup s’opère au moment où le Portugal vient d’approuver, certes tardivement (le 14 mars), l’accord signé en 2017 avec la France pour la promotion et la diffusion de chacune des langues par chaque partie signataire. Et alors même encore où le Ministère accorde cette année 12 postes au CAPES de portugais, interne et externe, un nombre qui reconnaît la nécessité dont l’ADEPBA se fait l’écho depuis longtemps.

Contradictions ou double langage?

L’ADEPBA demande que le choix des langues pour cet enseignement de spécialité LLCE soit ouvert aux langues dites, par le Ministère, «rares» (le portugais est langue d’usage pour 250 millions de personnes sur quatre continents!) en tenant compte de leur aire d’implantation (singulièrement en Guyane, à la frontière avec le Brésil!), quitte à créer des pôles stratégiques (EIE: Enseignement Inter Etablissements) dans divers lycées où les élèves iraient suivre cette spécialité. Bien sûr, cette demande s’applique encore au réseau des établissements français à l’étranger AEFE.

L’ADEPBA avance encore des propositions concernant le droit de permutation des langues lors de l’inscription au Bac, entre LVC et LVB aussi et demande encore que l’option LVC soit valorisée par un coefficient 2, comme l’est à l’heure actuelle la LV3 (option facultative mais dont les points au-dessus de la moyenne sont multipliés par 2), afin de valoriser le choix des élèves, afin de préserver l’enseignement des langues autres que les habituelles.

Divers organismes portugais ont exprimé leur surprise devant ce projet de réforme qui va à l’encontre des engagements de la France, qui exclut une grande langue du monde, qui bafoue une forte minorité en France même, et qui aboutit à une nouvelle accentuation de la présence de l’anglais. Tout cela n’est pas acceptable et n’est que le fruit d’un aveuglement officiel face au rôle et au statut d’une langue de culture et de négoce. Et s’il s’agissait d’une question de financement, répondons que tout n’est pas «marchandisable».

Diverses personnalités ont déjà ajouté leur nom aux plus de 5.000 qui ont signé la pétition lancée par l’ADEPBA.

Citons Lídia Jorge, Teolinda Gersão, Nuno Júdice, Clara Crabbé Rocha, António Torres, Helder Macedo, Alice Vieira, Pedro Eiras (Université de Porto, écrivain), Margarida Calafate Ribeiro (Université de Coimbra), Luís Maffei (Universidade Federal Fluminense). Remarquons les signatures de Michel Chandeigne, de Anna Lima, éditeurs, d’Élodie Dupeau et Maïra Muchnik, traductrices, celles aussi de Dominique Dreyfus, journaliste documentariste, de Michel Cahen, historien et directeur de recherche au CNRS, ainsi que celles de Bruno Belthoise, pianiste et de Mayra Andrade, chanteuse.

Merci aux nombreux universitaires dans le domaine lusophone ou autres, et aux enseignants de portugais, ou pas. Signalons encore les nombreux élèves et enseignants de Guyane, des Antilles et de la Réunion, qui manifestent une sensibilité particulière à cette question.

Cette initiative a été relayée par la RDP, France Infos, radio Alfa, LusoJornal, Capmag magazine, Agence Lusa et encore le Diário de Notícias.

Et quant à l’Ambassadeur du Portugal en France, il a jugé que le sort fait au portugais dans cette réforme était un pas en arrière pour la Communauté portugaise.

C’est un pas en arrière pour le bon sens! Ajouter votre nom à la liste des pétitionnaires est une urgence.

 

Christophe Gonzalez

Président de l’ADEPBA

 

www.adepba.fr

 

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