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Déjà le cadre, enchanteur lui aussi, du parc de la Roseraie, où nous avions découvert voici quatre ans Carla Pires, notre printemps ambulant. Cette année, le festival Parfums de musique, sur lequel veille Didier Sendra, nous a offert Duarte, le 20 mai dernier, par un après-midi ensoleillé.

Nous connaissons bien maintenant ce grand jeune homme à la chevelure de mousquetaire, qui parcourt régulièrement notre pays pour y semer l’amour du fado: «au final, en ce moment, je fais davantage de concerts en France qu’au Portugal!», dit-il en riant.

Duarte a sorti voici quelques mois au Portugal son nouveau CD, «Só a cantar», dont il a écrit presque toutes les paroles et quelques musiques. Il en reprendra quelques titres dans son concert, qu’il commence, comme souvent, avec le «Fado Escorpião» (son signe astrologique), sur la musique d’un fado traditionnel, suivi, comme le fit Camané à Paris quelques jours plus tôt, d’un fado mouraria sur des quadras signées Fernando Pessoa. Pas si étonnant si on sait que Camané figure, avec Carlos do Carmo et Amália, dans le panthéon de Duarte.

Les musiques de fado traditionnel se tailleront la part du lion dans le concert, qui inclura, forcément, des références au chant de l’Alentejo, dont Duarte est un fidèle enfant et quelques mélodies signées par Duarte lui-même.

Duarte explique fort simplement cette présence importante du fado traditionnel: «Moi, je suis fadiste, pas chanteur de variétés, et être fadiste, c’est refuser la facilité. Quel intérêt de reprendre les paroles déjà chantées par tant d’autres? Pour plaire au public? C’est ça, la facilité».

Il exprimera d’ailleurs cette vision dans deux fados de son CD, fustigeant le «fado pour touristes», où «la saudade est simulée». Lors de notre entretien, il s’inquiétera d’une certaine industrialisation du fado et de l’emprise du croissante du marketing dans le choix des répertoires. «Je ne dis pas cela pour critiquer tel ou tel de mes collègues, ce serait prétentieux de le faire, chacun choisit sa voie, mais le fado c’est le fado».

Mais revenons au concert.

Duarte dégage naturellement un fort sentiment d’empathie, renforcée par une présence scénique forte et une voix qui sait passer de la caresse au défi, un mélange de décontraction et de concentration, qui fait parfois penser à António Zambujo. Ajoutez-y des textes forts, le souci, aussi de présenter chaque chanson en français («pas génial, mon français», s’excuse-t-il) devant un public à très forte majorité non lusophone autant d’éléments qui attirent la sympathie.

Et puis il y a les musiciens. Et quels musiciens! A la guitare portugaise, nous retrouvons avec plaisir Pedro Amendoeira, qui apporte son expérience, sa dextérité et sa solidité. A ses côtés, le jeune, souriant, swingant, inventif João Filipe tient la viola, et Carlos Meneses, à la guitare basse, s’affirme comme l’un des tout meilleurs spécialistes de l’instrument. Duarte aime manifestement mettre en valeur ses musiciens et ceux-ci le lui rendent bien.

Il est rare de ressentir une telle cohésion entre des musiciens, et un tel plaisir de jouer. Leur contribution à l’enchantement provoqué par ce concert n’est pas mince.

Il y avait donc tout, le soleil, les roses, le chant, la musique, pour un après-midi de rêve. N’oublions pas de saluer ici Alain Vachier (chevelure de mousquetaire, lui aussi), un français établi depuis 40 ans au Portugal, qui a beaucoup œuvré pour faire connaître Duarte en France. Une sacrée bonne idée.

 

 

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