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Vivências do Minho est bien plus qu’un groupe folklorique portugais de Tourcoing. C’est une façon d’être, une rigueur dans la tradition.

Cinq ans se sont écoulés depuis sa création, occasion pour interviewer Vigínia Vila Verde, la coordinatrice, l’animatrice…. Elle est aussi à l’origine d’un autre groupe «Os Bate n’Avó».

Elle a des choses à dire et comme on dit en portugais: «sem papas na língua».

 

Vous venez de fêter les 5 ans de Vivências do Minho, vous avez organisé une fête entre vous. Est-ce important de créer cette convivialité entre vous?

Oui, nous avons fêté les 5 ans à huis-clos, comme tous les ans, mais aussi comme tous les anniversaires de nos membres. C’est important, c’est même une priorité et cela fait partie des valeurs que nous souhaitons mettre en avant. Les moments de partage permettent aux membres de se rapprocher entre eux, de faire plus connaissance, de créer de vrais liens, mais surtout de créer des souvenirs ensemble.

 

Comment est né Viências do Minho e «Os Bate d’Avó»? Pourquoi deux entités différentes?

L’association Vivências do Minho s’est créée le 13 février 2015, à sa création nous étions 10 membres issus de la Communauté portugaise. Nous voulions créer un groupe qui soit en totale adéquation avec notre idée du moment qui est dans la mouvance actuelle du folklore: un mélange entre les archives, la mise en scène et le folklore portugais. Os «Bate n’Avó» est né en même temps, nous avions par habitude de nous réunir et d’entonner des musiques paillardes populaires portugaises au son des cavaquinhos. Le nom «Os Bate n’Avó» provient d’une référence à l’émission portugaise de télévision de la célèbre Marina Motta, nommée «Ora bolas Marina». Dans ces émissions, il y avait un sketch récurrent sous forme de parodie de groupe de rock qui avait pour habitude de parodier des chansons, ce groupe s’appelait «Os Bate n’Avó», nous trouvions le nom à notre image: drôle et décalé. Donc, Vivências do Minho pour faire référence à la façon de vivre des anciens, les us et les coutumes, une façon de ne pas uniquement montrer des danses et des musiques folkloriques, mais bel et bien des scènes de la vie courante. Deux entités afin de différencier les deux styles: le premier très stricte dans le respect des traditions, régi par les archives, le deuxième plus laxiste pour ne pas dire sans limites ou presque! Le mot d’ordre étant la légèreté, la rigolade, la bonne humeur, le coté paillard.

 

Cinq ans déjà. Quels enseignements?

En 5 ans… que de chemin parcouru, et autant d’enseignements. Le premier est qu’il faut apprendre à constamment retravailler nos spectacles. Les adapter aux membres qui composent le groupe, à ses qualités, ses forces, mais aussi ses faiblesses. En tant que coach, il faut savoir s’adapter à l’infini. Aux personnes, à leurs niveaux et aussi en fonction des allées et venues des membres. Parfois on est peu, ensuite on est de trop! Le monde associatif étant composé exclusivement de bénévoles, il faut savoir jongler avec les aléas des effectifs. Il faut en permanence former des personnes qui ont des niveaux très différents, un peu comme une maitresse d’école de village d’antan. Si sur ce sujet il faut savoir s’adapter, il faut avoir une rigueur absolue pour ne jamais quitter le chemin de son idée du départ, de sa ligne de conduite. Nous avons créé ce groupe qui a pour concept de réunir le chant, la danse, la mise en scène sous forme de scénettes, le port de pièces vestimentaires de musée d’époque, ne prendre que des chorégraphies, des chants, des musiques et des costumes uniquement en provenance d’archives. Ce choix ne donne pas libre court à des adaptations. Je m’explique, un costume d’époque ne sera peut-être pas au gout de tous, et souvent on voit dans le folklore portugais des rajouts de mètres de tissus pour donner plus de volumes et de spectacle, accélérer les musiques pour faire plus de performance, ajouter des drapeaux, modifier des danses pour se démarquer, or cela reviendrait à modifier l’histoire! En cela, nous avons pris le parti de ne jamais faillir à cette parole. Il est clair que ces choix requièrent de la part de tous nos membres, une acceptation et une compréhension au préalable. Nous ne portons pas, lors de nos représentations, ni maquillage, ni bijoux hormis ceux adaptés et conformes, ni de montres poignées, ni piercing, ni bagues, ni bracelets, ni lunettes. Ces règles sont parfaitement comprises par tous nos membres et nous nous estimons très chanceux d’avoir des membres aussi ouverts d’esprits qui ont compris que respecter ses règles leur permettaient de vraiment se mettre dans la peau de leurs personnages et de leurs ancêtres. Sur scène, il n’y a pas de livre de paroles de chansons, nous faisons tout de tête, ainsi nous pouvons vraiment être dans les conditions au plus proche possible des Portugais de l’époque, qui entonnaient des chants de façon spontanés. Les Portugais étant pour la quasi-totalité des analphabètes, il ne serait pas logique de monter sur scène avec un parolier. Nous sommes conscients que faire du folklore spectaculaire, avec des jupes qui tournent, des jambes dévoilées et des musiques à 200 à l’heure attire plus de monde dans les rangs et dans le public, mais nous avons opté pour ce type de spectacle et l’enseignement nous a appris qu’il faut savoir s’y tenir et ne pas se renier pour plaire à un plus large public.

 

Sur certains spectacles, vous présentez ce que j’appelle du folklore théâtral. Qu’apporte de plus cette forme de spectacle?

Oui, nous avons mis en place deux thèmes: le thème du travail et le thème de la fête. Cette forme de folklore est celle que je viens d’évoquer, qui a donné naissance au projet. C’est une forme de présenter le folklore de façon à remettre les temps de danse et de chants dans leur contexte original. Que veut dire le mot «folklore»? Science des traditions, des usages et de l’art populaires – d’un pays, d’un groupe humain – et l’ensemble de ces traditions. Comme cette définition l’indique, c’est une science, et ça englobe l’ensemble des usages, des traditions, de leurs vies, de leurs quotidiens. Ne montrer que de la danse en costume, à mon sens, ce n’est pas du folklore, c’est de la danse costumée. Savoir réfléchir, faire des recherches sur la vie quotidienne de nos ancêtres, comprendre leurs mentalités, leurs croyances, vous donne énormément de réponses quant à la raison de leurs traditions, de leurs danses et de leurs chants. Les groupes, pour la plupart, vous font des discours sur les danses, sur leur soi-disant provenance, parfois vraies et parfois fausses. Nous préférons laisser le public s’imprégner de l’ambiance, de vivre, de partager leurs ressentis, leurs émotions, le message que nous tentons de leur faire passer. Qui étaient nos ancêtres? Comment vivaient t’ils? En quoi croyez t’ils? Quelle était la place de la femme dans la famille, de l’homme, des enfants…? Tout cela est représenté dans nos spectacles et il faut bien le dire, c’est bien beau de dire nous représentons la région ou la ville de… et aligner 10 danses comme dans un marathon. Je trouve cela très réducteur, en comparaison à présenter un vrai spectacle qui apprend réellement ce que c’était le Portugal, il y a un siècle, en mettant en scène les danses et les chants, dans un contexte de travail ou de fête. Là est la richesse et toute la complexité de montrer, mais surtout de divulguer, notre culture sous une forme beaucoup plus complexe et riche. Un Français se limite pas à un papy avec un béret et une baguette sous le bras! Pour le folklore, c’est pareille.

 

Avez-vous des aides ou d’appuis d’organismes officiels portugais ou français?

Non, pas à l’heure actuelle.

 

Comment Vivências do Minho a évolué?

Nos thèmes de travail et de fêtes ont subi des améliorations avec l’addition de bruits sonores aidant ainsi le public à rapidement se sentir emporté dans l’ambiance. Quant aux danses et aux musiques, puisque nous nous basons sur les archives, nous savons que nous sommes limités. Cependant, nous ne sommes jamais à l’abri de tomber sur un nouveau document.

 

Combien de membres il y a dans les deux groupes?

Dans les «Bate n’Avó» nous sommes au nombre de dix, 4 femmes et 6 hommes. Dans le groupe folklorique nous sommes 30 membres, dont 14 hommes et 16 femmes, de 12 à plus de 70 ans.

 

Avez-vous beaucoup de spectacles au programme?

Oui, déjà samedi prochain, mais à huis-clos, nous animerons un mariage. Le 25 avril nous serons présents pour le dîner-spectacle de Mourisia Amicale, à Quiestède, avec deux prestations: le thème de travail avec le groupe folklorique et une prestation avec le groupe «Os Bate n’Avó». Ensuite, d’autres mariages sont déjà programmés, certains sont même signés 1 ou 2 ans à l’avance.

 

Le groupe a depuis peu mis en ligne son site internet officiel et invite les lecteurs de LusoJornal à y jeter un œil… ou même les 2!

www.vivênciasdominho.com

 

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