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L’étonnante histoire des 44 tombes et du Mémorial portugais au Cimetière de Boulogne-sur-Mer: Révélations

Comunidade

 

 

Beaucoup a déjà été écrit sur la participation des soldats portugais à la I Guerre mondiale, toutefois des interrogations restent persistantes, des recherches sont menées, c’est notamment le cas pour les 44 tombes du Cimetière Est de Boulogne-sur-Mer et du monument qui y a été construit.

Pourquoi les 44 tombes à Boulogne-sur-Mer, alors qu’on n’était pas tout à fait sur le front, soldats passés par où et motif du décès ? D’autres dépouilles de soldats ont été inhumés au Cimetière d’Ambleteuse et rassemblés à Richebourg, pourquoi pas ceux de Boulogne-sur-Mer ? Qui a fait construire le Monument portugais dans le cimetière, avec quels moyens ?

C’est à toutes ces questions que nous allons essayer de répondre, suite à la consultation des archives municipales de la ville de Boulogne-sur-Mer et tout spécialement des dossiers cotes : N7150 et D51/197.

 

Nous avons été de découvertes en découvertes, de révélations en révélations.

Il y avait de quoi écrire un roman, tellement ont été nombreux les courriers, les interventions de diverses entités.

La description que nous faisons ci-dessous, est un résumé chronologique de décisions et de contre-décisions, cela permet de décrypter des rouages, les efforts qu’il a fallu consacrer pour l’aboutissement d’une idée… un exemple.

 

Parlons tout d’abord des 44 corps enterrés :

Ils auraient été enterrés à Boulogne-sur-Mer à la suite de décès provoqués par des blessures, ils auraient passés avant de décéder, notamment par l’Hôpital Saint Louis (basse ville) de la ville.

Il est fait référence dans la presse de l’existence d’une Association d’Anciens Combattants Portugais de Boulogne-sur-Mer. C’est à l’initiative de son Président, Miguel Fabio, que le 17 août 1930 est inaugurée la Croix Portugaise au milieu de presque 3 centaines de soldats portugais enterrés dans le Cimetière d’Ambleteuse, croix qui vient d’être nettoyée, peinte et réinaugurée lors des cérémonies de la Bataille de La Lys du dimanche 3 avril 2022.

Dans la documentation consultée, nous n’avons pas beaucoup d’éléments sur cette association. Une autre créée le 26 avril 1935 aura un rôle bien plus important dans l’histoire des relations entre le Portugal et la France et vis à vis des 44 pierres tombales et monument situés dans le Cimetière de l’Est de Boulogne-sur-Mer et concernant la présence portugaise à Boulogne-sur-Mer (1) et l’influence du vice-Consul, Ruy Oconnor Shirley Pereira (2), nommé par le Ministère des affaires étrangères le 22 mai 1930, en remplacement de Eugène J. Deconinck, ce dernier devenant vice-Consul honoraire lors de la nomination de Ruy Pereira.

Eugène J. Deconinck, vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer a, quant à lui, été nommé par le Ministère des affaires étrangères le 12 février 1920. La Préfecture ayant été sollicitée à son sujet le 19 décembre 1919, elle a donné un avis favorable le 20 janvier 1920.

Le 22 mai 1930, le Ministère annonce que Deconinck est nommé vice-Consul honoraire et que Sherley Ruy O’Connor Shirley Pereira vient d’être nommé en remplacement vice-Consul du Portugal à Boulogne.

Dès sa nomination Sherley Pereira, en accord avec le Gouvernement portugais, a entamé des diligences auprès de la Mairie de Boulogne-sur-Mer pour que le Cimetière de l’Est devienne une nécropole portugaise où seraient réunis des corps des soldats portugais dispersés, notamment à Calais, Étaples et Boulogne.

Au moment des pourparlers, en 1930, il avait déjà dans ce même cimetière 43 soldats portugais inhumés.

Malgré l’accord de la municipalité, le projet de la nécropole portugaise du Cimetière Est de Boulogne-sur-Mer n’a pas vu le jour.

L’histoire va s’accélérer avec la création de l’Association France Portugal en 1935. Il est intéressant de connaître les buts de cette nouvelle organisation. Voici les différents articles de ses statuts :

1er : Développer les relations économiques intellectuelles et morales, entre la France et le Portugal.

2ème : Perpétuer le souvenir des soldats portugais morts pendant la I Guerre mondiale sur le sol français.

3ème : Renforcer l’amitié entre deux peuples par la connaissance réciproque des idéaux et les intérêts de chacun d’eux.

4ème : Organiser des réunions et des conférences, manifestations ou autres cérémonies propres à obtenir des résultats.

5ème : Instituer des prix scolaires portant les noms d’hommes célèbres ou villes historiques du Portugal, prix attribués par voie de concours aux enfants des écoles françaises.

6ème : Poursuivre l’échange spirituel, intellectuel, littéraire et artistique entre les jeunes gens des deux pays, notamment par l’établissement de correspondances, organisation de voyages, cours, vacances, etc.

Chose étonnante, la grosse majorité des membres de cette association lors de sa création étaient français :

Président : Georges Honoré

Vice-Président : Jules Paublan

Trésorier : Paul Solesme

Parmi les autres membres, nous ne trouvons qu’un seul portugais : J.A.Santos.

Histoire très intéressante que celle de ce dernier, que nous évoquerons plus loin.

Le Président Georges Honoré a une rue qui porte son nom à Boulogne-sur-Mer, ainsi qu’une Ehpad. Il fut administrateur-directeur de la Compagnie Bennett, membre (1923), puis Président (1937) de la Chambre de commerce de Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais.

Jules Paublan, historien, publiera en juillet 1939 un livre (3) qui a pour titre : « Histoire de Boulogne, récits et faits, considérations », l’ouvrage est préfacé par le Maire de la ville de l’époque, Eugène Canu.

Paul Solesme, chevalier de la Légion d’honneur. Il a été administrateur de la Fédération Mutuelle de Santé et Union des Sociétés de Secours Mutuels du Pas de Calais, Président fondateur de la Société Mutuelle de Retraites et Anciens Combattants de Boulogne sur Mer et Environs.

José d’Almeida Santos, soldat du Corps Expéditionnaire Portugais, s’est marié le 13 septembre 1920 à Ambleteuse avec Anna Ponchet (4). Dans l’annuaire Ravet-Anceau de 1956, il apparaît comme Vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer, il réside au 6 rue Victor Hugo, en 1965 il est au 14 de la même rue. Il y habitera jusqu’en 1970, date à laquelle on le trouvera au 249 rue Nationale. José d’Almeida Santos aurait été Consul jusqu’en 1976, il décédera le 3 décembre 1980. En 1979 les annuaires Ravet-Anceau ne citent plus le Consulat de Boulogne-sur-Mer, il faut se rendre à Lille pour toute démarche administrative en rapport avec le Portugal.

LusoJornal prépare un dossier sur la présence consulaire portugaise dans le Nord Pas-de-Calais, toutefois signalant ici quelques curiosités pour le Consulat de Portugal à Boulogne-sur-Mer : la « Portaria » 23232 du 02 février 1968, Boulogne-sur-Mer apparaissait comme Consulat honoraire, dépendant du Consulat de Paris, il recevait des ressortissants portugais du Pas-de-Calais à l’exception de ceux d’Arras et Calais. La « Portaria » 71/72 du 7 février 1972 associe le Consulat honoraire de Boulogne-sur-Mer à celui du Havre, toujours avec les mêmes exceptions de traitement pour Arras et Calais.

Les membres de l’Association France-Portugal qui née officiellement le 26 avril 1935, affirment que le but principal de celle-ci est de donner une sépulture individuelle aux corps des 44 soldats au Cimetière de Boulogne Est qui jusqu’à ce moment étaient enterrés deux par deux, par manque d’espace, et de perpétuer le souvenir de tous les autres compatriotes venus en France.

Le 5 août 1936, l’Association France-Portugal écrit au Maire de Boulogne, Eugène Canu : « À la date du 23 mai 1936, l’administration municipale a reçu de l’Association France Portugal la lettre ci-après … parmi les buts que poursuit notre association, il en a un qu’elle place au premier rang de ses préoccupations, c’est celui d’honorer les soldats portugais pour la défense du Droit. Dans cette intention nous avons l’honneur, Monsieur le Maire, de vous demander l’autorisation d’élever un Mémorial au cimetière de l’Est, à la suite d’une entrevue que nous avons eu le 15 mai courant avec Mr. le Colonel Pimentel, Inspecteur des tombes militaires portugaises en France, venu spécialement à Boulogne, celui-ci nous a informé que les pierres tombales des militaires portugais inhumés dans le cimetière seraient prochainement à pied-d’œuvre pour être érigées sur les tombes, c’est pourquoi en accord avec le Représentant du Portugal, nous vous demandons également si vous voudrez bien en vue de leur réinhumation dans la partie plus vaste, laissée libre par l’enlèvement et regroupement des soldats français, cet emplacement permettrait de réserver une tombe individuelle pour chacun des militaires exhumés et il nous resterait encore un espace suffisant pour l’édification de notre mémorial dont nous vous prions de trouver un aperçu dans photo jointe ».

Proposition est faite au Conseil Municipal : « Cette nouvelle disposition ne devant entraîner aucune dépense pour la ville, aurait l’avantage de rendre plus accueillante l’entrée du cimetière militaire. D’accord avec le 4ème bureau qui s’est prononcé favorablement, l’Administration municipale propose au Conseil de bien vouloir adopter le même point de vue et décider que le terrain dont il s’agit sera affecté aux tombes portugaises et pour le Mémorial projeté par l’Association France-Portugal ».

Le 5 août 1936 d’Administration municipale, sous proposition de son Maire, Eugène Canu, décide d’accorder un emplacement au cimetière de l’Est pour permettre l’exhumation et leur réinhumation individuelle. Au même temps on concède à l’association au milieu des nouvelles sépultures terrain pour l’érection d’un Mémorial portugais projeté par l’Association.

Le 7 septembre 1936, la Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer écrit au Maire de la ville : « Comme suite à son bordereau du 13 avril du 13 avril, Mr le Maire est informé que Mr le Préfet a transmis à Mr le Ministre des Pensions, pour avis la délibération du Conseil municipal en date du 5 août 1936, relative à l’aménagement des tombes militaires portugaises dans le Cimetière de l’Est ».

Le 8 septembre 1936, le Ministre des Pensions écrit au Préfet du Pas-de-Calais : « J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien autoriser le transport dans le Cimetière militaire de Richebourg-l’Avoué des corps des militaires portugais inhumés dans les cimetières de Boulogne-sur-Mer, Cagnicourt, Cambrin, Étaples, Houchin, Lapugnoy, Sangatte, Wimereux, au sujet du quoi une demande vous sera faite par la Législation portugaise.

Le 8 octobre 1936, la Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer écrit au Maire : « Vous m’avez transmis une délibération en date du 5 août dernier. Mr le Préfet, Mr le Ministre des Pensions vient de me faire connaître qu’il ne pouvait donner une suite favorable à cette demande. Cette décision est motivée par le désir exprimé par le Gouvernement portugais de transférer dans le Cimetière de Richebourg-l’Avoué le corps de ces nationaux inhumés dans les cimetières communaux de France. Vous trouverez ci-joint une copie de la dépêche de Mr le Ministre de Pensions en date du 8 septembre dernier relative au regroupement des sépultures militaires portugaises situées dans les cimetières communaux du département ».

Le 22 mai 1937, le Maire de Boulogne-sur-Mer écrit à Mr Pereira, Vice-Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer : « J’ai reçu de la Commission mixte britannique des tombes militaires d’Arras, que le Gouvernement portugais aurait décidé de faire effectuer, lundi prochain, l’exhumation des corps des 44 militaires portugais, pour les transférer dans celui de Richebourg-l’Avoué… Notre municipalité s’étonne de cette décision qui contraste avec la disposition prise en vue d’honorer plus dignement des soldats alliés qui reposent dans notre nécropole. Je m’associe volontiers à la demande qui viennent de faire les membres dirigeants de l’Association France Portugal, lesquels demandent le retrait de la mesure dont il s’agit, d’autant plus qu’ils ont envisagé l’érection d’un Mémorial. Je veux exprimer, Monsieur le Consul, que la décision sera rapportée et que vos compatriotes qui dorment en terres Boulonnaises de leur dernier sommeil, pourraient rester sous la sauvegarde de la ville de Boulogne».

Le 28 mai 1937, le Vice-Consul du Portugal, Ruy Shirley Pereira (5) répond au Maire de Boulogne-sur-Mer : « J’ai l’honneur de répondre à votre lettre de ce-jour à la suite de l’avis que vous avez reçu de la Commission mixte britannique, concernant l’enlèvement des morts portugais du Cimetière de l’Est. J’ai eu un entretien téléphonique avec le Colonel Pimentel, Chef des services tombes de guerre. Je le pris d’obtenir de Mr le Ministre des Pensions, l’autorisation pour que la translation des corps pour la place d’honneur que la municipalité de Boulogne a voulu bien leurs réserver dans le cimetière».

Le 28 juillet 1937, dans une lettre du Ministre des Pensions au Maire de Boulogne-sur-Mer, nous pouvons lire : « Le Gouvernement portugais m’a demandé l’autorisation de transfert dans le Cimetière à Richebourg-l’Avoué des restes de ses nationaux inhumés dans le Cimetière de Boulogne. Cette autorisation a été donnée au Ministère du Portugal le 5 novembre 1936. Je suis saisi d’une nouvelle demande de la Légion Portugaise. Je vous serais obligé de me faire connaître s’il existe dans le Cimetière de votre ville un emplacement disponible pour la réinhumation ».

Le 11 août 1937, le Maire écrit au Sous-Préfet du Pas-de-Calais : « A la date du 8 octobre 1936, vous m’avez fait connaître que Mr le Ministre des Pensions ne pouvait donner une suite favorable à la translation dans une autre partie du Cimetière de l’Est de 44 soldats portugais inhumés dans notre nécropole. La décision de Mr le Ministre avait été motivée par le désir exprimé par le Gouvernement portugais de transférer dans le cimetière de Richebourg-l’Avoué des corps de ses nationaux inhumés dans les divers cimetières communaux français. Depuis ce temps, la Légalisation portugaise en France a introduit une nouvelle demande, en vue d’obtenir l’autorisation de maintenir et de les transférer dans une autre partie de ce cimetière. Mr le Ministre étant sur le point de donner satisfaction au Gouvernement portugais, je vous serais obligé de demander à Mr le Préfet de bien vouloir leur soumettre à nouveau la délibération du Conseil municipal du 5 août 1936, de façon à ce que cette affaire puisse être solutionnée au même temps».

Le même jour, le 11 août 1937, le Maire écrit au Ministre des Pensions : « La nouvelle demande de la Légalisation du Portugal, si elle était favorablement accueillie par vous, donnerait satisfaction au désir exprimé à la fois par notre Administration et par ceux qui s’occupent de perpétuer le souvenir des morts de la Grande Guerre ».

Le 14 septembre 1937, le Ministre des Pensions écrit au Préfet du Pas-de-Calais indiquant « que suite à la délibération du 5 août 1936 de la Mairie de Boulogne-sur-Mer et proposition de l’Association France-Portugal, en accord avec l’Inspecteur des tombes portugaises en France, toutes les tombes de guerre du Cimetière de l’Est étant sous contrat du Chef de secteur de l’état civil militaire à Arras, je me trouve dans l’obligation de faire procéder à une enquête par ce fonctionnaire ».

Le même jour, le 14 septembre 1937, le Ministre informe le Maire qu’il a ordonné par courrier qu’une enquête soit faite et qu’il l’informera dès que résultat lui sera parvenu ».

Finalement, le 25 septembre 1937, le Ministre des Pensions écrit au Maire : « Il résulte de l’enquête à laquelle j’ai fait procéder, que rien ne s’oppose à que les restes des militaires portugais inhumés dans le Cimetière de l’Est de Boulogne-sur-Mer soient rassemblés en un carré spécial attenant aux tombes françaises. Je vous donne entièrement mon accord. J’attire tout spécialement votre attention que toutes tombes militaires françaises, alliées ou ex-ennemis ayant droit à des sépultures perpétuelles aux frais de l’État, elles ne peuvent être déplacées sans autorisations spéciales. Le service Anglais des Sépultures Militaires comme le Service Portugais étaient donc tenus à s’adresser directement à mes services qui doivent toujours être représentés aux opérations de translation. En ce qui concerne l’érection d’un monument dans le carré militaire, l’avis de la Commission départementale des Beaux Arts et la mienne sont indispensables ».

Le 8 novembre 1937, l’Association France-Portugal adresse au Maire un courrier annonçant de : « doter le Cimetière de Boulogne Est d’un ‘Mémorial’. Ce modeste monument a pour but de perpétuer le souvenir de nos vaillants alliés. A cet effet, une souscription est ouverte. Persuadés que vous répondrez favorablement ».

De la consultation de la liste des donateurs pour l’élévation du Mémorial portugais au Cimetière de l’Est, au milieu du carré des 44 tombes, nous pouvons retirer plusieurs renseignements et informations.

Nous avons comptabilisé 276 donateurs, particuliers, officiels, associations, entreprises… La grosse majorité des donateurs sont non portugais : 178 sont des individus français, une majorité de Boulogne-sur-Mer, parmi eux beaucoup de commerçants, 50 donateurs habitaient au Portugal, parmi ceux-ci quelques-uns étant des Français travaillant dans le privé ou pour des institutions, 19 associations françaises ont participé à la souscription, 8 particuliers habitant Anvers.

Parmi les souscripteurs, plusieurs Consuls portugais, à l’exemple du Consul du Portugal d’Angers qui était à l’époque Aristides de Sousa Mendes, le Consul d’Arras, Louis Lantoine, le Vice-Consul de Lille, Paul Crépy, le Consul de Boulogne-sur-Mer, Ruy Sherley Pereira, les Consuls à Liège, Rotterdam, Amsterdam, Hambourg, Bruxelles, Alger, Oran, le Ministre Portugais à Paris, le Chargé des anciens combattants portugais à Paris, à Lisbonne, une donation venant de Suisse, une association au Portugal, une entreprise au Portugal, la Casa de Portugal à Paris, la Chambre du Commerce Franco Portugaise de Paris, le Duc de Bragança et plusieurs institutions bancaires : Banco de Angola, Espírito Santo, Lisboa et Açores, Franco-Portugaise d’Outremer à Paris et Caisse Épargne de Boulogne-sur-Mer.

Une grande interrogation et inconnue : aucune association d’anciens combattants portugais de la région n’a participé à la souscription. Une question de gestion ? Associations déjà en perte d’activité ?

Le 2 août 1938, l’Association France-Portugal relance en écrivant au Maire et au Conseil municipal indiquant : « avoir envoyé le 11 décembre 1937 un projet pour ériger le Mémorial. Par la même occasion, l’association demande à la ville une subvention. Notre souscription a reçu jusqu’à présent le meilleur accueil des citoyens boulonnais, comme aux divers points de France et même au Portugal. Nous voulons croire que notre appel sera entendu par votre honorable assemblée ».

L’architecte choisi pour le projet du Mémorial fut Pierre Drobecq, l’Entreprise Boulonnaise a été chargée de la construction.

Le 20 septembre 1938, le Ministre des Pensions écrit au Maire de Boulogne, indiquant avoir reçu Mr Pereira, Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer, qui lui indique que Mr Ochoa, Ministre à Paris, pourrait assister à la cérémonie d’inauguration si la cérémonie pouvait avoir lieu en octobre. Le Ministre des Pensions propose le 9 octobre comme date favorable pour la réalisation des cérémonies.

Le 10 octobre 1938, le Maire de Boulogne-sur-Mer écrit au Ministre des Pensions pour lui annoncer que l’Association France-Portugal prévoit l’inauguration le 30 octobre, de façon à pouvoir avoir lieu avant les commémorations de l’Armistice. Le Maire demande au Ministre de présider les cérémonies.

Finalement, l’inauguration n’aura lieu que le 27 novembre 1938.

 

Les démarches administratives et commerciales de la part de la Mairie nous permanentent d’en tirer quelques renseignements e enseignements :

Le 23 novembre 1938, le Maire écrit à Mme Galloway, Directrice du Buffet Maritime, pour lui dire « accepter le menu au prix de 50 francs. En vue de faciliter vos achats, je traite ferme pour 100 convives ».

Le même jour, le 23 novembre 1938, le Maire écrit à Mr Terret, ingénieur de la ville, lui demandant de faire confectionner deux couronnes de fleurs à déposer à 11h45 au Cimetière de l’Est, l’une portant le ruban aux couleurs de la ville, l’autre aux couleurs nationales (6).

Le 23 novembre, le Maire adresse courrier à Mr Moleux, administrateur de l’Harmonie du Commerce de Boulogne-sur-Mer. Il lui indique les horaires des cérémonies afin de mieux prévoir l’installation de l’harmonie « Une vacation de 800 francs sera allouée, ainsi qu’il est d’usage pour ce genre de cérémonies ».

Afin de prévoir un bon déroulement des cérémonies, le Maire écrit le 23 novembre 1937 à Mr Fauconnet, Commissaire central de police, l’invitant à que l’Officier de Paix se mette en rapport avec le Secrétaire-général de la Mairie, qui lui donnera toutes instructions pour l’organisation du service de l’ordre.

La liste des invitations établie par l’Association France-Portugal est très intéressante, car cela permet d’avoir des noms personnels, des noms d’associations et de ses dirigeants portugais et autres nationalités.

L’Association France Portugal invite 77 personnalités, tandis que l’Administration municipale invite 32 personnalités.

Pour le déjeuner qui suivra la cérémonie, 100 invitations ont été envoyées.

L’inauguration du Mémorial se fera avec la présence notamment, côté français, du Ministre des Pensions et Anciens Combattants, Champetier de Ribes et par Pedro Cid, Consul Général du Portugal à Paris.

 

Nous évoquerons par ailleurs la cérémonie et le banquet qui s’en est suivi, nous continuons à décrire chronologiquement les évènements en rapport avec les inhumations des soldats portugais et la construction du Mémorial.

Le 8 décembre 1938, le Consul Général du Portugal à Paris écrit au Maire de Boulogne pour le remercier de l’éclat de la cérémonie et de l’accueil que la population boulonnaise lui a réservé.

 

Les choses se compliquent un peu :

Malgré la présence du Ministre des Pensions aux cérémonies le 23 novembre 1938, le 26 décembre, le Préfet du Pas-de-Calais écrit au Sous-Préfet indiquant avoir reçu le 13 décembre 1938 du Ministre de Pensions et Anciens Combattants, courrier lui demandant les conditions par lesquelles l’Association France-Portugal a été autorisée à l’ériger le Mémorial…

Le 26 novembre 1938, le Sous-Préfet adresse courrier au Maire de Boulogne-sur-Mer demandant les conditions de l’autorisation de la construction dudit Mémorial.

Le 19 janvier 1939, le Maire de Boulogne-sur-Mer répond au Sous-Préfet : « C’est dans séance du Conseil municipal du 05 août 1936 que l’Association France-Portugal, en accord avec le Gouvernement portugais en la personne du Colonel Pimentel, a saisi la municipalité afin de : Faire exhumer et réinhumer dans des tombes individuelles les soldats portugais qui étaient enterrés par 2. Diligenter par ses moyens un monument commémoratif au milieu des nouvelles tombes. L’assemblée s’est prononcée favorablement à la demande de l’Association France-Portugal. Sur le point particulier pour lequel le Ministre devait donner une autorisation préalable, sous certaines conditions, aurait dû être obtenue. Mon Administration a pensé, peut-être à tort, que les circulaires du Ministre de l’Intérieur en date du 12 mai 1920 et 30 mai 1921 ne s’appliquaient pas dans la circonstance. En effet, le monument dont il s’agit n’a pas été érigé sur une place publique, ni par les soins de la municipalité, mais par une société privée et qu’il ne se trouve pas à proximité d’un monument qualifié. Quant aux voies et moyens, l’association s’est chargée de toute la dépense et la ville de Boulogne-sur-Mer ne lui a pas attribué de subvention ».

Incident, discussion close ? Plus rien ne faisait partie de documents consultés… ou plutôt si…

Les tombes et Mémorial portugais a besoin de travaux, le 23 avril 1947. Le Maire de Boulogne-sur-Mer écrit au Vice-Consul du Portugal pour la remise en état par entreprise des tombes et monument portugais du Cimetière de Boulogne Est en autorisant et en donnant instructions au responsable du cimetière pour faciliter la réalisation des travaux nécessaires.

La « Revue de Boulogne » de décembre 1938, donne des informations sur l’inauguration du Mémorial et écrivait sur les liens entre le Portugal et Boulogne-sur-Mer. On y apprend que Boulogne-sur-Mer entretient depuis un demi-siècle des relations grâce à de nombreux transatlantiques qui font escale dans son port en provenance ou destination de Lisboa.

Aux premiers siècles de notre ère, les colons venus de la péninsule Ibérique sont venus s’installer sur les côtes du Boulonnais, on trouve des traces de ces personnes du côté du Portel, Equihen et Audresselles.

Des Boulonnais prirent une part prépondérante dans la prise de Lisboa en 1147, sous le règne d’Eustache IV, Comte de Boulogne. Ils embarquèrent au sein de 160 vaisseaux qui partirent le 23 mai 1147 de l’embouchure du Douro, direction Lisboa. Ils enlevèrent Lisboa après une longue préparation, le 21 octobre. Les Boulonnais ont donc contribué activement à la fondation du royaume du Portugal au bénéfice d’un prince français nommé Henri, quatrième fils du duc Capétien de Bourgogne.

De son côté, le journal « Le Phare de Boulogne » du 4 décembre 1938, consacre toute sa 1ère page à l’inauguration du Mémorial Portugais : « Importantes cérémonies de sympathie et de reconnaissance à l’égard de la vaillante petite nation qui s’est rangée à nos côtés pour la défense du Droit et de la Civilisation. C’est une démarche spéciale du Gouvernement portugais et de l’Association France-Portugal de Boulogne que les 44 soldats portugais enterrés au cimetière de l’Est n’ont pas été inhumés pour être transférés au cimetière portugais unique de Richebourg-l’Avoué. On a simplement regroupé leur sépulture, qui se trouvaient dans la partie basse du cimetière, en un emplacement plus central laissé libre par le réaménagement des tombes militaires françaises. C’est par un temps superbe, inespéré après les intempéries des jours précédents, que s’est déroulé une cérémonie dont la sobriété n’a fait qu’ajouter au caractère émouvant ».

Venus de Paris, plusieurs personnalités descendent à 11 heures du train rapide à la gare des Tintelleries.

De très nombreuses personnalités assistent aux cérémonies : personnalités nationales, locales, Consuls du Portugal et d’autres nations. Notons la présence des Consul portugais : Ruy Sherley Pereira de Boulogne, Crépy du Consulat de Lille, Lantoine du Consulat d’Arras, pour couvrir l’évènement pour le Portugal le rédacteur en chef du « Comércio do Porto » en la personne de Guerra Maio était également présent.

Le Ministre des Pensions et le Consul Général du Portugal se rendent à l’Hôtel de ville où ils sont reçus par Mr Canu, le Maire de Boulogne, tandis que les délégations se réunissent sur la place.

Toutes les personnalités et délégations se rendent au Monument aux Morts où des couronnes de fleurs sont déposées après l’observation d’une minute de silence (7).

La marche reprend vers la nécropole au son de marches funèbres. Les drapeaux entourent le monument tandis que les fleurs sont posées au pied de celui-ci.

La sonnerie aux Morts exhale sa plainte. Le Ministre s’approche du Mémorial et fait tomber l’énorme étendard composé des couleurs françaises et portugaises qui le recouvre ».

Il est notoire et flagrant d’actualité les discours que les personnalités ont déclamé lors de l’inauguration du monument, il y a plus de 83 ans.

Nous transcrivons ci-dessous des extraits des différents discours, à commencer par ceux prononcés au cimentière :

L’honneur de la première prise de parole vint à Georges Honoré, Président de l’Association France-Portugal, à l’initiative de la construction du Mémorial :

« …sacrifice d’autant plus noblement consenti qu’il était désintéressé et que le peuple portugais savait d’avance qu’il n’avait rien à gagner hors l’honneur et la satisfaction du devoir accompli et peut-être beaucoup à perdre. Le Portugal n’a cependant pas hésité pour apporter à ses amis le concours précieux des meilleurs de ses enfants et la France a contracté à son égard une dette de reconnaissance. C’est dans ce but que nous avons formé à Boulogne-sur-Mer une Association Française. C’est dans ce but que l’association a voulu célébrer et perpétuer la mémoire de ces héros. Un grand nombre de familles françaises ayant réclamé les restes de leurs chers disparus, il nous fut possible grâce à la bienveillance de la Municipalité et grâce aussi au vigoureux appui de Mr le Consul du Portugal à Boulogne, d’obtenir la cession et l’aménagement d’un nouvel emplacement. Ces nouvelles sépultures n’auraient pas été dignes de notre ville si elles n’avaient été complétées d’un Mémorial, destiné à matérialiser notre reconnaissance ».

Le Maire de Boulogne, Mr Canu pris la parole :

« Nous sommes heureux de nous associer à vous dans cette solennelle démonstration de souvenir et de reconnaissance. Nos profonds remerciements pour l’attention bienveillante que son Gouvernement a donné aux désirs de mes concitoyens de l’Association France-Portugal avec la satisfaction de l’accueillir dans notre cité où le souvenir de cette réunion sera fidèlement conservé».

Pedro Cid, Consul Général du Portugal prit la parole en troisième :

« Boulogne est un peu une ville portugaise, car nombreux sont les soldats qui y ont séjourné, tant dans la ville que dans les environs. Combien de souvenirs lointains ne s’élèvent-ils pas de tout ce qui m’entoure ! Qu’ils reposent en paix, ces vaillants soldats, dignes descendants des grands portugais qui, par leurs faits merveilleux écrient du XVème au XVIème siècles, les plus belles pages de l’histoire de mon pays ».

Revient au Ministre des Pensions et des Anciens Combattants, Champetier de Ribes l’honneur de proférer le dernier discours au cimetière :

« Aucun traité, aucune convention n’obligeait le Portugal à participer à la Guerre Mondiale. Ils n’avaient non plus aucun intérêt, et pourtant, les seules causes qui meurent sont celles pour lesquelles on ne meurt pas. Il nous appartient à nous, leurs frères, à poursuivre l’œuvre que leur victoire a permise, mais qu’elle n’a pas achevée. Qui ne voit en effet, qu’elle est aujourd’hui menacée ? Nous acceptons de sacrifier notre intérêt personnel et nos passions mesquines, au triomphe de la justice sur la violence, de l’idée sur la matière et de l’amour sur la haine ».

Tous les discours ont été entrecoupés de sonneries aux morts. La fin en est saluée par l’exécution des hymnes nationaux portugais, belge, anglais et français.

 

Après tous ses discours, un banquet a eu lieu à partir de 13h30 au Casino Municipal.

Au menu : Consommé Andalouse et Paillettes au Chester, Darne de Turbot d’Audresselles à la Boulonnaise et le Gigot d’Agneau de Paulliac rôt à la Broche, les Pommes Sardalaises, et les Haricots Verts Panachés, la Poularde de Bresse Chauffroté à l’ancienne, la Salade Belle Lison, la Bombe Glacée Tortoni, les Friandises, les Fruits.

Pour les vins : Grave Supérieur, Saint-Estèphe 1929, Mercurey. Le Porto de l’Amitié est offert par la Casa du Portugal. Champagne Heldsieck, le Moka, Liqueurs.

Nous ne savons pas à quelle heure ce qui paraît un repas plus que copieux s’est terminé. Le Ministre a dû partir avant la fin. Entre-temps, des discours ont été proclamés pour l’occasion :

À commencer par Georges Honoré qui a remercié tous les présents lors de la cérémonie du Cimetière de l’Est, remerciements extensibles aux généraux souscripteurs, tout spécialement le Maire, le Conseil municipal, la Compagnie de Mozambique pour le don précieux. « Messieurs, que l’érection d’un monument puisse servir de préalable à une œuvre plus noble encore de rapprochement entre nos deux pays. Comme vous voyez, l’œuvre à accomplir est importante, et c’est avec l’espoir de la réalisation prochaine que je lève mon verre ».

Ruy Sherley Pereira, Consul du Portugal à Boulogne-sur-Mer et Président de la Délégation des Anciens Combattants Portugais de Boulogne-sur-Mer, après avoir salué les présents, il adresse des mots en portugais en commençant par un poème de Guerra Junqueiro. Le discours fut long et prononcé avec humour et en évoquant l’histoire passée. C’est ainsi qu’il rappelle : « En 1147, votre ville était gouvernée par un Comte de Bourgogne, Eustache IV, fils d’Étienne de Blois, de par la mère petit neveux de Godefroid-de-Bouillon, dont la famille a donné très probablement l’origine à la famille portugaise Bulhões, à laquelle appartient notre Saint Antoine. A quelques huit siècles de distance, j’ai une pensée pour ces Boulonnais qui sont tombés au pied des murailles du Château de Saint Georges, de Lisboa, morts les uns et les autres pour une même cause ».

Émile Lambert, représentant de la Fédération Interalliés des Anciens Combattants (FIDAC) exprime son ressenti : « Ayant eu l’honneur et le privilège, d’être attaché au Corps Expéditionnaire Portugais depuis le 1er jour jusqu’à la fin des hostilités et de les accompagner dans leurs relèves des troupes britannique, j’ai été témoin journalier de leur courage et de leur sacrifice. Les soldats portugais ne se retirèrent des premières lignes qu’après le débordement de leurs ailes ».

Le 4ème discours a été prononcé par le Maire, Mr Canu. « J’adresse les remerciements à la ville de Boulogne-sur-Mer et toutes les personnalités qui ont honoré la cérémonie par leur présence. Nous avons accompli notre devoir de reconnaissance à l’égard des glorieux morts qui reposent dans notre cimetière de l’Est ».

Roger Farjon, de la Mairie de Boulogne-sur-Mer, a eu des paroles particulièrement aimables à l’encontre du Consul du Portugal dans cette ville. Il passe en revue l’histoire coloniale portugaise. Il termine par remercier le Ministre pour l’aide qu’il a apporté à la municipalité Boulonnaise, ainsi qu’à l’Association France-Portugal.

Le Député de Boulogne, Mr Bacquet, remercie et « …qu’il me soit permis toutefois d’évoquer ici ma première escale au Portugal, de la visite des différentes villes et surtout de Lisboa, ville idéale, les tramways, à un pays. En un seul mot, un véritable Paradis terrestre. Les Portugais du Boulonnais sont, dit-on, devenus de très bons Français dont la plus grande partie use mais n’abuse pas de l’hospitalité française ».

Pedro Cid, Consul Général du Portugal : « Je garderai longtemps souvenir ému de cet accueil si amical. Nous sommes toujours près de vous, Français, vos joies sont les nôtres, vos peines sont nos peines, je lève mon verre à la santé, à la population Boulonnaise toute entière, en formulant les vœux les plus ardents pour la prospérité de cette ville ».

Au Ministre Champetier de Ribes de conclure les discours. « Ce matin, nous avons rendu hommage à tous ceux qui ont fait sacrifice de leur vie à la cause du Droit et de la Civilisation. Cette cause est plus que jamais la nôtre. La science a fait des progrès effrayants dans le domaine industriel, plus spécialement dans celui de la chimie, progrès dont nous nous servons pour massacrer plus de monde, le plus d’innocents possible, qui anéantissent femmes, vieillards et enfants. Il y a un déséquilibre évident, il y a aussi la force morale des anciens combattants qui n’ont pas monnayé leur dévouement et leur abnégation, qui savent se dresser contre l’idéologie. Je bois à la santé de nos deux pays amis, en levant au même temps, en un geste symbolique, d’une main de verre de doux Porto et, de l’autre, cette coupe pétillante de Champagne de France ».

Nous terminerons par envoyer un message, là où il est, au Ministre, Champetier de Ribes. Dans votre discours, au Cimetière de l’Est, on sent que tout en parlant de la Grande Guerre, et non de ce que plus tard on appellera, malheureusement la première guerre, vos pensées étaient déjà dans ce que le monde va vivre quelques mois plus tard et qui malheureusement en annonce d’autres.

Votre discours lors du banquet est d’une étonnante actualité en ce début de 2022… l’histoire qui malheureusement se répète.

 

(1) https://lusojornal.com/i-guerre-mondiale-la-necropole-portugaise-de-boulogne-sur-mer-na-pas-ete-construite/

 

(2) https://lusojornal.com/le-capitaine-ruy-oconnor-shirley-pereira-de-responsable-du-service-de-la-censure-pendant-la-i-guerre-a-vice-consul-du-portugal-a-boulogne-sur-mer/

 

(3) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3345505r/f7.item.texteImage.zoom#

 

(4) https://lusojornal.com/lhistoire-des-couples-mixtes-franco-portugais-issus-de-la-premiere-guerre-mondiale-a-ambleteuse/

 

(5) https://lusojornal.com/le-capitaine-ruy-oconnor-shirley-pereira-de-responsable-du-service-de-la-censure-pendant-la-i-guerre-a-vice-consul-du-portugal-a-boulogne-sur-mer/

 

(6) Douze couronnes seront déposées au pied du Mémorial : Consul Général du Portugal, Anciens Combattants Portugais, Ministre des Pensions, Association France-Portugal de Boulogne-sur-Mer, British Légion, Impérial War Commission, Mr Vodelinck (Hollande), FIDAC, Ville de Boulogne-sur-Mer, Comité France Portugal de Bordeaux, Consul du Brésil, Consul du Vénézuela.

 

(7) https://lusojornal.com/le-portugal-a-lorigine-des-minutes-de-silence/

 

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